Conscience Nègre

Conscience Nègre

Revue de presse_01Juillet2011

L'acteur Peter Falk est mort

Le célèbre lieutenant Columbo a raccroché son imperméable à l'âge de 83 ans, dans sa maison de Beverly Hills

 

 

L'acteur américain Peter Falk, qui interprétait l'inspecteur "Columbo" dans la célèbre série télévisée, est décédé à l'âge de 83 ans, a annoncé vendredi un membre de la famille sur la radio californienne KNX

Peter Falk était né le 16 septembre 1927 à New York. Devenu borgne à l'âge de trois ans des suites d'un cancer, il a avait commencé à travailler à la télévision en 1957. Sa carrière est jalonnée de grands films comme Husbands, de John Cassavetes, ou Les Ailes du désir, de Wim Wenders, dans lequel il jouait son propre rôle. Il a également publié Juste une dernière chose?, chez Robert Lafont. Il fut également sélectionné deux fois aux Oscars dans la catégorie du second rôle, en 1961 et 1962. 

Mais c'est son rôle dans Columbo qui reste le plus connu du grand public. En 2006, il confiait à L'Express: "Si les gens n'aimaient pas Columbo, alors oui, j'en serais sûrement agacé. Ce n'est heureusement pas le cas. La plupart des téléspectateurs ne connaissent ni Cassavetes ni Wenders? Pas de problème. La série est appréciée, je le suis également. Je prends ce qu'on me donne et j'en suis heureux." [Lire toute son interview en cliquant ici

L'acteur immortalisé par son imperméable élimé et sa célèbre phrase "Juste une dernière chose...", souffrait de la maladie d'Alzheimer depuis plusieurs années et avait été placé sous la curatelle de sa femme Shera Falk, avec qui il était marié depuis 34 ans. 

En février 2010, c'est sa non moins célèbre voix française qui s'éteignait avec le décès du comédien Serge Sauvion, à l'âge de 80 ans. 

"Je suis un acteur, pas un policier"

Il est arrivé à L'Express égal à lui-même: débonnaire, souriant et habillé comme un sac. A 79 ans, Peter Falk est une star qui s'ignore. La célébrité du lieutenant Columbo a beau masquer une carrière jalonnée de grands films, tels Husbands, de John Cassavetes, ou Les Ailes du désir, de Wim Wenders, il n'en a cure. Tout juste rafraîchit-il la mémoire de son public dans un livre, "Juste une dernière chose?" (Michel Lafon), condensé d'anecdotes croustillantes sur sa vie, ses amours, son travail, ses passions. L'ouvrage n'est pas exhaustif - il suffit d'écouter son auteur pour s'en convaincre

Bien que vous ayez travaillé sous la direction de Frank Capra, de John Cassavetes, de Wim Wenders et de beaucoup d'autres réalisateurs de renommée internationale, tout le monde ne vous parle que de Columbo. N'est-ce pas agaçant, à la longue?

Si les gens n'aimaient pas Columbo, alors oui, j'en serais sûrement agacé. Ce n'est heureusement pas le cas. La plupart des téléspectateurs ne connaissent ni Cassavetes ni Wenders? Pas de problème. La série est appréciée, je le suis également. Je prends ce qu'on me donne et j'en suis heureux. 

Bing Crosby était, paraît-il, le premier choix de la production pour interpréter Columbo. En avez-vous parlé avec lui?

Non. J'ai juste appris qu'il avait refusé parce qu'au moment du tournage il devait participer à un tournoi de golf. Depuis, j'adore ce sport. Personne ne m'a d'ailleurs dit que j'étais le deuxième sur la liste. Si ça se trouve, j'étais le quinzième! 

Travailler avec John Cassavetes [Husbands], qui privilégiait l'improvisation, a-t-il changé votre manière de jouer Columbo?

Pas du tout. Le cinéma et la télévision sont deux choses totalement différentes. Pour Columbo, la pression était énorme, car on avait dix-neuf jours au maximum pour mettre en boîte un épisode. Tout y était minutieusement préparé, écrit, chronométré. Avec John, c'était tout le contraire. On arrivait sur le plateau sans jamais savoir ce qu'on allait tourner. La plupart du temps, je ne comprenais rien à ce qu'il me demandait. Il voulait que les comédiens soient les premiers surpris, qu'on joue le plus naturellement possible. C'était assez amusant. Parfois difficile, aussi. Car j'avais l'habitude que tout soit prévu à l'avance. John, lui, utilisait notre humeur du jour, nos tics, nos défauts, et les intégrait aux personnages. 

Juste retour des choses, vous l'avez dirigé dans un épisode de Columbo, Symphonie en noir, en 1972?

Pas exactement. Le réalisateur était un ami commun, Nicholas Colasanto. J'ai surtout participé au scénario, qui, la plupart du temps, est respecté à la lettre. Là, je me souviens d'avoir récrit, avec John, plusieurs de nos scènes la veille du tournage. 

Quels souvenirs gardez-vous de l'épisode réalisé par Steven Spielberg, Le Livre témoin [1971]?-

Il inaugurait la série. En jouant ma scène, je me sens très déstabilisé, car je ne vois pas la caméra, qui, d'ordinaire, est immédiatement repérable. Renseignement pris, elle était placée sur le toit de l'immeuble d'en face. Une première dans l'histoire de la télévision! 

Vous-même avez mis en scène un épisode [Une ville fatale, 1972]. Mais contre l'avis des producteurs?

Effectivement. Ils ont commencé par me répondre que je n'avais jamais rien réalisé, que je ferais mieux d'apprendre, et, si possible, pas à leurs frais. Mon argument était simple: soit je dirigeais l'épisode, soit je ne jouais pas. Ils ont immédiatement changé d'avis. 

Vous êtes également l'auteur d'un scénario de Columbo, Le Meurtre aux deux visages [1993]. Pourquoi celui-là?

J'ai commencé à l'écrire bien avant le début de la série. Ce n'était donc pas une enquête de Columbo, mais un scénario de film policier. Le temps a passé, j'étais trop occupé pour le terminer. Et puis, pendant deux ans, la série s'est arrêtée. J'en ai profité pour adapter mon histoire. Quand le studio a décidé de relancer Columbo, je leur ai soumis mon script. J'avais même pensé à Isabelle Huppert pour interpréter la fille de Faye Dunaway [dans cet épisode, Columbo doit démêler un meurtre commis par une mère et sa fille]. Elle a malheureusement refusé. 

Peter Falk

1927
Naissance, le 16 septembre.
1958
Premier rôle au cinéma, dans La Forêt interdite, de Nicholas Ray.
1961
Nomination pour l'oscar du meilleur second rôle, dans Crime, société anonyme, de Stuart Rosenberg.
1968
Naissance du lieutenant Columbo.
1970
Husbands
, de John Cassavetes.

2003
Columbo mène la danse
, 69e et dernière enquête en date du fameux lieutenant (disponible en DVD chez Universal).

2006
"Juste une dernière chose?". Les Mémoires de Columbo (éd. Michel Lafon). 

2011 Mort de Peter Falk à l'âge de 83 ans 

Il y a des assassins que Columbo semble préférer à d'autres. Celui joué par Faye Dunaway, par exemple?

Et comment! Faye est la menteuse la plus délicieuse avec qui j'ai joué. Côté masculin, mon favori reste Patrick McGoohan. Je n'avais jamais entendu parler de lui ni de sa série culte, Le Prisonnier. Je me souviendrai toujours de notre première rencontre. Je suis dans le hall d'un aéroport, en train d'attendre une correspondance. Arrive ce gars que je ne connais pas. Il s'assied près de moi, me regarde sans un sourire, et se met à lire un scénario. Un peu plus tard, je me lève pour prendre mon avion. Il me suit. Une fois installé, il se dirige vers moi et me demande ce que je pense du script. C'était celui qu'on allait tourner ensemble. Pendant le trajet, on a retravaillé quelques scènes. Patrick a remporté un Emmy Award [oscar de la télévision américaine] grâce à cet épisode. La saison suivante, on a fait un autre Columbo ensemble. Et il a gagné son second Emmy! C'est dire la qualité de son jeu. 

Pourquoi les studios hollywoodiens ne font-ils pas appel à vous?

Allez le leur demander! Moi, je serais très heureux de jouer dans une grosse production. Mais je ne pense pas correspondre à leurs critères. Ils sont en quête de jeunes et sémillants acteurs, pas d'un vieux bonhomme comme moi. 

Votre talent semble plus reconnu en Europe qu'aux Etats-Unis. Ainsi, Wim Wenders vous a appelé pour jouer dans Les Ailes du désir?

Ah, ce coup de fil! C'était un soir, tard. Au bout du fil, j'entends un type parlant tout bas, un peu n'importe comment, avec un accent terrible. Comme je n'avais pas saisi son nom, j'essayais plus de deviner qui il était que de comprendre ce qu'il disait. Soudain, il évoque Paris, Texas, et je réalise que c'est Wenders. Très impressionné, je lui demande timidement s'il m'appelle pour un rôle. C'est le cas. Je n'en reviens pas. Je cherche à savoir lequel. Alors, j'entends: "Euh? Euh?" Après une minute de "Euh?", je lui dis de m'indiquer au moins la profession du personnage: un policier, un teinturier, un vendeur d'assurances? "Il pourrait travailler dans un bureau, répond-il? Je ne suis pas sûr de son métier." Moi, je suis de plus en plus dubitatif, jusqu'à ce qu'il ajoute: "Je ne sais pas ce qu'il fait, mais ce dont je suis certain, c'est qu'il est un ex-ange." Là, il m'avait accroché. J'ai accepté sans lire le scénario et j'ai pris un vol pour Berlin. Un message m'attendait à l'hôtel: je devais rejoindre l'équipe. Il était 2 heures du matin. Je me retrouve sur le plateau des Ailes du désir. Entre deux prises, Wenders vient me saluer, puis retourne illico derrière sa caméra. J'étais emballé! Il me rappelait John [Cassavetes]. Un type passionné qui n'arrête jamais. 

Quand vous avez joué dans Si loin, si proche!, la suite des Ailes du désir, avez-vous rencontré Mikhail Gorbatchev?

Il était dedans?! Je ne m'en souviens même pas. Donc, non, je ne l'ai pas rencontré. En revanche, je me rappelle que, pendant le tournage des Ailes?, Wenders m'a proposé de faire un tour dans Berlin-Est - il y avait encore le Mur, à l'époque. Pour y aller, il fallait un formulaire. Je l'avais en poche, mais j'avais renversé de l'encre dessus et il était un peu froissé. Quand j'ai présenté ce laissez-passer à la douane, le bureaucrate s'est fâché, persuadé que j'insultais toute l'administration est-allemande en manquant de respect à ce bout de papier. Il appelle un grand gars, me pousse dans une tente et m'ordonne de me déshabiller. J'étais nu, et ils me demandent de me pencher en avant. Ils ont cherché partout je ne sais quoi? Enfin, ils m'autorisent à me rhabiller. Je me retrouve seul dans la tente. Le premier gars revient, sans l'autre balèze? et me demande un autographe! Je lui ai donné et j'ai pu aller à Berlin-Est. 

