Conscience Nègre

Conscience Nègre

REVUE_PRESSE_08Juillet2011

Dialogue politique Burkina/Union européenne : "Il faut réformer l’armée"

 

Le 5 juillet 2011, au ministère des Affaires extérieures et de la Coopération régionale, une délégation du gouvernement du Burkina Faso et une autre de l’Union européenne se sont réunies dans le cadre formel du dialogue politique gouvernement/Union européenne. Actualité oblige, les deux parties ont échangé sur la récente crise qu’a connue notre pays, notamment sur les causes et les réformes envisagées pour la juguler.

Elle est devenue maintenant une tradition, cette session du dialogue politique entre le gouvernement du Burkina Faso et l’Union européenne. Cette année, elle est à sa cinquième édition et revêt un caractère particulier du fait que notre pays connaît, depuis le mois de février dernier, une crise. Ensemble, les deux partenaires ont examiné les causes de ces troubles et surtout les solutions envisagées pour en venir à bout.

La partie européenne, tout en réitérant sa volonté de soutenir le gouvernement et les acteurs de la société civile, a aussi condamné le comportement violent de certains militaires. Lesquels ont, à plusieurs reprises et dans plusieurs villes du pays, manifesté avec des armes, pillé des commerces et des résidences, traumatisé les populations et mis en danger la vie de civils.

C’est pourquoi les participants ont reconnu nécessaire la réforme du secteur de la défense et de la sécurité, notamment à travers l’amélioration de la formation et de l’organisation des Forces de défense et de sécurité. Devant ce malaise social, les autorités du Burkina ont mis en place le Conseil de concertation sur les réformes politiques (CCRP) pour juguler la crise. Que pense l’Union européenne de cette structure ?

Selon Théo Hoorntje, l’Union européenne qu’il représentait à cette rencontre souhaite que les différentes réformes annoncées soient effectivement mises en œuvre et conduites de façon à répondre aux préoccupations profondes exprimées par les différents groupes sociaux. Les deux parties ont d’ailleurs reconnu que ces réformes devraient viser notamment l’efficacité et l’indépendance de la justice, l’amélioration de la sécurité, le renforcement de la lutte contre l’impunité et la corruption, y compris la suite concrète à donner aux recommandations des organes de contrôle comme la Cour des comptes, l’Autorité supérieure de contrôle d’Etat.

Dans la perspective du renforcement de la coopération, les deux parties ont souligné la nécessité d’inscrire les appuis apportés par l’Union européenne dans les priorités de la Stratégie de croissance accélérée et du développement durable (SCADD), tout en insistant sur le besoin d’une transparence et d’une cohérence accrues de toutes les mesures ayant des incidences budgétaires. Les élections municipales et législatives couplées au Burkina se dérouleront dans un an.

Les participants ont recommandé une bonne préparation de ces consultations avec comme objectifs principaux le relèvement du niveau de participation des citoyens et le déroulement du scrutin selon les normes, tout en souhaitant une mise en œuvre rapide de la nouvelle CENI et la fiabilité des procédures administratives, du fichier électoral et des cartes d’électeur, y compris la mise à la disposition de tous les citoyens de la nouvelle carte nationale d’identité.

A la fin de la rencontre, les deux délégations se sont séparées avec le sentiment d’avoir accompli une mission qui renforce leur coopération.

 

Nankoita Dofini (Le Pays)

CCRP : L’armée et la magistrature au menu des discussions

 L’ordre du jour du Conseil consultatif sur les réformes politiques (CCRP) de ce mercredi a porté sur l’armée et la magistrature. Deux institutions qui ont plus ou moins défrayé la chronique pendant la récente période d’instabilité que vient de vivre le Burkina Faso. Evidemment, les communications relatives à ces deux problématiques ont suscité beaucoup d’intérêt de la part des conseillers.

Sur la seule communication concernant l’indépendance de la magistrature, ils étaient au total 24 conseillers à réagir, soit par des commentaires, soit par des questions. Les magistrats peuvent –ils être indépendants au Burkina ?, est-il normal que des militaires fassent, comme cela s’est passé à Ouaga et à Fada, libérer leurs collègues condamnés ?, pourquoi le traitement des dossiers à la justice traîne autant et que faut-il faire pour remédier à cela ?, quelles réformes peuvent-elles être envisagées pour garantir plus d’indépendance à la magistrature ?

L’ancien président de la Cour de Cassation

Ce sont entre autres les préoccupations adressées à l’auteur de la communication, Cheick Dimkinsido Ouédraogo, ancien premier président de la Cour de Cassation admis à la retraite en janvier dernier. Sur la première question, l’avis du juge de grade exceptionnel est que les juges, notamment ceux du siège, peuvent l’être à partir du moment où ils disposent d’instruments juridiques favorables à cela. « C’est le juge qui fait son indépendance », a-t-il lâché.

Pour ce qui des militaires qui obligent à la libération de leurs camarades emprisonnés, le communicateur pense que ce n’est pas normal. Pour revenir aux cas spécifiques de Ouaga et de Fada, il a dit que c’était finalement après recours que les militaires incarcérés ont été élargis. S’agissant des dossiers qui durent en justice, M. Ouédraogo a dit que c’était d’abord dans l’intérêt des parties pour permettre à celles qui le désirent d’explorer toutes les voies de recours. « Une bonne justice ne doit pas être expéditive », a-t-il indiqué.

Un CSM comme au Rwanda ?

Toutefois, pour lutter contre les retards excessifs, il estime qu’un délai peut être donné au juge pour rédiger sa décision car il arrive souvent qu’un jugement non rédigé contribue à ralentir la machine judiciaire, en particulier à l’étape suivante quand une partie désire se pourvoir en appel. Mais, encore faut-il que le juge ait de quoi rendre disponible sa décision, au vu, parfois du manque de matériel bureautique dans les tribunaux.

Pour garantir plus d’indépendance à la magistrature, l’ancien président de la Cour de Cassation n’exclut pas que soit envisagé, à l’image de ce qui se passe au Rwanda, un système où les postes de président et de vice-président du Conseil supérieur de la magistrature (CSM) ne sont pas occupés par le Président du Faso et le ministre de la Justice, tous deux membres de l’exécutif.

En résumé, l’avis du communicateur Ouédraogo est que le Burkina Faso dispose d’un cadre juridique propice à l’indépendance des magistrats, avec cependant une possibilité d’amélioration de la composition de l’instance dirigeante, le CSM.

L’armée et la démocratie au Faso

Avant M. Ouédraogo, c’est le colonel Moussa Cissé, porte-parole de l’armée pendant la récente crise socio-politique, qui s’est entretenu avec les membres du CCRP sur le thème : « Armée républicaine et démocratie ». Dans sa communication, le colonel Cissé a rappelé la mission de défense des frontières nationales de l’armée et celle subsidiaire dans la lutte contre la grande criminalité à l’intérieur.

Il s’est en outre attardé sur le rôle de la grande muette dans le renforcement de la démocratie et de la stabilité politique, faisant allusion à la crise de 1978 où l’action des Forces armées nationales (FAN) a été déterminante dans le retour au calme lorsque des militaires campaient devant la Présidence de la République.

Evidemment, il a évoqué la récente mutinerie de Bobo qui a été contenue, toute chose qui a permis au pays de retrouver la paix. La grande muette insubordonnée au politique Toutefois, tirant toutes les leçons de ce qui vient de se passer, le communicateur a fait un certain nombre de constats. Il a noté l’indiscipline au sein des FAN avec une rupture entre les chefs et les subordonnés, une sorte des pertes de valeurs et traditions militaires. Le colonel Cissé a par ailleurs relevé le fait que l’armée a failli au principe de subordination au politique.

Les discussions des conseillers ont tourné entre autre autres autour de la responsabilité des uns et des autres dans la situation, sur ce qu’il faudrait faire pour que notre armée redevienne plus républicaine. Au sujet des actions à engager, la formation et le traitement des soldats ont été abordés. Mais il n’est pas raisonnable selon le communicateur de stopper les recrutements car l’armée a toujours besoin du sang neuf sur le terrain. Pour ce qui des responsabilités, beaucoup pensent qu’elles sont partagées.

« Les hommes politiques ont leur part de responsabilité. Avec ce qui s’est passé, des gens voulu justifier la violence. C’est là une erreur politique qu’ils devraient éviter de commettre. Il faut faire la part des choses entre ce qui est légalement permis et ce qui ne l’est pas. Nous devons tous défendre le socle commun, à savoir l’Etat de droit et la démocratie », a martelé un baron de la majorité.

 

Grégoire B. BAZIE (Lefaso.net)


 

Leçon de vie


Il s'appelait Fleming, c'était un pauvre fermier écossais.
Un jour, alors qu'il tentait de gagner la vie de sa famille, il
entendit un appel au secours provenant d'un marécage proche.
Il laissa tomber ses outils, y courut et y trouva un jeune garçon enfoncé jusqu'à la taille dans ce marécage, apeuré, criant et cherchant à se libérer.

Le fermier sauva le jeune homme de ce qui aurait pu être une mort lente et cruelle.
Le lendemain, un attelage élégant se présenta à la ferme.
Un noble, élégamment vêtu, en sortit et se présenta comme étant le père du garçon que le fermier avait aidé.
- Je veux vous récompenser, dit le noble. Vous avez sauvé la vie de
mon fils!
- Je ne peux accepter de paiement pour ce que j'ai fait répondit le
fermier écossais.
Au même moment, le fils du fermier vint à la porte de la cabane.
- C'est votre fils? demanda le noble.
- Oui, répondit fièrement le fermier.
- Alors, je vous propose un marché. Permettez-moi d'offrir à votre fils la même éducation qu'à mon fils. Si le fils ressemble au père, je suis sûr qu'il sera un homme duquel tous deux seront fiers. Et le fermier accepta.
Le fils du fermier Fleming suivit les cours des meilleures écoles et à La grande finale, il fut diplômé de l'Ecole de Médecine de l'Hôpital Sainte-Marie de Londres. Porteur d'une grande aspiration, il continua jusqu'à être connu du monde entier.
Le fameux Dr Alexander Fleming avait en effet découvert la pénicilline.