Quel est votre meilleur souvenir de tournage aux Etats-Unis?

Peut-être Princess Bride, de Rob Reiner, car il fut le plus court et le plus sympathique à la fois. Un jour et demi de travail, pas un de plus! Je jouais le grand-père qui lit une histoire à son petit-fils. Première prise: j'entre dans la chambre. On refait la scène trois fois. Avant la quatrième, Rob me propose d'esquisser un geste quand j'apparais. Comme une arrivée triomphale. Un autre réalisateur me l'aurait suggéré, je l'aurais étranglé sur place. Mais Rob, avant d'être metteur en scène, est un comédien. Il sait de quoi il parle. 

Aujourd'hui, vous passez plus de temps à peindre qu'à jouer?

Moitié, moitié. Mon agent s'occupe de vendre mes tableaux sur Internet. Je ne suis pas cela de près, mais des gens ont l'air de s'intéresser à mon travail. Je peins et dessine essentiellement des femmes. Leur beauté, leurs courbes me fascinent depuis toujours. 

Pendant votre périple parisien, vous avez rendez-vous avec Martine Monteil, directeur central de la police judiciaire. Vous intéressez-vous aux différentes structures policières dans le monde?

Pas plus à celles de mon pays qu'aux autres. Je vais voir cette dame, car on va me remettre une médaille, paraît-il. Je suis un acteur, pas un policier. Et je ne pratique pas la méthode de Robert De Niro, qui consiste à passer du temps dans un commissariat pour mieux se sentir dans la peau d'un flic. 

Avez-vous fait fortune avec Columbo, comme les comédiens de Friends ou de Lost, qui gagnent 1 million de dollars par épisode?

1 million de dollars?! Je suis toujours épaté par ces cachets incroyables. En même temps, les budgets de production, à la télé comme au cinéma, augmentent de manière faramineuse depuis quelques années. Les salaires suivent. Sauf le mien. 

Pourquoi ne pas demander 1 million de dollars, vous aussi?

Parce que les Columbo ont toujours été produits à l'économie. Le budget d'un épisode n'excède pas 5,5 millions de dollars. Et encore! On réduit les coûts de 15 à 25% en tournant au Canada.

 

 

 

Votre oreiller, un nid à microbes

À la maison comme à l'hôpital, il ne suffit pas de changer régulièrement les taies, il faut laver les oreillers


Après la lecture des résultats d'une étude récemment conduite par l'hôpital Saint-Bartholomew de Londres et le London NHS (National Health Service) Trust, il est difficile de dormir sur ses deux oreilles. Sauf si l'on dispose d'un oreiller neuf ou fraîchement lavé. Selon les chercheurs, un tiers du volume des coussins à usage nocturne pourrait être constitué d'acariens, vivants ou morts, de leurs excréments, de peaux mortes et de microbes. Parmi ces derniers, les auteurs de ce travail réalisé en milieu hospitalier ont trouvé des bactéries comme le redoutable SARM - staphylocoque doré résistant aux antibiotiques -, C. difficile ou encore E. coli (dont on parle beaucoup actuellement) et des virus, notamment ceux de la grippe, des hépatites et de la varicelle. Une trentaine d'espèces au total.

Ces constatations n'étonnent pas le docteur Frédéric Saldmann, spécialiste de l'hygiène, qui avait déjà abordé le sujet dans son livre On s'en lave les mains (Flammarion 2007). "L'oreiller est un milieu de culture idéal, rappelle-t-il. Il apporte à boire grâce à notre transpiration, nos larmes et les projections de la toux et des éternuements. Il fournit à manger puisque nous perdons des squames de peau toutes les nuits. Et, en plus, la ménagerie peut proliférer à son aise, grâce à la chaleur de notre corps, nuit après nuit." N'importe quel germe y trouve donc des conditions favorables à son développement, "aussi bien que dans une boîte de Petri contenant un produit gélatineux", affirme même un spécialiste anglais.

Infestés de microbes

En l'absence de mesures d'hygiène particulières, il semble logique que les oreillers des hôpitaux, qui accueillent des malades, soient les plus infestés de microbes. L'étude anglaise a trouvé des concentrations particulièrement inquiétantes pouvant causer des infections graves chez les personnes ayant un système immunitaire affaibli. "Même sans cela, on sait très bien qu'une personne peut se recontaminer si elle ne lave pas son oreiller après une grippe", ajoute le docteur Saldmann. Changer les taies ne suffit pas puisque le tissu laisse passer les microbes. Mieux vaut donc utiliser de taies antibactériennes (et aussi les laver régulièrement, car leur surface extérieure peut se contaminer progressivement).

Frédéric Saldmann précise que les hôpitaux français sont extrêmement vigilants et performants en matière d'hygiène, les contrôles étant réguliers. En revanche, la propreté dans ce domaine laisse à désirer chez les particuliers. Ce spécialiste estime que, comme pour sa brosse à dents, il ne faut pas prêter son oreiller, qu'il faut acheter des coussins synthétiques, les laver tous les trois mois (les spécialistes anglais précisent qu'il faut les laver par deux, pour l'équilibre de la machine) et les changer environ une fois par an (pour le confort et la prévention du mal de dos). Et, même s'il n'a rien contre le fait de mettre sa literie au soleil l'été, ce médecin précise que cela ne permet en aucun cas de tuer des colonies de germes.

Réformes politiques au Burkina : Les OSC proposent un panel de personnes ressources

La coalition des organisations de la société civile pour les réformes politiques et institutionnelles voudrait lever haut un étendard pour qu’il soit visible au plus grand nombre et au plus loin. Sur cet étendard, il faudrait lire que la coalition n’est pas contre une personne ou un système. Elle n’est pas contre un homme ou contre un système : Cette coalition est pour la consolidation d’un Etat de Droit à travers un dialogue inclusif et sincère. Son souci principal est de nous faire vivre en république véritable, en Etat de droit, en démocratie. La crise qui secoue le Burkina Faso est une crise structurelle qui résulte d’un déficit d’Etat de droit et de bonne gouvernance. C’est pourquoi l’action des organisations de la société civile se veut un engagement pour la réhabilitation de tous les instruments qui font que nous soyons en république et dans un Etat de droit.

 

 

 

 

 

 

DECLARATION DU 21 JUIN 2011 « POUR UN DIALOGUE SINCÈRE, INCLUSIF ET PARTICIPATIF »

 

 

Le 10 juin 2011, la Coalition des OSC pour les réformes politiques et institutionnelles, après analyse du décret N°2011-262/PRES/PM/MPRP portant création, attributions, composition, organisation et fonctionnement d’un Conseil Consultatif sur les Réformes Politiques, justifiait son refus d’y participer par le fait que la structure telle que conçue et organisée ne pouvait conduire qu’à un dialogue encadré et téléguidé ; escamoté et superficiel ; factice et spécieux.

Le 15 juin 2011, le compte rendu du conseil des ministres faisait état de l’adoption d’un décret modificatif du décret N°2011-262/PRES/PM/MPRP. Les modifications majeures telles qu’il ressort du compte rendu du Conseil des Ministres concernent la composition du CCRP et l’élargissement des bases du dialogue démocratique par la création de deux nouveaux espaces d’expression (les restitutions régionales et les assises nationales).

La Coalition des OSC pour les réformes politiques et institutionnelles salue la prise en compte par le Gouvernement, de la nécessité d’asseoir un dialogue inclusif, ouvert et participatif, à travers des assises régionales et nationales, gages d’institutions et de solutions durables sans risque de remises en cause intempestives.

* Rappelle qu’au-delà de cet aspect des choses, les griefs portaient sur le caractère encadré et téléguidé du dialogue qui s’exprime à travers la volonté manifeste du gouvernement d’avoir la haute main sur le format du dialogue avec le risque de déboucher sur un dialogue social biaisé et tronqué à l’image des fora nationaux des jeunes et des femmes

* Précise que quelle que soit son appellation (Etats Généraux ou Assises Nationales) ce dialogue national devrait être un forum social, c’est-à-dire « un espace de rencontres et d’échanges fondé sur une volonté d’écoute réciproque permettant des réflexions de fond, des débats d’idées, des échanges d’expériences en vue de l’élaboration de projets d’actions et la formulation de propositions ».

S’il y a aujourd’hui une grande réceptivité au dialogue, celle-ci est sous-tendue par de grandes attentes et une soif de changement. La question fondamentale de l’heure est celle de savoir à quelle méthode recourir pour la recherche de solutions durables et la mise en place d’institutions crédibles ? Comment faire en sorte que cette attente ne soit pas déçue et ne conduise à une plus grande déchirure du tissu social ? D’où l’importance du format du dialogue et notamment de savoir comment et qui définit l’agenda du dialogue social ?

Voilà pourquoi la Coalition des OSC pour les réformes politiques et institutionnelles tout en marquant sa disponibilité à contribuer à la recherche de solutions durables à la crise socio-politique que traverse notre pays :

* Réaffirme son attachement aux vertus du dialogue dans un environnement sincère, démocratique, consensuel et sa démarcation des cadres factices et instrumentalisés ;

* Réitère donc sa récusation du CCRP comme structure d’impulsion et de conduite d’un véritable dialogue social du fait de la mainmise du gouvernement sur le processus ;

* Propose en lieu et place, un panel de personnes ressources composé de personnalités indépendantes reconnues pour leur intégrité morale, leur impartialité partisane et leur connaissance de la politique burkinabè auquel seraient reconnues les attributions suivantes :
 la définition de l’agenda des Etats généraux ou assises nationales et la durée des travaux ;
 l’élaboration d’une synthèse des propositions de réformes qui fera l’objet de débat au cours des travaux ;
 l’identification des organisations et, le cas échéant des personnes physiques, devant prendre part aux Etats généraux et la détermination des quotas correspondants ;
 l’élaboration d’un projet de règlement intérieur des Etats généraux ;
 l’accompagnement de la direction élue des Etats généraux ;
 le suivi de la mise en œuvre des propositions de réformes adoptées par les Etats généraux selon un échéancier de mise en œuvre arrêté par cette instance.

* Exhorte le chef de l’Etat et le gouvernement à prendre la vraie mesure de la soif de changement pour asseoir un réel dialogue inclusif, ouvert et participatif à travers la convocation des Etats généraux de la démocratie qui seraient un forum social, dont l’agenda couvrirait tous les segments de la gouvernance (politique, économique, sociale et administrative). Il serait piloté par des personnalités indépendantes, afin de renouer le fil de la confiance entre les acteurs et dont les conclusions auraient valeur d’avis conformes à l’égard des gouvernants ;

* Engage les différents acteurs à se pénétrer des leçons du passé et à faire preuve de clairvoyance en vue de l’instauration d’un dialogue sincère débouchant sur des réformes complètes conformes aux ambitions de construction d’un réel cadre républicain, d’un Etat de droit et d’une démocratie véritables au Burkina Faso ;

* Appelle l’ensemble des forces démocratiques à se mobiliser pour la tenue des Etats généraux ou des assises nationales de la démocratie burkinabè, gage de réformes abouties, globales et durables.