Des années plus tard, le fils du même noble qui avait été sauvé du marécage était atteint d'une pneumonie.
Qui lui sauva la vie, cette fois ?... La pénicilline.
Comment s'appelait le noble ? Sir Randolph Churchill et son fils, Sir
Winston Churchill.
Quelqu'un a dit un jour :
Tout ce qui s'en va revient...
Travaille comme si tu n'avais pas besoin d'argent.
Aime comme si tu n'avais jamais été blessé.
Danse comme si personne ne te regardait.
Chante comme si personne ne t'écoutait.
Vis comme si le Ciel était sur la Terre.

 

 

Affaire DSK : Nafissatou et le fardeau de l'homme blanc

 

Aminata Traoré, militante alter­mondialiste et ancienne ministre malienne de la Culture et du Tourisme, réagit sur l'affaire DSK, exprimant son soutien à la jeune Guinéenne, Nafissatou Diallo, présumée victime d'agression sexuelle.

 Il me faut commencer par exprimer ma solidarité à l’endroit de cette jeune Guinéenne, Nafissatou Diallo, dont la vie tourne aujourd’hui au cauchemar. Le fait de fouiller dans son passé pour vérifier sa moralité me choque autant que l’agression sexuelle qu’elle dénonce. Souvenons-nous aussi que disposer librement des femmes fait partie des avantages que nos dirigeants, politiques ou économiques, croient pouvoir tirer de leur statut. À l’inverse, un homme qui se sent en position d’infériorité hésite souvent à courtiser certaines femmes. Cette inhibition saute avec le pouvoir et l’argent.

Cette affaire des temps présents renvoie à des symboles forts de l’histoire de l’Afrique. Une histoire faite de violence. L’homme blanc qui est en situation ici n’est pas n’importe lequel. Dominique Strauss-Kahn (DSK) était le directeur général de la plus puissante institution financière dans le monde, le Fonds monétaire international (FMI). Bien avant d’opérer dans les pays européens actuellement en crise, le FMI a sévi – et continue de sévir – sur le continent avec des conséquences particulièrement graves pour les femmes.

Dans mes différents essais, tout comme Abderrahmane Sissako dans son film Bamako (auquel j’ai participé), j’évoque cet ordre des riches dont le FMI est une cheville ouvrière. Il constitue avec la Banque mondiale un couple arrogant de donneurs de leçons en matière de gouvernance économique et démocratique, ainsi que de lutte contre les violences faites aux femmes. Mais leurs dirigeants ont été pris plus d’une fois la main dans le sac. Je pense aussi aux autres affaires moins médiatisées, comme celle concernant Paul Wolfowitz, l’ancien président de la Banque mondiale accusé d’avoir favorisé l’avancement de sa compagne et contraint à la démission. Pour toutes ces raisons, les peuples endettés et assujettis sont, à leur tour, en droit de donner des leçons de « gouvernance de soi » aux puissants de ce monde dérégulé et déréglé.

 Il en est de ce dossier comme des autres questions brûlantes de l’heure, dont la démocratie. L’état de délabrement de notre planète disqualifie les nations et les institutions qui ont pris la direction du monde. Elles se sont trompées de projet de société et de mondialisation. L’Afrique ne doit plus être à leur écoute ni à leur remorque. Malheureusement, le silence actuel de la classe politique africaine face à cette chronique new-yorkaise n’a, à mon avis, rien d’étonnant. Nos dirigeants sont, dans l’ensemble, de bons élèves qui assistent à la chute ver­tigineuse de l’un de leurs maîtres à penser. Ils doivent, on l’imagine, se sentir plus proches de DSK que de Nafissatou Diallo et juger démesurées les conséquences de cette affaire, même s’ils ne l’approuvent pas. Les scandales planétaires auxquels nous assistons font tomber bien des masques. L’ordre actuel du monde est eurocentriste, masculin et violent, mais il va falloir que chacun balaie devant sa porte. Bien des dirigeants, dans les ­démocraties dites « avancées », sont des polygames voilés.

Pour autant, dans ma carrière, j’ai aussi souvent été confrontée à un féminisme occidental radical et intolérant. S’agissant des relations hommes-femmes, je ne m’inscris pas dans le registre de la « guerre des sexes », qui, à mon avis, est une bataille de trop. Et j’ai eu – et j’ai toujours – le sentiment qu’au nom de notre libération d’autres femmes s’octroient le droit de penser à notre place et de parler en notre nom. Quant aux oligarques d’ici et d’ailleurs, ils ont décrété à l’insu des Africaines qu’une croissance économique forte est bonne pour elles et qu’elles en sont l’un des leviers. Nous attendons, mais en vain, de voir dans nos marmites la moindre trace de cette croissance économique que le discours dominant salue.

Il appartient donc aux femmes, qui demeurent sous-représentées en politique, de forcer le respect des dirigeants en les mettant face à leurs responsabilités dans un monde injuste et dangereux. Pour en finir avec le machisme et le sexisme universellement partagés.

Source : Jeune Afrique

 

Robert Bourgi confirme : « Karim Wade m’a bel et bien appelé pour une intervention de la France »

 

L’avocat et conseiller spécial Afrique de Nicolas Sarkozy, Robert Bourgi soutient que Karim Wade l’a bel et bien appelé la nuit du 27 juin vers 3heures du matin robert pour demander de l’aide comme l’a soutenu le journal Français l’Express. Interrogé sur la Rfm, il dément également avoir parlé du Ticket présidentiel avec l’ancien premier ministre du Sénégal, Idrissa Seck, qui est son ami.

  Source : Seneweb radio

 

Noir = mercenaire

C'est un sujet qui n’intéresse personne, ou presque. Ni les chefs d’État africains réunis en sommet à Malabo, ni les médias – ou si peu –, ni Abdoulaye Wade en visite à Benghazi, ni MM.Sarkozy et Juppé, ni Bernard-Henri Lévy, ni Kaddafi dans son bunker. Pas opportun, pas d’audimat, politiquement incorrect.

Des scories de la petite Histoire sans impact aucun sur la grande, des anonymes aux semelles de vent à peine bons à remplir de leurs témoignages tragiquement répétitifs les rapports des ONG.

L’une d’entre elles, la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH), de notre amie Souhayr Belhassen, vient pourtant de publier une enquête fouillée et accablante, malheureusement passée inaperçue, sur ces damnés de la terre que sont les immigrés d’Afrique subsaharienne, victimes collatérales, dont nul n’a cure, de la guerre en Libye. Et elle n’y va pas par quatre chemins : les exactions à caractère raciste – assassinats, viols, lynchages, pillages – commises à l’encontre des Tchadiens, Nigériens, Soudanais, Nigérians dans la zone libérée par les rebelles du Conseil national de transition (CNT) sont à ce point «massives et systématiques » qu’elles peuvent être qualifiées de « crimes de guerre relevant de la Cour pénale internationale (CPI) ».

En cause: l’assimilation mortelle Noir = mercenaire de Kaddafi, mais aussi, en filigrane, le rejet viscéral du tropisme africain du « Guide » honni, perçu comme la source de tous les maux, du sida à la drogue en passant par la folie des grandeurs et le gaspillage des pétrodinars.

« De Tobrouk à Benghazi, les gens nous regardent comme des chiens », confie un ouvrier agricole. C’est que le mal est à la fois profond et ancien. Le dictateur traqué ayant toujours considéré cette main-d’oeuvre servile et privée de droits comme une soupape de sûreté, les Libyens étant en quelque sorte « autorisés » à déclencher des pogroms ponctuels, histoire de trouver un exutoire à leurs frustrations.

Boucs émissaires hier, boucs émissaires aujourd’hui. En cinq mois d’exercice du pouvoir, les insurgés du CNT n’ont toujours pas ouvert la moindre enquête officielle sur ces violations, ni même prononcé une seule déclaration appelant leur peuple à cesser de voir en chaque immigré à peau sombre un mourtazaka (« mercenaire ») en puissance.

Pour des dirigeants censés incarner la « nouvelle Libye », c’est inquiétant. Le procureur de la CPI, Luis Moreno-Ocampo, qui, après avoir inculpé à juste titre Mouammar Kaddafi, vient d’appeler ses proches à le livrer, faute de quoi ils pourraient être eux aussi poursuivis (trahison contre impunité : le deal est aussi immoral qu’efficace), jure qu’il se penchera le temps venu sur ce douloureux dossier.

On espère seulement que cette promesse-là ne fera pas pschitt, comme l’histoire du même Moreno-Ocampo et de l’ambassadrice américaine à l’ONU, Susan Rice, sur les pseudo-conteneurs de Viagra destinés à servir d’armes de pénétration massive aux soldats de Kaddafi, ou celle de Kaddafi menaçant de produire les preuves du financement de la campagne de Sarkozy en 2007. Que voulez-vous, depuis la magistrale intox des bébés koweïtiens étouffés dans leurs couveuses par les hordes de Saddam Hussein, on se méfie un peu des effets d’annonce...

 

François SOUDAN

Source : Jeune Afrique

 

L’Afrique, la science et la technologie: un enjeu géopolitique

 

  Les fondements de la construction de l’Afrique sont l’œuvre des africains convaincus et qui ont choisi de confondre leur projet de développement individuel avec celui du Continent. Loin de moi l’idée de minimiser l’apport de la diaspora, elle a joué un rôle de premier plan dans l’éveil des consciences et occupera une place centrale dans les transferts de technologies, le rayonnement intellectuel du Continent et la réorientation d’une partie significative des flux financiers vers l’Afrique. Cependant, une évidence s’impose : le champ de construction de l’Afrique, c’est la Terre Africaine !