A un moment où les mécanismes de régulation sociale sont en crise du fait de la faiblesse du dialogue social, de la culture et de la participation citoyenne, nous avons là une occasion unique voire historique de réinterroger notre façon de résoudre nos problèmes, d’adopter la posture et la démarche idoines afin de ne pas répéter les erreurs du passé, de sortir de cette fâcheuse tendance à travailler dans l’urgence afin d’imaginer des solutions durables.

La Coalition des OSC 21 Juin 2011

Le Pays

 Dialogue politique au Burkina : La lecture du Pr Basile Guissou

Basile Guissou, délégué général du Centre national de recherches scientifiques et technologiques (CNRST), a ouvert le samedi 25 juin la série des communications dans le cadre des travaux du Conseil consultatif sur les réformes politiques. « Institutionnalisation du dialogue politique au Burkina Faso : Enjeux et mécanismes », tel était le thème de cette communication inaugurale.

Une vingtaine de minutes a suffi au professeur Basile Guissou pour livrer sa communication sur le dialogue politique dans notre pays de l’indépendance à nos jours. Dans une introduction intitulée « Assumer son histoire politique », le délégué général du CNRST a souligné la nécessité du dialogue politique pour le pays. Pour lui, dialoguer c’est s’ouvrir. C’est d’ailleurs le titre de la deuxième partie de son intervention. La première partie de sa communication a été consacrée aux périodes de l’état de droit et à celles de l’état d’exception au Burkina.

A ce niveau, il a fait le constat qu’aucune République au Burkina, excepté la IVe, n’a duré dix ans. Et d’en arriver à cette conclusion : « C’est l’échec de l’état de droit qui est à l’origine de la majorité des coups d’état que le pays a connus depuis son indépendance ». Dans la troisième partie de sa communication intitulée « Bilan et perspectives », le conférencier note également que c’est sous la IVe République que l’on a le plus expérimenté le dialogue, avec l’organisation de fora, d’assises nationales, la création de la deuxième Chambre, le Collège des sages. Mais, tout cela, à l’entendre, n’a pas suffi parce que des pans importants de notre histoire politique comme la chefferie traditionnelle n’ont été intégrés dans le jeu, surtout depuis la suppression de la deuxième chambre. « Les partis politiques seuls ne peuvent pas monopoliser le débat », a-t-il regretté.

Pour l’appropriation réelle de notre histoire politique, n’excluant aucune composante de la société, Pr Basile Guissou préconise la création de cadres de dialogue appropriés, la prise en compte des langues nationales dans les rapports entre l’Administration et les administrés et dans les curricula d’enseignement.

Lefaso.net

 

 

 

Crise cardiaque: comment détecter les signes avant-coureurs?

 

 

Il touche 100.000 personnes par année et provoque un décès toutes les quarante minutes. Pourtant, l’infarctus du myocarde, maladie «grave, fréquente et récidivante», reste méconnu des Français, selon un sondage Ipsos révélé ce mardi à l’occasion du lancement d’une nouvelle campagne d’ampleur pour lutter contre cette pathologie. A partir de mercredi et jusqu’à fin avril, affiches, magazines, spots radio et télé seront diffusés à destination du grand public mais aussi des professionnels afin de mieux prévenir l’incident cardiaque, mais aussi de mieux le traiter, pendant et après la crise. Un site Internet dédié (infarctus-info.org) sera également accessible à partir de ce mardi soir. A cette occasion, 20minutes.fr fait le point: quels sont les signes avant-coureurs d’un infarctus et qui prévenir dans ce cas?

Les signes d’alerte

La pointe douloureuse au niveau du coeur est plus souvent à mettre sur le compte de l’anxiété que sur une crise cardiaque qui se prépare. En revanche, d’autres signes sont à prendre au sérieux.

Les plus courants:

Une douleur thoracique située au niveau de la poitrine, derrière le sternum. Très angoissante, elle donne l’impression de serrer, écraser ou brûler la poitrine comme dans un étau. La douleur peut irradier vers les mâchoires, les bras (surtout gauche mais pas toujours) ou le creux de l’estomac. Cette sensation, très intense, survient au repos ou à l’effort, le jour ou la nuit. Des «signes dits non spécifiques» sont parfois annonciateurs d’un infarctus: essoufflement, nausées, sueurs, un hoquet persistant et des éructations incessantes (rots)

Les plus trompeurs:

Une douleur vive au poignet ou aux mâchoires peut être un signe avant-coureur, tout comme un embarras gastrique. Plus embêtant, la survenue d’un infarctus n’est parfois précédée d’aucune douleur.

Des prédispositions:

Ces signes sont toujours à mettre en lien avec un certain nombre de facteurs et sont donc d’autant plus à prendre au sérieux si la personne souffre de diabète (de type 2), d’hypertension artérielle, de «mauvais cholestérol», fume, est en surpoids et sédentaire, a des antécédents dans sa famille ou est âgée.

Les bons réflexes

Appelez le 15

«A la moindre douleur thoracique, appelez le 15», répète à l’envi Patrick Goldstein, président de la Société française de médecine d’urgence. Selon le sondage Ipsos, seuls 30% des Français ont ce réflexe quand eux-même ou une personne de leur entourage présentent des signes inquiétants. Nombreux sont ceux qui appellent d’abord leur médecin traitant ou leur cardiologue, s’ils sont déjà suivis. Un mauvais réflexe qui peut réduire leurs chances de survie. Le Samu est en effet le seul à pouvoir réagir très vite avec le matériel adéquat, avant d’emmener le patient dans un service de coronarographie, si l’infarctus est avéré. Or, une prise en charge dans les deux premières heures est déterminante pour la suite, rappellent les spécialistes.

 

 

 

EICVM 2009 ET EDS 2010 : Près de 44% de ménages souffrent de la pauvreté au Burkina

 

 

L’Institut national de la statistique et de la démographie (INSD) a présenté les résultats respectivement provisoires et préliminaires de l’Enquête intégrale sur les conditions de vie et des ménages (EICVM)2009 et de l’Enquête démographique de santé ( EDS) IV. La cérémonie de publication des données a eu lieu le mercredi 29 juin 2011 à Ouagadougou en présence du secrétaire général du ministère de l’Economie et des finances (MEF) , Tibila Kaboré et de nombreux partenaires et collaborateurs.

43,9 % des ménages burkinabè vivent en dessous du seuil de pauvreté estimé à 108 454f cfa par an alors qu’une femme ,au cours de sa vie , donne naissance à 6 enfants en moyenne. Ce sont des données de l’ EICVM 2009 et de l’EDS 2010 , publiées le mercredi 29 juin dernier à Ougadougou par l’INSD. 9 075 et 15 000 ménages ont constitué les échantillons respectifs de l’EICVM et de l’EDS. Il ressort des résultats provisoires de l’EICVM 2009 que la région du Centre présente le plus faible taux de pauvreté , soit 17,3 % alors que les ménages du Nord du pays sont les plus tenaillés par la misère . En effet , 68,1% des ménages de la région du Nord vivent en dessous du seuil de pauvreté.

Cette région est suivie des régions de l’Est et de la Boucle du mouhoun qui comptabilisent respectivement 62,2 % et 56 % de ménages dont les patrimoines annuels n’atteignent pas 108 454f cfa. L’EICVM 2009 a révélé que la pauvreté a un visage essentiellement rural. Pour preuve, seulement 19 % de ménages urbains croupissent sous le poids de la misère alors qu’en zone rurale 50,7 % des ménages endurent les affres de la pauvreté. De l’avis des spécialistes de l’INSD, les ménages administrés par les femmes subissent moins l’incidence de la pauvreté tandis que dans les ménages gérés par les hommes, le dénuement est plus accentué( 37,7 % contre 44,5 %). A en croire ces spécialistes , les ménages dont les chefs sont plus instruits ne vivent pas sous la férule de la misère. Il en est de même des ménages de petite taille. En outre , l’acccès aux services sociaux de base tels que l’eau potable et l’électricité améliore les conditions de vie des ménages.

Une femme burkinabè met au monde 6 enfants au cours de sa vie

Les données préliminaires de l’EDS 2010 font état d’un indice synthétique de fécondité égal à 6. Pour tout dire, la femme burkinabè, sa vie durant, met au monde 6 enfants.Cet indice atteint 6,7 en milieu rural. Le taux brut de natalité s’élève à 41,2 /1000 tandis que le quotien de mortalité des enfants de moins de 5 ans est estimé à 129 /1000 , affirment les spécialistes de l’INSD. Selon l’EDS , 15 % des femmes utilisaient déjà en 2010 des méthodes contraceptives contre 10 % en 2003 . On apprend aussi que 25 % des enfants de 6 mois sont exclusivement allaités. L’enquête de 2010 a innové par l’introduction des indicateurs sur l’anémie et le VIH/Sida. On retient que la prévalence de l’anémie a baissé par rapport à son niveau en 2010.

Cependant, chez les enfants de moins de 5 ans, l’anémie sévit toujours sous diverses formes. 48 % des femmes souffrent d’anémie. Sur le VIH / SIDA les Burkinabè sont de plus en plus informés. Ainsi, 78 % de femmes savent qu’utiliser le condom est un moyen de protection contre le Sida. Les femmes qui ont eu plusieurs partenaires sexuels au cours des 12 derniers mois, disent avoir recouru au condom alors que seulement 22 % des hommes ont eu ce réflexe salvateur. Les indicateurs de ces enquêtes permettront aux décideurs de définir et/ou d’ajuster les différentes politiques économiques et sociales.

 

 

 

 

 

 

 

Conseil consultatif sur les réformes politiques : Synthèse des propositions des acteurs de la vie nationale

 

 

Les propositions de réformes faites par les différents acteurs de la vie nationale (partis politiques, leaders d’opinion, communautés coutumières et religieuses, société civile, citoyens) ont été synthétisées dans un document de 41 pages comportant 4 chapitres. Ce document servira d’outil de travail au conseil consultatif lors de sa session.

Les membres du Conseil consultatif sur les réformes politiques (CCRP) auront à réfléchir pendant 21 jours, sur un certain nombre de propositions en vue d’asseoir les fondements d’un autre Burkina. En effet, les différents acteurs de la vie nationale ont élaboré un rapport introductif de synthèse qui s’articule autour de quatre axes structurés en quatre chapitres dans lesquels beaucoup de réformes ont été envisagées pour répondre efficacement aux aspirations de la population. Ces réformes poursuivent trois objectifs principaux que sont l’élargissement des bases du dialogue démocratique par la création de nouveaux espaces d’expression, le renforcement de l’équilibre entre les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire et la relecture des textes et l’examen du fonctionnement des institutions régissant les consultations électorales, afin de garantir des élections libres, transparentes et équitables.

Les quatre chapitres du document portent sur les points sus-cités, en plus du renforcement de la gouvernance globale. Dans le premier chapitre, les acteurs ont fait des propositions permettant de dégager des idées novatrices sur le plan du dialogue, tant social que politique.