Lorsque monsieur René Maheu, premier directeur de l’UNESCO affirme fort justement que le développement, c’est la science devenue culture », nous ne pouvons que constater l’énorme retard accusé pendant ces presque cinquante années d’indépendance par l’Afrique. Il nous faut dès lors mesurer le saut gigantesque qui reste à accomplir. Les historiens et les archéologues nous enseignent que l’Afrique est à la base de l’histoire moderne grâce à l’invention de la Science et de la Technique en Egypte pharaonique. C’est d’ailleurs ce qui fait dire au professeur Cheikh Anta Diop dans son ouvrage, Civilisation et barbarie, que « c’est en toute liberté que les Africains doivent puiser dans l’héritage intellectuel commun de l’humanité en ne se laissant guider que par les notions d’utilité, d’efficience », cet héritage étant aussi l’œuvre de leurs ancêtres.

Le niveau de développement atteint par l’Asie du sud-est devrait nous pousser à investir dans la science et la technologie. Car ces pays dont le PNB était pour la plupart inférieur à celui du Sénégal dans les années soixante, concurrencent aujourd’hui avec succès la France, la Belgique, et même les USA dans la production de biens de très haute technologie. Et ils supplantent de plus en plus l’Afrique dans la production de produits agricoles fortement consommés dans le nord, comme le café et le cacao. Ils récoltent depuis quelques années les fruits de leur politique à long terme axée sur l’éducation et la formation, et privilégiant la science et la technologie.

La détérioration des termes de l’échange hérités de la division coloniale du travail –la matière première aux pays en développement, et la transformation aux pays développés– serait minime face au déséquilibre créé par des biens incorporant de grandes quantités de produits du savoir aux matières premières africaines. La science et la technologie représentent la seule voie d’évitement de la perpétuation de la faiblesse de l’Afrique dans le commerce international.

Nous devons prendre en considération l’évolution de l’Occident sur certaines questions sensibles comme l’esclavage, le travail des enfants, et les questions environnementales. Si les idées nouvelles concernant les droits attachés à l’homme, à la femme, à l’enfant et à l’environnement sont autant d’avancées dans la prise de conscience des méfaits que le développement de l’Occident a causés à l’humanité, elles ont cependant été promulguées parce que l’Occident a accompli le saut technologique lui permettant de ranger ses vieilles méthodes parmi les curiosités de l’histoire.

En ce vingt unième siècle de l’économie et de la société du savoir, la jeunesse de notre population est un atout majeur face à la dénatalité et au vieillissement des populations du nord. Comme Monsieur Abdoulaye Wade l’affirme dans son livre, Un destin pour l’Afrique, « nous devons, par l’éducation et la formation, préparer les jeunes pour recevoir et faire avancer la science, qui, au terme de sa migration historique, atterrira en Afrique, le dernier continent qui reste à développer ».

L’endogènéisation de la science et de la technologie modernes constitue le socle incontournable d’une Afrique ambitieuse et maîtresse de son destin. Si elle a su imposer sa reconnaissance internationale par les arts et l’archéologie, c’est par la science et la technologie qu’elle obtiendra une place digne, forte et méritée dans le concert des nations.

Formons grâce à la science une nation pensante, humaine, et ambitieuse. C’est aussi la condition de l’affirmation, dans un monde inégalitaire où racisme et xénophobie perdurent, de notre part dans l’un des phares de la connaissance humaine.

L’Afrique manque cruellement de la connaissance scientifique et de la pratique technologique comme éléments moteurs dans le fonctionnement et l’évolution de ses sociétés.

Au moment de la proclamation des indépendances, le personnel politique, administratif, et même l’essentiel des enseignants n’étaient pas des scientifiques. Il était donc difficile de compter sur une administration constituée exclusivement de non scientifiques pour développer une stratégie systématique en faveur des sciences et de la technologie. Différents penseurs africains qui se sont exprimés sur le rôle de la science en Afrique et dans le monde en restent à une démarche purement scolaire et moralisatrice, prenant à leur compte la pensée de Rabelais : « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme. C’est le cas du célèbre historien Joseph Kizerbo dans son ouvrage : A quand l’Afrique ? Quelqu’un comme Cheikh Hamidou Kane se résout, dans L’Aventure ambiguë, à enseigner qu’ « il faut apprendre à vaincre sans avoir raison ». Même s’il reconnaît que « lorsque la main est faible, l’esprit court de grand risques, car c’est elle qui le défend », il n’en soutient pas moins que « Qui veut vivre, qui veut demeurer soi-même, doit se compromettre ». La science et la technologie sont ainsi considérées comme exogènes et ne pouvant que dénaturer et déstructurer nos sociétés.