Au niveau du dialogue social, il s’agit, entre autres, de la création d’un cadre permanent pour le Conseil des sages, de la définition d’un statut clair de la chefferie traditionnelle, de l’institutionnalisation de la Journée du paysan et de la reconduction du Collège de sages. Quant aux propositions visant à améliorer le dialogue politique, elles sont la création d’un cadre de concertation entre le pouvoir et l’opposition, l’institutionnalisation de la rencontre entre le chef de l’Etat avec l’ensemble des couches sociales, la construction d’une démocratie véritable et durable. Dans le deuxième chapitre du document, les suggestions faites portent sur les fonctions exécutoires, législatives et judiciaires.

Concernant l’exécutif, les différents acteurs proposent le maintien de l’article 37 en l’état, sa relecture, l’assistance du chef de l’Etat par un vice-président qui le remplacera en cas d’absence, la nomination d’un Premier ministre au sein de la majorité parlementaire, responsable devant la représentation nationale, etc.

Les suggestions faites à l’intention du parlement et la justice

Les propositions faites sur le parlement sont entre autres, l’augmentation du nombre des députés, la création d’un Sénat. Au sujet la justice, le renforcement de son indépendance, le respect du devoir de réserve des magistrats et la désignation d’un magistrat comme vice-président du Conseil supérieur de la magistrature ont été les propositions faites.

Au niveau du chapitre 3, les propositions de réforme portent sur la structuration et le financement des partis politiques, la Commission électorale nationale indépendante (CENI), l’administration des élections, le mode de scrutin, la sincérité du vote et les candidatures indépendantes. Pour les partis politiques, les acteurs ont proposé la relecture du texte portant création et attributions du chef de file de l’opposition, la réduction du nombre des partis politiques, le non couplage des élections municipales d’avec les législatives, etc. Les suggestions sur la CENI sont, entre autres, le recrutement du personnel chargé du recensement sur la base du niveau de la classe de Terminale pour les centres urbains et de niveau de la classe de Troisième au moins pour les communes rurales, l’exclusion des militants des partis politiques de ce personnel pour garantir l’impartialité et la transparence du processus, la création d’un collège électoral en remplacement de la CENI et placé sous le contrôle du conseil Institutionnel.

Sur la sincérité du vote, les acteurs proposent l’interdiction de l’utilisation des gadgets, des dons en nature et en espèces, la définition d’un statut de la chefferie traditionnelle, afin de la mettre hors compétitions politiques à l’instar du Ghana, etc. Le dernier chapitre du document concentre des propositions en matière de gouvernance qui n’ont pas été prises en compte dans les chapitres précédents.

Il s’agit des questions liées à l’éducation, à la santé, à l’économie et à la sécurité de l’administration publique. Sur la défense et l’armée, les suggestions sont, entre autres, la réfondation de l’armée nationale, la lutte contre le copinage lors du recrutement des éléments de sécurité et des forces paramilitaires et la définition du statut des forces de défense et de sécurité, notamment sur leur déploiement à l’intérieur et hors du pays.

Au plan économique, les propositions sont relatives à la réduction du train de vie de l’Etat, à la création d’un impôt sur les gros revenus pour financer les services sociaux, la suppression du monopole sur les différents types de marchés, etc. Tous ces points seront débattus durant les trois semaines de travaux du CCRP et le consensus qui va se dégager, servira à jeter les bases d’un Burkina émergent.

 

 

 

ON EN PARLE : Mutinerie du RPC, l’Intendance militaire a casqué plus de 46 millions

 

 

En réponse à la mutinerie des soldats du Régiment parachutiste commando (RPC) de Dédougou le 30 mai dernier et pour éviter le pire par une récidive, la hiérarchie militaire s’était vu obligée de satisfaire à leurs revendications le 31 mai au soir, en déboursant la somme d’un peu plus de 46 millions de nos francs. Contrairement à une certaine opinion qui soutient que ladite somme a été payée par un opérateur économique de la place, le chef de canton de Dédougou qui a servi d’interlocuteur entre mutins et hiérarchie militaire affirme que l’argent a bel et bien été débloqué par l’intendance militaire.

L’audience, accordée aux hommes de médias locaux à l’issue d’une cérémonie sacrificielle, a également permis à Sa Majesté de féliciter ces derniers pour leur contribution au retour de la paix à Dédougou, suite à la crise que traverse notre pays.

 

 

 

Accident de circulation : 12 décès, 80 blessés et des dégâts matériels importants

 

 

Un camion de transport mixte, 15 tonnes avec à bord plus d’une centaine de passagers, s’est écroulé sur l’axe Léo-Sabou à une quarantaine de kilomètres de Léo. Le bilan est lourd et catastrophique : plus de 80 blessés, dont 28 dans un état grave, 12 décès et d’importants dégâts matériels.

La population de Léo a été fortement éprouvée en cette matinée du lundi 27 juin 2011, par un drame qui a frappé le milieu des commerçants. Selon les témoignages, le camion de transport mixte de 15 tonnes cause de l’accident, avait à bord, des marchandises diverses dont des tôles, des charrues et plus d’une centaine de passagers, tous des commerçants. Ils se rendaient à Nassira pour le marché.

Les usagers que le camion a dépassés ont déploré le sort des passagers, à cela s’ajoute l’excès de vitesse du chauffeur. Après avoir quitté la ville de Léo, 30 minutes plus tard, on nous informe que le camion a eu un accident et le bilan est lourd : plus d’une quatre vingtaine de blessés dont 28 graves, trois décès sur place et 9 à l’hôpital après leur évacuation, ce qui porte le nombre de décès à douze (12) et le bilan n’est pas exhaustif au regard de la gravité de la situation de certaines victimes.

Toutes les victimes ont été évacuées au CMA de Léo par des parents, amis et bonnes volontés qui ont apporté un appui à l’équipe médicale. Informé de la gravité du drame, le directeur régional de la Santé s’est rendu à Léo. Sur place, il a fait appel à Poa, Boulmiougou, Saponé et Sapouy qui ont envoyé des ambulances pour aider à évacuer les cas graves à Ouagadougou. L’accident était d’une atrocité inouïe à Léo, des victimes ont entièrement perdu les deux jambes ou l’une des deux.

En guise de compassion aux victimes, les commerçants ont décrété la fermeture du marché, aucune activité commerciale n’a fonctionné depuis hier jusqu’à aujourd’hui. L’on se souvient le lundi 9 mai passé un autre camion appartenant à la même personne avait écrasé dix personnes à Léo dont un vieux de près de 80 ans et une femme presque à terme. Le camion qui était en fourrière à la gendarmerie de Léo a été incendié par une population en furie ce mardi 28 juin 2011, puis son domicile au secteur n°3, sa boutique à Léo a été entièrement vidée de ses marchandises et brûlée en plein air. Comme si cela ne suffisait pas ils ont ensuite réquisitionné des cars appartenant à des sociétés de transport OA, TSR, KGB et une Kia qui les ont conduit à Tabou, localité située à 35 km de Léo et à quelques encablures du lieu du drame.

Là où est basé le propriétaire des camions, Rasmané Zongo. Toutes ses boutiques, son domicile, ses tracteurs et moulins ont été incendiés. En somme tous ces biens ont été entièrement détruits à Léo comme à Tabou par une population exaspérée par les cas d’accidents perpétrés par ses seuls camions et leurs cortèges de malheurs. Une fois de retour à Léo, la population massée devant la place de la Nation, demande le départ immédiat du commandant de brigade et son adjoint, accusés d’avoir autorisé le propriétaire des camions a enlevé les roues du premier camion mis en fourrière suite au premier accident pour habiller ce camion qui vient lui aussi de faire un accident.

En tout cas, la situation est agitée et très tendue. Un renfort de gendarmes est venu de Ouagadougou pour tenter d’apaiser la situation et le commandant serait en concertation avec le haut-commissaire, mais la population semble ne pas renoncer à leur décision, elle vient de se disperser à l’instant même, pour se retrouver demain matin.

 
 

Burkina Faso : Anatomie d’une révolution en difficulté

Par S.S. Boyena
 

 Le Burkina Faso est plongé depuis le mois de Février dernier dans une crise socio-politique dont le dénouement se fait attendre. Deux événements atypiques ont été les catalyseurs de cette crise. Le premier est le décès de Justin Zongo, un élève du collège Guesta-Kaboré de Koudougou. La controverse sur les causes du décès est à l’origine de la protestation des élèves et étudiants. Tout commence avec la convocation de Justin Zongo au Commissariat de Police de Koudougou pour avoir eu mailles à partir avec une jeune fille qui entretiendrait une relation romantique avec un des policiers dudit commissariat. Par la suite, il se présente à l’hôpital de l’Amitié de Koudougou où il se fait soigné pour un «traumatisme pour coups et blessures volontaires»[1] tel qu’indiqué sur son bulletin médical.

Il porte plainte auprès du procureur du Faso à Koudougou pour brutalités policières le 18 janvier 2011. Au lieu d’enclencher une enquête judiciaire, le procureur appelle sur place le directeur régional de la police pour s’entretenir avec lui sur le sujet. Entre temps, Justin Zongo subit de nouveau les abus de la Police et se plaint à nouveau auprès du procureur le 20 janvier qui lui conseille encore d’aller «se faire soigner puis revenir». Le 12 Février, il se présente de nouveau à l’hôpital de l’Amitié de Koudougou où le médecin diagnostique dans un premier temps un paludisme aigu.

Il rejoint sa famille à Ralo à quelques km de Koudougou puis est à nouveau transféré à l’hôpital le 17 Février où on lui diagnostique cette fois-ci une méningite. Il y trouve la mort le 20 Février sans qu’on ne soit en mesure de dire avec certitude si son décès est dû à une maladie ou aux abus de la police. Ses camarades se mobilisent aussitôt à Koudougou pour manifester leur indignation. Dans une tentative de camoufler l’affaire, le gouvernement publie un communiqué dans lequel il affirme que Justin Zongo est décédé de suite d’une méningite et non des sévices corporelles.

Tout le pays s’embrase et les affrontements entre élèves et policiers font de nouvelles victimes. Des commissariats de polices et d’autres bâtiments administratifs sont incendiés ou saccagés dans plusieurs villes du pays : Koudougou, Ouahigouya, Dori, Kaya, etc.

Le second événement aux contours similaires s’est produit approximativement à la même date mais ses conséquences se sont manifestées tardivement. Il s’agit d’un traitement dégradant sur Wendehinsa Boulou, un dessinateur de bâtiment, par un groupe de militaires qui le soupçonnait de faire la cour à la conjointe de l’un d’entre eux. Ils l’attirent alors par un stratagème dans le domicile de leur camarade où ils l’obligent à se mettre nu puis à parcourir la rue dans cet état après l’avoir molesté.

La victime porte plainte à la gendarmerie et cette fois-ci la justice se matérialise par la condamnation ferme de quatre des militaires tortionnaires, ce qui entraîne de facto leur radiation de l’armée selon la loi. Leurs camarades d’armes se mutinent dans la nuit de 22 au 23 mars 2011, saccagent plusieurs commerces et domiciles dont celui du ministre de la défense.