Aujourd’hui, nombre de pays et d’entreprises du nord sont prêts à nous livrer empaquetés et prêt-à-porter certains de leurs produits du savoir. Il ne saurait être question ici de chercher à réinventer la roue ; il est cependant certain qu’accepter telles quelles ces ” boîtes noires ” de la pensée reviendrait à inhiber et à stériliser notre propre intelligence créatrice. La prise en compte de la question de la science et de la technologie dans sa totalité est une des clefs de l’émancipation de l’Afrique et surtout de son émergence géopolitique.

Le développement d’une communauté scientifique significative allant des maîtres d’écoles élémentaires, en passant par les professeurs de lycée, les techniciens, les ingénieurs, les médecins, jusqu’aux enseignants-chercheurs des universités est incontournable pour créer au sein de nos sociétés un état d’esprit favorable à la diffusion des idées scientifiques, à l’utilisation des technologies, à l’ouverture et à la confiance envers les hommes de sciences en Afrique. C’est aussi la condition nécessaire pour constituer cette masse critique de techniciens et d’ingénieurs sans lesquels il n’y aura pas de développement, seule voie pour assurer l’intégration harmonieuse et active de nos pays et de nos peuples dans l’évolution du monde moderne.

Après le mépris et le paternalisme des colonisateurs, la dynamique endogène de développement scientifique risque de se rompre si nos Etats continuent à traiter ce secteur hors des règles universelles de rationalité, de compétence, de vision et de résultat. La science se fait en apprenant à la faire, c’est à dire avec des erreurs, des approximations, et un peu de mimétisme. Ce n’est pas parce qu’il existe un logiciel performant sur le marché qu’il ne faudra pas essayer d’en concevoir un ! Ce n’est pas parce qu’il y a une équipe ou une entreprise mondialement reconnue sur telle ou telle question scientifique, qu’il faille, par souci de perfection ou sous l’injonction des bailleurs, lui confier les projets scientifiques au détriment des africains inexpérimentés, car c’est ce qui les empêche de se faire la main et d’acquérir le savoir-faire indispensable à la maîtrise de questions cruciales pour notre destin !

Le développement de la science et de la technologie rencontre d’énormes difficultés dans les pays africains. L’Afrique au Sud du Sahara représente à peine 1% de la production scientifique mondiale, et l’Afrique du Sud compte pour les deux tiers de cette production. La qualité intrinsèque de nos ressources humaines dans le secteur de la recherche n’est pas en cause. Malgré la faiblesse de leur nombre, l’insuffisance des ressources mises à leur disposition, et la déficience de l’environnement de travail, les chercheurs restés au pays obtiennent des résultats de niveau international et sont publiés dans des revues de renom. Certains parmi eux reçoivent des prix et des nominations dans des sociétés savantes réputées. L’Afrique doit se défaire de tout complexe pour s’abreuver à la source vivifiante de la science et de la technologie, entre pangols et djinns, pour domestiquer la créativité dont elles sont porteuses.

Dès lors que les modèles de développement autarciques ont échoué, que c’est dans l’interdépendance que réside notre salut, ne pas accorder à la science et à la technologie la même place que dans les pays du nord, revient à handicaper toute évolution de nos pays, et à accepter la marginalisation définitive de l’Afrique.

Aussi l’Afrique doit-elle réussir le défi de l’éducation, de la formation et de la jeunesse en ce vingt unième siècle. Il est essentiel pour nos pays de trouver les voies et moyens afin de bâtir une école adaptée, pour tous et tout au long de la vie. L’école doit devenir le catalyseur de toutes les énergies pour les orienter vers la construction d’une Afrique ambitieuse, conquérante, par dessus tout généreuse et fière de participer à la compétition entre les peuples et les nations. Dans une telle perspective, l’enseignement des mathématiques, des sciences et des techniques occupe une place centrale. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’aux Etats Unis d’Amérique, la parution en septembre 2000 du rapport du célèbre astronaute John Glenn sur les mathématiques et les sciences dans l’enseignement, intitulé « Before it’s too late » ( « Avant qu’il ne soit trop tard » ) a suscité un débat national sur lequel chacun des candidats à la Présidence de la République avait dû se prononcer. En revanche, la chute vertigineuse en Afrique des filières scientifiques et techniques dans l’enseignement secondaire laisse presque indifférents les décideurs publics et privés, les politiques et la société civile.

Les images des enfants-soldats du Libéria, de la Sierra Leone, du Ruanda et du Zaïre, les reportages montrant des milliers d’enfants mourant de faim en Ethiopie et au Soudan, ces enfants de plus en plus nombreux à s’agglutiner dans les carrefours des villes à la recherche de la charité, ces mères si nombreuses à mourir en couches, ces jeunes qui assiègent les frontières des pays développés et en particulier ceux de l’Union Européenne, concourent à considérer la jeunesse de la population africaine et le taux de croissance élevé de sa population comme un handicap majeur. Les pays africains sont sous pression, sommés de toutes parts de maîtriser et d’inverser la courbe de leur population. Cependant, lorsqu’on y regarde de plus près, la jeunesse de la population africaine est un atout indéniable pour le développement du Continent. La jeunesse africaine, instruite, technicienne, assumera son destin en Afrique afin que le Continent conquière respect, dignité, fierté et développement.