Depuis lors, le pays est traversé par une série de manifestations et de révoltes qui n’ont plus rien à voir avec les événements déclencheurs de la crise. La quasi-totalité des camps militaires du pays a connu des mutineries y compris le Régiment de Sécurité Présidentielle pour réclamer des hausses de soldes ou des versements de primes.

Le mode opératoire est le même : tirs en l’air, saccages de commerces et de domiciles de certains officiers, membres du gouvernement, représentants de l’État ou membres influents du parti au pouvoir. Les organisations d’étudiants, d’élèves, de commerçants et les syndicats se joignent aux manifestations pour réclamer justice et faire aboutir leurs revendications diverses : sanctions des auteurs de ces forfaits et restauration de l’État de droit pour les uns, dédommagements ou augmentation de salaire pour les autres.

Les origines de la crise

Les origines de cette crise qui ébranle les assises du pouvoir Compaoré sont de deux ordres. Il y a en premier lieu les causes immédiates liées au sentiment d’injustice ressenti par les élèves à la mort de leur camarade et les militaires suite à la condamnation des leurs. Dans le premier cas, la tentative du gouvernement de camoufler l’événement par un communiqué précipité et par la médiation de personnes dites de ressources a jeté la suspicion sur les causes réelles du décès de Justin Zongo. Dans le dernier cas, le sentiment d’injustice est lié à une rumeur d’influence du verdict du juge par l’employeur de Wendehinsa Boulou.

Dans tous les cas, le manque de confiance en l’institution judiciaire a été le ferment de ces réactions spontanées. Dans la catégorie des causes immédiates, on peut aussi mentionner la crise post-électorale en Côte d’Ivoire qui a fermé le couloir d’approvisionnement du Burkina Faso; faisant ainsi monter le coût de la vie. La vie chère qui était déjà présente s’est aggravée et a prédisposé les citoyens à la révolte.

Ces causes immédiates ne sauraient à elles seules expliquer cette crise, d’autant plus que les manifestations qui s’en sont suivies ont fini par se déconnecter des événements de départ. Cette crise trouve son origine profonde dans le dépit des burkinabè à l’égard du système de gouvernance de Blaise Compaoré. Elle s’inscrit dans le même cycle que celle provoquée par l’assassinat de Norbert Zongo, c’est-à-dire au lendemain d’une élection mal organisée et raflée par le parti au pouvoir.

L’auteur de ces lignes écrivait déjà à propos de ces élections en Janvier 2011 que : « le pouvoir serait mal avisé s’il interprétait ce score comme une caution à tout faire y compris la révision de l’article 37. Les burkinabè expriment habituellement leur désaccord par le silence mais quand ils commencent à l’extérioriser, rien ne les arrête. Ils semblent se taire par excès de dépit bien plus que par défaut. On se retrouve presque dans la même situation qu’en 1998 quand le pouvoir pensait tout contrôler avant que n’éclate la crise consécutive à la mort de Norbert Zongo qui a failli balayé le régime en place.»[2] Les causes profondes de cette crise ne se déclinent donc qu’à travers l’analyse de la nature du pouvoir Compaoré.

La nature du pouvoir Compaoré

Miamoun Somé avait résumé la nature du pouvoir Compaoré en une phrase: « un pouvoir personnel qui use d’artifices juridiques pour se maintenir ». Le pouvoir Compaoré apparaît dans sa description comme un « pouvoir brutal » qui « met en avant les médiocres pour décourager les meilleurs» et qui confisque tous les moyens de l’État au profit de ses proches et de sa «milice» chargée de le protéger[3]. A la lueur des événements récents, il semble que rien ne le protège du Régiment de Sécurité Présidentielle chargé de le protéger du reste du monde. Il apparaît aussi nécessaire d’analyser l’état d’esprit dans lequel sont enfermées les composantes de son artifice institutionnel, de même que celui du peuple.

La police et l’armée

La nature militaire du pouvoir Compaoré est apparue incontestable après les événements récents. La quiétude des citoyens burkinabè était déjà interrompue de temps à autre par des hommes dits en tenue, c’est-à-dire des militaires et des paramilitaires, qui bastonnent çà et là des civils ou qui s’affrontent entres eux pour afficher leur suprématie.

En Juillet 2010, un jeune a trouvé la mort à Gaoua de suites de tortures subies au Commissariat de Police de la ville. La révolte populaire qui a suivi et les affrontements avec la Police a fait plusieurs autres victimes.

En septembre 2009, des élèves de l’École Nationale de Police ont organisé une descente violente à Gounghin, un quartier de Ouagadougou, pour venger un de leur camarade qui avait été passé à tabac dans un bar. Cette sortie s’est soldée par plusieurs personnes blessées et des commerces saccagés.

En décembre 2006, des affrontements armés entre la Police et des militaires à la suite d’une banale altercation au Stade Municipal de Ouagadougou a fait plusieurs morts tant du côté de la Police que de l’armée. Il faut signaler que personne n’a été poursuivi dans cette affaire.

Au Burkina Faso, des incidents de ce type sont légion, sans compter les exécutions extra-judiciaires pour le compte de la lutte contre le grand banditisme.

Ce comportement de la Police s’explique en partie par l’histoire politique du Burkina Faso, dominée par des régimes d’exceptions qui ont légitimé l’usage de la force pour résoudre les différends publics. La Police burkinabè n’est généralement pas formée dans l’esprit d’un État de droit.

Elle est plutôt formée comme une armée, plus apte à l’usage de la force qu’à l’application du droit. L’illustration parfaite est le comportement des élèves policiers en septembre 2009, qui dès l’école déjà, choisissent de faire fi de l’une des règles les plus importantes de l’État de droit, à savoir que les différends entre personnes ne se règlent pas par la force.

Ce n’est pas un hasard si la gendarmerie est le seul corps à avoir été épargné par les récentes manifestations. Elle est en effet la mieux instruite de tous les corps militaires et paramilitaires et se comporte généralement mieux que la police. Elle est tout de même loin d’être entièrement épargnée sécurités décrit plus tôt. 

L’armée quant à elle est structurée à dessein par la stratégie de survie de Blaise Compaoré. La tête est sciemment coupée de la base pour éviter que des officiers quelconques se faisant des idées puissent trouver appui au sein des hommes de troupe. Cela est assuré par une rotation incessante des officiers ainsi qu’un traitement pécuniaire incomparable à celui des soldats. La corruption qui y règne finit de les discréditer auprès des hommes de troupe.

Cela explique en grande partie pourquoi jusqu’à présent aucune tentative de coup d’état n’est notée. Les mouvements d’humeur des soldats se sont limités à des actions désorganisées faute de tête pensante capable de planifier et de coordonner. L’autre conséquence est que quand la troupe se rebiffe, il n’y a pas d’officiers crédibles capables de la recadrer. La pagaille observée est le résultat direct de cette situation. Autant le dire: comme on fait son lit...on s’y couche. A la différence que cette fois-ci, ce sont les citoyens qui y ont été obligés.

Cette stratégie est parachevée par la prohibition de la pensée et de la réflexion chez les militaires. En leur interdisant toute formation civique et intellectuelle, on a voulu éviter qu’ils s’avisent à se poser des questions sur la gestion des affaires de l’État. Mais pour citer le Président Sankara, « un militaire sans formation politique est un criminel en puissance ».

Le résultat obtenu est donc cohérent avec le stratagème mis en place, celui qui consiste à former de jeunes hommes - souvent incultes - aux maniements des armes sans leur inculquer leur principale raison d’être : la protection du peuple. Une armée qui est subordonnée à un individu plutôt qu’à un peuple n’en est pas une; c’est une milice. Les propos de ce jeune mutin qui affirme que «Blaise doit choisir entre nous et sa justice pourrie»[4] en est une illustration parfaite.

Autrement que dans cette perspective, il est difficile de comprendre les agissements récents des militaires. En s’attaquant au peuple par le pillage et les violences comme ils l’ont fait à Bobo Dioulasso et dans les différentes villes du pays, ils ont non seulement tari toute source de soutien mais aussi fait voler en éclat toute justification possible de leur action.

L’armée du Burkina Faso sous Blaise Compaoré apparaît radicalement différente de celle de Thomas Sankara, de Seye Zerbo ou de Sangoulé Lamizana. A l’époque, l’intérêt de la nation était l’aiguillon de leurs actions. De nos jours, on a du mal à reconnaître l’armée burkinabè qui semble ne se battre que pour des pécules.

La justice

L’institution judiciaire est au cœur de l’artifice institutionnel mis en place par Blaise Compaoré pour légitimer son pouvoir. Le manque de confiance du peuple burkinabè en la justice dont Blaise Compaoré est le premier magistrat est une des causes principales de cette crise. La cour suprême à travers ses décisions complaisantes vis-à-vis du régime à l’image de la validation de l’élection présidentielle de novembre dernier malgré la violation manifeste du code électoral dans son déroulement s’est totalement discréditée.

L’affaire Norbert Zongo est simplement enterrée par l’institution judiciaire. Les grosses affaires de corruption n’aboutissent jamais. Les officiels ont toujours cette expression bien rodée pour répondre à toute interpellation: «la justice fait son travail, elle suit son cours, …» Au Burkina Faso, la boutade selon laquelle la justice est une toile d’araignées qui attrape les petites mouches et laisse passées les grosses prend tout son sens.

Cette situation engendre comme conséquence la tendance de tout corps social à percevoir comme arbitraire toute condamnation judiciaire d’un de ses éléments. On se souvient de la grève des enseignants du primaire à Koudougou pour faire libérer un de leurs camarades mis en examen dans le cadre d’une affaire de violence sur un enfant ayant entraîné sa mort. Cette affaire est similaire à l’affaire Justin Zongo à la différence que les écoliers du primaire sont trop jeunes pour se révolter. La remise en cause des décisions de justice manque parfois de justification mais elle est néanmoins le symptôme d’un manque de confiance prononcé à l’égard de l’institution judiciaire.

Les effets désastreux du système Compaoré n’affectent pas uniquement la justice, l’armée et la police; ce système a détruit les repères du peuple burkinabè et endommagé sa conscience de soi en tant que peuple.

Le peuple

Comme mentionné précédemment, cette crise est la manifestation du dépit et de la désillusion du peuple burkinabè vis-à-vis du système Compaoré. Il est bien vrai que tout leader, populaire fut-il, finit par connaître une situation similaire s’il s’éternise au pouvoir. La première raison de ce dépit est donc la longévité du pouvoir Compaoré. En rappel, ce dernier est arrivé au pouvoir en 1983 en tant que numéro deux du Conseil National de la Révolution. Il est devenu président en 1987 après l’assassinat du président Thomas Sankara.

Cela lui fait un total de 27 ans au pouvoir dont 24 à la tête du Burkina Faso. Arrivé au pouvoir avec très peu de popularité, les burkinabè avaient fini par s’habituer à sa présence. Certains ont trouvé en lui un leader plus accommodant comparé à la rigidité de Thomas Sankara. Néanmoins, tous ont vu s’effriter peu à peu l’idéal d’intégrité suscité par son prédécesseur.