C’est dans sa langue maternelle que l’on apprend le mieux les matières scientifiques. Il importe donc de développer l’enseignement des différentes disciplines dans nos langues nationales. Cependant un écueil de taille reste à franchir : les transpositions de raisonnement dans les langues vernaculaires risquent d’être préjudiciables au développement de la science. Si la science est universelle, chaque peuple l’assimile avec son génie propre. La numération dans les langues nationales en est un exemple éloquent.

Notre monde est régi par la compétition. Malheureusement, nous ne sommes pas encore suffisamment forts pour participer à la détermination de ses règles. Il est cependant réconfortant de constater que ce monde est également ouvert. Bien des pays ont atteint un niveau de développement remarquable en quelques décennies malgré leur état de pauvreté initial grâce à leur effort propre, au travail ardu de leurs citoyens et à la contribution de la communauté internationale.

Le problème de l’Afrique, c’est d’abord que la société africaine est peu encline à mettre en avant la concurrence entre les individus, les groupes, les structures économiques, etc., et se comporte comme si le monde fonctionnait selon les règles la régissant. Notre « masla » et notre « mun » deviennent, face à l’âpreté de la compétition internationale, de véritables freins à l’insertion de l’Afrique dans une dynamique, où la rapidité de décision, l’efficacité et les résultats sont seuls juges.

Les futurs titulaires de diplômes en science et en technologie n’auront que l’embarras du choix en Afrique et à l’étranger. La pression sur cette ressource humaine ira en s’exacerbant, d’autant plus que le vieillissement des populations et la stagnation, voire le recul démographique dans le nord, créeront un vide qui va aspirer les jeunes scientifiques de nos pays pour accélérer le progrès dans des sociétés entrées l’ère de l’économie du savoir. Comme l’anophèle a besoin de sang pour se perpétuer, le Nord aura besoin de cerveaux venus du Sud, formés en science, en technologie, et en mathématiques pour que sa dénatalité ne soit pas la source de son implosion économique, sociale et culturelle. Il nous appartiendra de tirer profit de cette nouvelle opportunité.

Il est difficile de construire quelque chose de grand sans ambition. L’Afrique et les Africains semblent tétanisés à l’idée d’énoncer des projets, de définir des visions ; ils sont même effrayés lorsque quelqu’un s’aventure à projeter des utopies ! Pourtant si derrière ces sortes de chimères s’abritent toutes sortes de tromperies, il est certain que c’est la seule voie pour galvaniser un peuple et le mobiliser pour réussir le défi de son développement. Qu’est-ce qui a poussé J.F. Kennedy à lancer le programme Apollo ? Il fallait bien que la fière Amérique relève le défi du succès des Spoutnik soviétiques !

La pauvreté n’est point une excuse pour manquer d’ambition, elle devrait être, au contraire, l’aiguillon d’une volonté débordante pour lever les obstacles au développement et conquérir des espaces de bien être pour les populations.

Mary Teuw Niane

Professeur de Mathématiques

Source : Fondation Gabriel Péri

 


Dropbox : démarrage rapide

 

Qu’est-ce que Dropbox ?

Dropbox est un logiciel qui relie tous vos ordinateurs par le biais d’un dossier unique. Il s’agit de la manière la plus simple de sauvegarder et de synchroniser des fichiers entre des ordinateurs.

• L’application de bureau Dropbox est un logiciel qui surveille un dossier sur votre ordinateur de bureau et synchronise toutes les modifications apportées sur le Web et sur vos autres ordinateurs.

• Le site web Dropbox vous permet d’accéder à vos fichiers sur n’importe quel ordinateur depuis un navigateur web. Vous pouvez également utiliser le site web Dropbox pour part­ager vos fichiers sou dossiers avec d’autres personnes.

• Le site web Dropbox mobile et les applications Dropbox vous permettent de vous con­necter à votre Dropbox depuis votre appareil de poche. Vous avez ainsi accès à vos fichiers où que vous soyez.

Est-ce fait pour moi ?

Le transfert de données entre des ordinateurs requiert souvent des chargements à l’aide de formulaires web, une connexion à des disques réseau, l’utilisation de clés USB ou l’envoi d’e-mails avec des pièces jointes à vous-même ou à d’autres personnes. Grâce à Dropbox, toutes ces méthodes sont obsolètes. Si vous recherchez un meilleur moyen pour transférer des don­nées sur Internet ou souhaitez simplement améliorer la productivité de votre équipe, Dropbox est fait pour vous.

Ajout de fichiers à votre Dropbox

Vous avez trouvé votre dossier Dropbox et êtes prêt à l’utiliser. Nous allons déplacer un fichier vers votre dossier Dropbox.

Étape 1 Faites glisser un fichier et déposez-le dans votre

Dropbox.

Étape 2 L’icône bleue indique que votre fichier est en cours de synchronisation avec votre Dropbox.