A la mobilisation de tous pour le travail s’est substitué un laisser-aller qui est allé de pair avec la mise en place d’une société capitaliste. Mais le capitalisme nécessitant des capitaux dans un pays qui n’en avait pas, on a laissé prospérer la corruption pour créer une classe d’hommes riches. Ce groupe qui concentre entre ses mains le peu de richesse que le pays produit est constitué essentiellement de personnes ayant abusé de leur situation ou de leurs relations familiales à la différence de la norme dans les sociétés capitalistes contemporaines où on devient riche par héritage ou par talent.

Est alors apparu un culte nouveau pour le luxe avec son corollaire de vanité et de convoitise. La classe moyenne (les salariés) a fini par s’accommoder de cette corruption. Elle s’adonne au « paraître » pour surcompenser la baisse de son niveau de vie. Ce « paraître » dénoncé par Norbert Zongo a commencé par un étalage des avoirs qui ont vite tari avant de se muer alors en une affirmation de la supériorité de telle classe de personnes sur telle autre.

La tentative de l’ex premier ministre Tertius Zongo de lutter contre la corruption s’est soldée par un échec. Il n’avait pas tous les leviers du pouvoir et ses réformes n’ont fait que toucher durement cette classe qui n'a alors pas tardé à le lui faire savoir. La grosse corruption quant à elle est demeurée la même : gestion opaque des grandes entreprises, marchés publics passés à gré aux courtisans du régime ou aux membres de la famille présidentielle pour des travaux mal exécutés, etc.

Cette corruption et le goût du luxe qui s’est répandu ont vite fait de décomposer la société burkinabè en corporations qui luttent pour affirmer leurs statuts au sein de la société. Le peuple est ainsi divisé en catégories : les élèves et les étudiants qui se confondent à la catégorie de la jeunesse dans les sociétés contemporaines constituent pourtant une catégorie à part au Burkina Faso avec des velléités de mépris envers ceux qui n’ont pas été loin à l’école.

Les salariés essentiellement constitués de fonctionnaires deviennent eux aussi une classe à part dont les revendications se résument à la hausse de son niveau de vie. Cette classe se subdivise en professions : enseignants, travailleurs de la santé, ceux de la justice, police et corps paramilitaire, militaires, etc. Le revenu dépendant généralement de la profession, le statut social d’une personne se confond avec le statut de sa profession.

Cette inégalité des revenus s'est traduite dans la société par une inégalité des personnes. C’est cet « inégalitarisme » qui est à la base des remous de la société et des agissements des militaires en particulier. Le bien commun n’existant plus, ces derniers estiment qu’ils ont droit à une bonne part des richesses puisqu’ils sont les détenteurs des armes, donc les garants de la quiétude des riches.

La cherté de la vie a beau prédisposer les gens à la révolte, elle ne semble pas en être la cause principale. Si l’obligation de modestie et de mesure qu’elle engendre était partagée par toutes les strates de la société, cette crise n’aurait probablement pas lieu. En effet, le gouvernement prétend habituellement que les caisses de l’État sont vides, mais le comportement des ministres, directeurs généraux, députés, hauts représentants de l’État et courtisans du régime en dit autrement.

Dans cette société où l’élite (les lettrés) mène une lutte féroce contre la nouvelle bourgeoisie pour le partage des richesses, les paysans qui constituent la majorité deviennent les laissés pour compte; d’autant plus qu’ils n’établissent toujours pas le lien entre leurs conditions de vie et ce qui se passe au sommet de l’État. Ce désintérêt est partiellement dû au fait que le débat public se fait généralement dans une langue que comprend seulement une minorité. En plus, la structure et le fonctionnement de l’État ne se sont guère radicalement départis de la logique coloniale d’une imposition de la force. Pour ainsi dire, cette classe s'est habituée à être ignorée depuis l’époque coloniale.

Si le pouvoir de Blaise Compaoré survit à cette crise, ça aura été du fait de cette division du peuple burkinabè. Interrogé sur l’éventualité d’une révolution burkinabè au lendemain de celle de la Tunisie, Mélégué Traoré, ancien président de l’Assemblée Nationale et membre du parti au pouvoir répond par la négative. Il se justifie en affirmant qu’au « Burkina Faso, tout le monde ne parle pas français. »

Cette phrase en elle seule résume le désarroi du peuple burkinabè : sa désunion. En effet, dans les pays arabes, le peuple parle d’une même langue et la fracture entre les lettrés et le reste de la société est insignifiante. Ils se comprennent mutuellement et peuvent poser des revendications communes.

Au Burkina Faso par contre, le peuple est divisé en « élèves et étudiants », « fonctionnaires », « hommes de tenue», «commerçants » et «paysans» couramment désignés par le vocable «les populations ». Chacune de ces catégories s’est illustrée à sa manière dans les révoltes récentes à l’exception des paysans qui sont restés en marge jusqu’à présent pour les raisons mentionnées plus haut.

Les élèves et les étudiants ont défendu les leurs[1] ; les « hommes de tenue » ont semé le désordre pour obtenir une hausse de solde; les fonctionnaires ont revendiqué la hausse de leurs salaires; les commerçants ont réclamé des dédommagements à la suite de la destruction de leurs biens. Blaise Compaoré aura réussi à rendre toutes les composantes de la société burkinabè mécontentes sans que cela n’emporte son pouvoir.

Tous sont passés à côté de l’opportunité historique d’unir le peuple pour le projeter vers la poursuite d’un destin commun. En lieu et place, les uns se sont affrontés aux autres. La tactique qui consiste à «employer une moitié des pauvres pour tuer l’autre moitié » semble avoir marché.

C’est à ce niveau que les leaders d’opinions ont failli au rôle qui est le leur, celui d’analyser et d’expliquer au peuple toute situation complexe. Le comportement des leaders syndicaux et des partis politiques de l’opposition est plus qu’étonnant. Au lieu de bander leurs muscles au fort moment de la crise où ils peuvent surfer sur le mécontentement populaire (c’est avant tout le rôle de toute opposition), ce n’est qu’après la baisse de la tension qu’ils ont organisé une manifestation, évidemment boudée par le peuple. Pendant ce temps, les leaders syndicaux se désolidarisaient de leur action. A chacun son combat! C’est à se demander si ces leaders syndicaux qui eux-mêmes n’offrent pas un exemple d’alternance à la tête de leurs organisations ne sont pas complices du maintien du pouvoir.

L’absence de vision

L’aspect le plus surprenant des troubles récents survenus au Burkina Faso est leur caractère sauvage. Quelques années auparavant, il eût été  inimaginable que des militaires burkinabè eussent pu piller des biens privés ou faire libérer leur camarade emprisonné pour viol. La destruction des bâtiments administratifs ou des infrastructures publiques est dans une autre mesure la preuve d’un malaise immense au sein de la société.

Ce malaise est lié à une absence de perspective pour l’avenir. Le peuple semble ne rien voir comme lueur. Tous savent ce qui ne va pas mais personne ne voit pointer une quelconque solution à l'horizon. En d’autres termes, il n’y a ni rêve ni vision. Le pouvoir en place est le premier responsable de cette situation. La vision de Blaise Compaoré n’a jamais été en adéquation avec une projection réaliste de la société burkinabè dans le futur.

Sur le plan économique, il semble avoir jeté son dévolu sur la promesse de prospérité du capitalisme. Mais faute de règles strictes, le capitalisme ne peut que déboucher sur la bourgeoisie et l’oppression. Il semble avoir opté pour une société où le progrès se mesure « aux belles infrastructures » de la capitale. La ville de Ouagadougou s’est certes embellie mais la réalisation la plus remarquable aux yeux des burkinabè  aura été la création d’une bourgeoisie ouagalaise qui concentre toutes les richesses du pays et qui éduque ses enfants, non pas pour leur accomplissement personnel mais plutôt pour l’affirmation de leur vanité, si ce n’est le mépris des autres.

Sur le plan social et politique, la démocratie annoncée ne s’est guère concrétisée. Il faut dire que la démocratie est contradictoire avec le culte d’un pouvoir personnel. Mais le défaut ne vient pas que de là. La démocratie, ce n’est pas qu’un mot; encore moins une simple architecture institutionnelle; c’est plutôt un état d’esprit. La poursuite de l’idéal démocratique requiert un leader visionnaire qui semble avoir fait défaut. La démocratie exige en outre une certaine cohérence dans l’administration, une certaine vision dans la gouvernance qui se sont révélées totalement absentes.

A titre d'exemple, pour calmer la situation provoquée par les mutineries, un couvre-feu a été décrété par le gouvernement et pendant les heures de circulation interdite, les gendarmes, policiers et militaires chargés de le faire respecter bastonnaient les citoyens dans les différentes villes du pays. Ceci est un exemple de manque de cohérence d'autant plus que  le point de départ de la crise est marqué par le rejet de ce type de comportement. Pourra-t-on faire comprendre à ces membres des forces de l'ordre à qui on donne l'autorisation de malmener physiquement les citoyens que dans un État démocratique, toute violence physique est proscrite? Toute personne qui viole la loi peut être détenue mais ne doit être violentée sauf en cas de refus d'obtempérer.

La démocratie nécessite aussi le partage d’une vision commune au sein du peuple, son adhésion à des principes forts et à des institutions fiables capables de départager les personnes en cas de désaccord.

Il faut en plus qu’il y ait un débat continu impliquant toutes les catégories existantes du peuple sur les questions d’intérêt collectif. Les peuples asiatiques et arabes ont effectué un retour à leurs langues d’origine après leurs indépendances, non seulement pour refermer la fracture entre les peuples et les élites mais aussi pour amener ces dernières à penser les sociétés dans leurs globalités. C’est à travers la langue, le contenu du système éducatif, la culture et les médias qu’un peuple peut être cimenté.

Les peuples africains ont ignoré ce fait et ont préféré continuer l’entreprise coloniale de séparation entre les « civilisés » et les « sauvages »[1]. L’élite attelée par l’Occident a naturellement tendance à penser que ses intérêts qui consistent en une augmentation de salaire pour consommer des produits occidentaux sont ceux du peuple. C’est pourquoi les syndicats préfèrent revendiquer des hausses de salaires plutôt qu’un changement radical de cap qui prendrait en compte l’intérêt collectif.

La seule issue possible de cette situation est l’absorption progressive de la majorité du peuple au sein de l’élite minoritaire pour constituer un peuple plus homogène. En d’autres termes, il faut attendre que «tout le monde puisse parler français». Cela marquerait du coup la disparition des langues et de la culture africaines. Avec un taux de scolarisation de 50% et un taux d’alphabétisme de 20%, cela ne se réaliserait pas avant au moins 100 ans au Burkina Faso. Entre temps les difficultés ne feraient que s’aggraver et si les peuples africains ne trouvent pas une manière de résoudre cette absurdité une fois pour toute, ils risquent simplement de s'autodétruire.

La démocratie réclame enfin que l’idée qu’on se fait de la justice et des lois soit la même au sein d’un peuple. Le point de départ de la révolte des militaires a été la punition infligée à un homme qui aurait fait la cour à la conjointe de l’un d’entre eux. Le problème est que les principes qui fondent le droit burkinabè en vigueur ne considèrent nullement l’intéressé comme fautif. Il est implicitement admis que toute personne a le droit de séduire toute autre personne, fut-elle l’époux ou l’épouse de quelqu’un d’autre. Tout problème qui pourrait émerger devrait être réglé entre les conjoints.

Or dans sa grande majorité, les burkinabè pensent qu’il est proscrit de faire la cour à l’époux ou l’épouse d’autrui. Traditionnellement, cela se réglait souvent par une « correction » en règle du fautif si on l’appréhendait sur le lieu des faits. La preuve est que le 7 avril, soit à peine un mois après la condamnation des militaires qui ont molesté Wendehinsa Boulou, un jeune homme a été molesté et ligoté par un groupe de jeunes à Dédougou pour avoir été surpris en pleins ébats avec une femme mariée. Il a subi les mêmes supplices que Wendehinsa Boulou : déshabillé, ligoté et molesté.[2]

C’est donc dire que la grande majorité des citoyens ont une idée perçue du droit foncièrement différente du droit en vigueur. Ils ignorent ou ne se reconnaissent pas assez dans l'institution judiciaire pour lui déléguer exclusivement le rôle de juger et de sanctionner éventuellement toute personne accusée. C'est en effet la seule manière de s'assurer que toute personne accusée, même prise en flagrant délit, puisse bénéficier d’un procès équitable et qu’aucune violence physique arbitraire ne soit être exercée sur lui quel que soit son forfait.  Même à l’université de Ouagadougou où sont sensés se trouver les plus instruits de la société burkinabè, des supposés voleurs d’engins à deux roues sont parfois lynchés. Peut-il y avoir une démocratie dans ces conditions?

Ces questions essentielles devraient être traitées en profondeur avant toute poursuite de l’idéal démocratique. Mais ni le pouvoir, ni l’opposition, ni même les leaders d’opinions ne semblent porter leur regard dans cette direction. C’est dire que la responsabilité des leaders d’opinions et de l’élite intellectuelle est engagée dans cette absence de vision qui mine la société burkinabè; mais celle du pouvoir l’est encore plus car il a entièrement verrouillé l’espace public. En témoigne la mise au pas de Salif Diallo, un haut responsable du parti au pouvoir, pour avoir posé la question des réformes institutionnelles pour éviter une «patrimonialisation de l’Etat.»

Néanmoins, cette réalité à elle seule ne saurait suffire à expliquer cette léthargie intellectuelle; car en ce qui a trait aux sociétés humaines, la pensée est plus tranchante que le glaive. La réalité est que l’élite s’est installée dans le confort des sentiers battus. La situation au Burkina Faso semble mûre pour une révolution mais il n’y a jamais de révolution sans avant-garde intellectuelle et celle-ci fait notablement défaut. Cela explique les difficultés auxquelles est confronté le peuple burkinabè dans sa révolte mais une sagesse africaine citée par Blaise Compaoré lui-même[3] nous enseigne que «Même au plus sombre de la nuit, l'aube est à portée de main».

 

 

 

Le dossier contre Dominique Strauss-Kahn pourrait s'effondrer

 

 

NEW YORK (Reuters) - Les accusations portées contre Dominique Strauss-Kahn, inculpé pour agression sexuelle contre une femme de chambre d'un hôtel de New York, sont sur le point de s'effondrer, écrit jeudi le New York Times qui évoque de très forts doutes sur la crédibilité de la jeune femme.

De source proche de l'enquête, on confirme à Reuters que la crédibilité de la femme de chambre est mise en doute.

"Les procureurs n'accordent plus beaucoup de crédibilité à ce que l'accusatrice leur a dit, ni sur les circonstances (de l'agression présumée) ni sur elle-même", écrit le journal.

"Les enquêteurs ont découvert des failles importantes dans la crédibilité de la femme de chambre", poursuit le New York Times, citant deux enquêteurs. Au point, ajoute le journal, que l'assignation à résidence du prévenu pourrait être levée dès ce vendredi.

Depuis le début de l'affaire, le 14 mai dernier, le dossier d'accusation repose sur le témoignage de la femme de chambre, qui s'est dit victime d'une agression sexuelle. Ses accusations ont été retenues par les enquêteurs de la police new-yorkaise comme par les procureurs.

Des analyses d'ADN ont démontré qu'il y avait bien eu relation sexuelle entre l'ex-directeur général du FMI et la femme de chambre.

Mais les avocats de Dominique Strauss-Kahn arguent qu'il s'agissait d'une relation sexuelle consentie. "Lorsque les preuves seront produites, il apparaîtra clairement qu'il n'y a pas eu de contrainte", assurait Benjamin Brafman à l'issue de l'audience judiciaire au cours de laquelle Strauss-Kahn a plaidé non coupable, le 6 juin dernier.

Dans une lettre datée du 25 mai, les avocats de la défense déclaraient déjà avoir découvert des éléments qui "entameraient gravement la crédibilité" de la femme de chambre.

Aucun commentaire n'a pu être obtenu auprès de l'avocat de la plaignante, Kenneth Thompson, n'a pu être joint jeudi soir.

REVIREMENT

Jusqu'à son arrestation, l'ancien patron du FMI, qui est âgé de 62 ans, était le favori des sondages pour la présidentielle française de 2012. Ses problèmes judiciaires l'ont écarté de fait de la primaire socialiste, dont le dépôt des candidatures s'est ouvert le 28 juin et doit prendre fin le 13 juillet à minuit.

Mais les derniers développements de l'affaire constituent, ainsi que l'écrit le New York Times, un "changement de fortune stupéfiant pour M. Strauss-Kahn".

Les procureurs, qui ont rencontré ses avocats jeudi, ont fourni des précisions sur leurs découvertes, et les parties discutent de l'opportunité d'abandonner les accusations de "crime" (felony). Procureurs et avocats de la défense doivent retourner ce vendredi à la Cour suprême de l'Etat de New York.

"De fait, M. Strauss-Kahn pourrait voir son assignation à résidence levée, signe qu'il est probable que les accusations criminelles graves portées contre lui ne seront pas maintenues", lit-on dans l'article du New York Times.

Selon l'un des responsables cités par le journal, les procureurs ont évoqué de possibles liens de la femme de chambre, Nafissatou Diallo, avec des activités de trafic de drogue et de blanchiment d'argent. Des zones d'ombre sont apparues d'autre part concernant ses déclarations lors de sa demande d'asile aux Etats-Unis.

Ils en veulent notamment pour preuve une conversation téléphonique qu'elle a eue avec un détenu dans les 24 heures ayant suivi sa rencontre avec Dominique Strauss-Kahn. Au cours de cette conversation, qui a été enregistrée, elle évoque le profit qu'il y aurait à maintenir ses accusations contre DSK.

Le détenu, ont appris les enquêteurs, a été arrêté pour possession d'environ 180 kg de marijuana, affirme le New York Times. Il fait partie d'un certain nombre de personnes qui ont fait des transferts d'argent, d'un montant total de 100.000 dollars, vers le compte bancaire de la jeune femme au cours des deux dernières années. Les virements ont été effectués en Arizona, en Pennsylvanie, en Géorgie et à New York.

Les deux enquêteurs, dont le journal ne cite pas les noms, auraient également établi que Nafissatou Diallo payait chaque mois plusieurs centaines de dollars de factures de téléphone auprès de cinq compagnies différentes. La jeune femme a affirmé n'avoir qu'un seul téléphone et a dit ne rien savoir des dépôts bancaires, sinon qu'ils étaient effectués par un homme qu'elle dit être son fiancé et par les amis de celui-ci.

"A peu près tout ce qui a été dit de cette femme au début de l'affaire était faux, mais personne n'a vérifié ou voulu croire autre chose", a affirmé à Reuters une autre source proche de l'affaire, pointant les insuffisances du procureur Cyrus Vance qui a obtenu l'inculpation de Strauss-Kahn devant un Grand Jury.

Une nouvelle comparution est programmée ce vendredi devant la justice de New York pour demander un réaménagement du régime de liberté sous caution de Strauss-Kahn.

Cette comparution devant le juge Michael Obus, qui aura lieu à 11h30 locales (15h30 GMT), est une surprise: lors de l'audience préliminaire du 6 juin, la prochaine comparution devant le juge Obus avait été fixée au 18 juillet.

Après quatre jours en prison, "DSK" a été remis en liberté provisoire, en l'attente de son jugement, contre versement d'un million de dollars de caution et de cinq millions de dollars de garantie. Il vit assigné à résidence dans un grand appartement du quartier de Tribeca à Manhattan, ne pouvant sortir que pour des motifs précis.

L'ex-ministre de l'Economie, qui clame son innocence depuis le début de l'affaire, risque jusqu'à 25 ans de prison s'il est reconnu coupable des chefs d'inculpation de tentative de viol, agression sexuelle au premier degré, attouchements non consentis, emprisonnement illégal au second degré et agression sexuelle au troisième degré.

 

 

 

Fédération burkinabè de football : La maison se fissure

 

 

Actuellement, s’il y a une structure sportive qui ne maîtrise pas ses propres textes, c’est la Fédération burkinabè de football (FBF). La preuve, elle vient de se fourvoyer dans l’affaire qui l’oppose à l’Union sportive du Yatenga (USY). Mais ce n’est pas tout, un problème d’un autre genre est né de l’affaire EFO # ASFA-Y et pourrait encore compliquer davantage les choses. A la FBF, les points de vue divergent sur la manière dont les dossiers sont traités et il ne fait l’ombre d’un doute que la maison se fissure. Quoi qu’il en soit, il y a urgence de mettre de l’ordre du côté de Ouaga 2000 surtout que ça commence à faire trop avec l’affaire des passeports et actes de naissance des cadets au Mexique.

Le communiqué de presse de la FBF relatif au match à rejouer entre l’USO et l’USY (15e journée), que nous avons publié dans notre édition du jeudi 30 juin 2011, ne fait pas l’unanimité dans l’instance du football burkinabè. Les opinons divergent et pourtant, les textes sont là qui demandent qu’on les applique purement et simplement.

A la FBF, la plupart des membres sont issus des différents clubs de la place et lors du renouvèlement du bureau suite à la démission de l’équipe de Seydou Diakité, on a vu comment les tractations ont été menées pour gérer les affaires. C’est bien de quitter un club pour « monter », mais encore faut-il connaître le domaine pour lequel on veut servir. Or, ce n’est pas le cas pour tous ceux qui sont du côté de Ouaga 2000 où se trouve le siège de la FBF.

L’affaire entre la FBF et l’USY est la preuve que le communiqué de presse n’est pas perçu de la même façon. Deux camps s’opposent actuellement et pour ceux qui soutiennent l’USY, il ne leur a pas été présenté un rapport circonstancié sur la question provenant du secrétariat général de la FBF et de la ligue nationale (LN). Les procédures décrites dans les statuts de la FBF et les règlements généraux ne sont pas respectées. La forme tenant le fond en l’état, les partisans de l’USY ont suggéré de reconsidérer la position du comité exécutif.

Sur la forme, l’USY, qui siège à Ouahigouya, ne semble manifestement pas avoir reçu les informations justes sur le report du match contre l’USO. Ce fait, dit-on, est corroboré par la sous-information du corps arbitral qui, lui aussi, était présent sur le terrain. Conformément aux règlements en vigueur, les formalités qui seyaient ont été accomplies transformant de ce fait la situation en litige entre l’USY et l’USO (réclamation d’un forfait, art 76 RG). L’affaire devrait alors être transmise à la LN pour les dispositions à prendre en première instance. Cela, après avoir entendu toutes les parties prenantes à la question notamment : le SG de la FBF, la ligue nationale, l’USO, l’USY (art 98 RG). La ligue nationale, après avoir entendu toutes les parties, devrait statuer.

Une commission d’appel inexistante

La LN, au vu de ce qui précède, pouvait dès lors ne pas donner une suite favorable à la réclamation en invoquant un cas de force majeure (art 17 du règlement du championnat national). Elle ordonnerait par la même occasion une nouvelle programmation du match. La décision de la ligue nationale de football fondée sur la force majeure n’étant pas définitive, il serait loisible à l’USY d’interjeter appel. L’appel n’étant pas suspensif (art 103 RG), la compétition pouvait se poursuivre normalement.

En cas d’appel, le dossier devait être transmis à la FBF (art 99, 100, 101, 102, 103 RG) qui l’imputera à la commission d’appel (art 49, 51 statuts de la FBF). Elle statue en dernier ressort et ses décisions sont réputées définitives. On susurre d’ailleurs que la commission d’appel n’a jamais été mise en place malgré les multiples recommandations. Pire encore, le SG, Emmanuel Zombré, tranche des litiges en appel (cas du football féminin). Les décisions de ce genre sont nulles et de nuls effets car l’auteur de l’acte est incompétent pour connaître de la question.

De l’affaire ASFA-Y # EFO

Pour cette affaire, on dit que les procédures ont été minutieusement respectées en ce qui concerne l’instruction du dossier. Cependant, la tentative de faire trancher le litige en premier ressort par le comité exécutif est curieuse. Les motivations sous-tendant cette démarche (non-fonctionnalité de LNF) sont hallucinantes du fait que la FBF organise les compétitions depuis 3 ans et 4 mois. Par ailleurs, l’existence dans le dossier d’appel de l’ASFA-Y d’une lettre de la FBF adressée à l’EFO peut autoriser à croire à une collusion, ce moyen étant du reste illicite.

Les faits relatés dans cette affaire font ressortir que l’EFO a introduit pendant le mercato de la mi-saison, des demandes de traitement de licences ouvertes par lettre circulaire numéro 2011-C19/FBF/LNF/SG en application de l’art 33 des RG. La période mentionnée va du 4 au 18 mars 2011. L’EFO a demandé, entre autres, la qualification des joueurs Musa Mohamed et Michael Ocansey. Le club a satisfait à toutes les exigences en la matière tant du point de vue des procédures que des pièces à fournir.

Aucune volonté manifeste de fraude n’a été décelée ni par la ligue régionale du Kadiogo ni par la ligue nationale chargée du traitement des licences. Voulant par la suite introduire les données dans le système de régulation des transferts, l’EFO s’est retrouvée en butte à des difficultés insurmontables (la mauvaise assimilation des techniques TMS par le préposé du club a été mise en avant). Il semble que ce préposé ne pouvait pas avoir accès au réseau TMS pour une introduction de quelles que données que ce soient, le réseau n’étant pas ouvert.

A ce sujet, on raconte que les préposés fédéraux au TMS, Lakouandé et Zombré (formés récemment au Maroc) savaient pertinemment ou ont méconnu les périodes d’enregistrement fixés par eux-mêmes 12 mois avant l’ouverture de la saison sportive (la FBF participe au programme TMS depuis mars 2009). Les préposés fédéraux n’ont pas non plus tenu à jour les informations relatives à la saison sportive et aux enregistrements.

Pire, ils n’ont pas satisfaits aux obligations de modifications des dates d’enregistrement pour les rendre conformes à la réglementation interne comme stipulé à l’article 5-2. al 1 de l’annexe 3 RSTJ. Par ailleurs, même si abstraction était faite de l’article en question, il ne pouvait être appliqué à l’EFO l’article 8-1 al. 2 relative à la date limite d’enregistrement fixée au dernier jour de la date d’enregistrement communiquée par la FBF.

Au vu de ce qui précède, les partisans de l’application des textes affirment que l’EFO ne peut être tenu pour responsable des turpides de la FBF. Et comme nul ne peut s’en prévaloir, la FBF doit tirer les conséquences en assumant pleinement ses responsabilités. En tout cas, il est désormais clair que rien ne va du côté de Ouaga 2000 où la FBF se fissure.

Justin Daboné (L’Observateur Paalga)

 

 

 

 

Politique au Burkina : Ablassé Ouédraogo va créer son parti

 

 

« Le Faso autrement », ainsi pourrait s’appeler la formation politique en gestation de Ablassé Ouédraogo. Le processus, en ce moment, se trouve encore au stade de mouvement, de cercle d’amis et de ratissage à la base pour fédérer les énergies afin de se lancer solidement dans l’arène politique. Mais, la formation pourrait intervenir plus rapidement selon les résultats enregistrés sur le terrain. « Dans quelques semaines », a précisé l’ancien ministre des Affaires étrangères.

En tout cas, à la lumière de la conférence de presse animée ce 30 juin à Ouaga par l’ex- directeur général adjoint de l’OMC et ses collaborateurs, la création du parti ne fait plus l’ombre d’aucun doute. « Rien n’arrête une idée arrivée à son heure » pouvait-on lire sur les supports de communication du mouvement naissant.

Mais, pourquoi une formation politique pour cet ancien membre du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), le parti au pouvoir ? A l’entendre, il s’agit pour lui d’apporter davantage sa contribution au développement socioéconomique du Burkina, qui ne doit pas être en marge du progrès, surtout après 50 ans d’indépendance jalonnés selon lui de pauvreté et de médiocrité. Avec lui, il s’agit de changer de pratiques, de faire mieux. En un ou mille mots, il s’agit de faire autrement. D’où la dénomination « Le Faso autrement ». Aussi la démarche de la création de son parti se veut-elle différente des autres, en ce sens qu’elle part de la base.

Pour ce faire, il entend associer toutes les potentialités du pays notamment humaines, en allant à l’écoute de tout le monde pour recenser les préoccupations des uns et des autres et recueillir leurs propositions. Du recueil des préoccupations et des solutions préconisées, Ablassé Ouédraogo dégagera sa vision du développement pour le Burkina qui sera assortie d’une feuille de route claire. Le développement que M. Ouédraogo entend promouvoir se veut participatif, partagé et ancré dans les valeurs qui caractérisaient le Burkinabè : bonne éducation, intégrité.

L’envoyé spécial de Jean Ping pour Madagascar a particulièrement insisté sur la nécessité d’améliorer le système éducatif national, en mettant notamment l’accès sur les formations techniques qui permettent d’offrir plus de possibilités d’emploi et de productivité à la jeunesse, en proie aujourd’hui au crucial problème de chômage. Il a relevé à ce propos la pertinence du thème du 17e sommet des chefs d’Etat de l’Union africaine actuellement en cours à Malabo en Guinée équatoriale : « Responsabiliser la jeunesse pour un développement durable ».

Ablassé a en outre abordé d’autres tares et manquements de la société burkinabè d’aujourd’hui, à savoir entre autres, l’impunité au niveau de la justice, la corruption dans l’attribution des marchés publics.

Dr Ouédraogo s’est par ailleurs prononcé sur des questions d’actualité telles la révision de l’article 37 de la Constitution, le Conseil Consultatif sur les réformes politiques. Il dit ne pas être pour la révision de l’article 37 relative à la limitation des mandats présidentiels, arguant que le Burkina ne pouvait se mettre en marge de ce qui se passe autour de lui, c’est-à-dire l’alternance à la tête des Etats. L’ancien haut fonctionnaire des Nations Unies ne se sent pas non plus concerné par le CCRP. Il projette par contre organiser dans les semaines à venir un dialogue national auquel toutes les composantes du pays pourraient participer et faire part de leurs préoccupations et propositions. Dans cette perspective, des villes comme Ouagadougou ont déjà été sillonnée et d’autres le seront très prochainement, à en croire les conférenciers.

Mais, pourquoi l’Administrateur général de ZOODO International ne s’est-il pas mis ensemble avec d’autres démissionnaires du CDP, à l’image de Zéphirin Diabré de l’Union pour le Progrès et le Changement, pour constituer un mouvement plus fort ? Ablassé Ouédraogo n’exclut pas cette possibilité mais chaque chose en son temps. Comme quoi, « Rien n’arrête une idée arrivée à son heure ».

Grégoire B. BAZIE & Ph. Bonaventure PARE (Lefaso.net)

 

 

 

 

BEPC 2011 : « Le niveau scolaire des élèves est déplorable… »

 

 

Les résultats du premier tour de la session 2011 du Brevet d’études du premier cycle (BEPC) ont été proclamés ce jeudi 30 juin 2011 dans les jurys des différents centres d’examens de la ville de Ouagadougou. Des résultats sanctionnés par un fort taux d’échec alors que, de l’avis général, les épreuves étaient plutôt abordables…

C’est aux environs de 13 heures que les résultats du BEPC ont été proclamés dans le jury N°6 du lycée Philippe Zinda Kaboré de Ouagadougou, l’un des plus grands centres d’examen de la capitale. Dans la cour de l’établissement, ainsi que c’est le cas en pareille circonstance, les admis jubilaient tandis que la tristesse et la déception se lisaient sur le visage des candidats malheureux.

La plupart d’entre ces derniers, la mine renfrognée, attendait de retirer le relevé de notes afin de comprendre « ce qui n’a pas marché ». Des jeunes filles rencontrées sur place n’ont pas caché leur désarroi : « Nous sommes très surprises de notre échec, d’autant plus que les épreuves étaient abordables. Le plus dur, c’est comment l’annoncer à nos parents… », ont-elles confié. Il y a aussi le lot des admissibles, qui gardent toujours un espoir de réussite.

Beaucoup d’élèves attribuent le niveau d’échec très élevé à la mauvaise correction des copies d’examen. Mais pour Pierre Claver Bambara, président du jury N°6, c’est surtout le niveau des élèves qui est de plus en plus faible. En effet, dans ce jury par exemple, sur 349 candidats dont 14 absents, seulement 86 ont été admis au premier tour, 136 sont admissibles et reviendront composer au second tour, tandis que 113 ont échoué dès le premier tour ; ce qui correspond à un taux de 25,70% de succès.

D’ailleurs, explique M. Bambara, la technique de correction des épreuves du BEPC a été revue pour accorder plus de chance aux élèves. « Ce que les élèves ignorent, c’est que les nouvelles techniques de corrections sont à leur avantage », affirme t-il, avant d’ajouter : « Des efforts devront être faits tant du côté des enseignants que des parents pour mieux encadrer les enfants et relever leur niveau scolaire qui est vraiment déplorable. »

 

 

Nina Yougbaré (Stagiaire Fasozine)

 



07/07/2011
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