C’est tout ! L’icône verte indique que la synchronisation de votre fichier est terminée et qu’il est maintenant disponible depuis vos autres ordinateurs et le site web. Dropbox surveille maintenant votre fichier :toutes les modifications que vous y apportez sont synchronisées immédiatement.

Que dois-je faire maintenant ?

Il existe trois manières d’interagir avec Dropbox sur votre ordinateur :

Le dossier Dropbox

Lorsque vous installez l’application de bureau Dropbox, celle-ci crée un dossier nommé Dropbox sur votre disque dur. En réalité, si vous lisez ce guide, vous avez probablement déjà trouvé votre dossier Dropbox !

Votre dossier Dropbox se présente comme tout autre dossier sur votre disque dur. Lorsque vous déplacez un fichier vers votre dossier Dropbox, vous déplacez également votre fichier vers vos dossiers Dropbox sur Internet et sur vos autres ordinateurs. Il n’est pas nécessaire de copier ni de charger les fichiers manuellement, Dropbox s’occupe de tout à votre place.

Le cercle vert et la coche indiquent que Dropbox est entièrement synchronisé.

Le cercle bleu et les flèches indiquent que Dropbox est en cours de synchronisation et que les fichiers sont en cours de chargement ou de téléchargement.

Le menu contextuel Dropbox

Un menu s’affiche lors que vous cliquez sur un fichier ou un dossier dans votre Dropbox, à l’aide du bouton droit de la souris (Windows/Linux) ou en maintenant la touche Contrôle enfoncée (Mac). Il s’agit d’un menu contextuel. L’application de bureau Dropbox installe un sous-menu qui permet d’accéder rapidement à certaines des meilleures fonctionnalités de Dropbox.

Voici certaines opérations que vous pouvez effectuer au moyen du menu contextuel Dropbox :

Partager un dossier invite vos amis à accéder à un dossier dans votre Dropbox. Ce dossier et son contenu s’affichent dans leurs dossiers Dropbox, ainsi que dans le vôtre.

Voir les versions précédentes vous permet de voir l’historique des modifications de votre fichier ou de revenir à une version précédente de celui-ci.

Parcourir sur le site Dropbox... vous permet de consulter le fichier sur le site web Dropbox.

Copier le lien public vous permet de partager un fichier avec vos amis par le biais d’une URL ou d’un lien Internet

L’icône Dropbox de la barre de menus/barre d’état système

L’icône Dropbox de la barre de menus ou de la barre d’état système est l’emplacement où vous pouvez vérifier l’état actuel de la synchronisation ou modifier vos paramètres Dropbox.

Les mêmes icônes verte, bleue et rouge qui figurent sur les fichiers et les dossiers dans votre Dropbox s’affichent également sur l’icône de la barre d’état système afin de vous informer de l’état général de la synchronisation de Dropbox.

Pour obtenir plus d’informations, cliquez à l’aide du bouton droit de la souris sur l’icône Drop­box de la barre d’état système ou de la barre de menus située en bas (Windows) ou en haut (Mac/Linux) de l’écran. Le menu déroulant qui s’affiche vous permet, entre autres, d’exécuter les tâches suivantes :

•  accéder à votre dossier Dropbox, au site web Dropbox ou au centre d’assistance Dropbox ;

•  déterminer les fichiers qui ont été modifiés récemment ;

•  consulter la durée estimée de la synchronisation complète de votre dossier Dropbox ;

•  modifier vos préférences Dropbox, notamment l’emplacement du dossier Dropbox, le compte Dropbox et les paramètres réseau

Foire aux questions

Quel est le prix de Dropbox ?

Dropbox est un logiciel gratuit. Si vous avez besoin de davantage d’espace, visitez le site https://www.dropbox.com/plans?cl=fr pour mettre à niveau votre quota de stockage jusqu’à 100 Go.

Quel estl ’espace de ma Dropbox ?

Les comptes gratuits offrent 2 Go de stockage (les fichiers supprimés et les révisions ne comptent pas dans votre quota). Vous pouvez vérifier en permanence votre quota en consultant la page des paramètres du compte à l’adresse https://www.dropbox.com/account?cl=fr. N’oubliez pas également que les fichiers qui se trouvent dans votre dossier Dropbox se trouvent encore sur votre disque dur. Par conséquent, l’espace de votre disque dur doit être au moins égal à celui sur votre compte Dropbox.

Dropbox est lent ! Combien de temps dois-je attendre pour la synchronisation complète de mes fichiers ?

Dropbox télécharge vos fichiers en fonction de la vitesse autorisée par votre réseau, en faisant de son mieux pour ne pas interférer avec vos activités normales. Si vous souhaitez modifier la vitesse à laquelle Dropbox charge ou télécharge des fichiers, vous pouvez le faire en modifiant les préférences de votre application Dropbox. Pour obtenir des instructions étape par étape, consultez l’article du centre d’assistance à l’adresse https://www.dropbox.com/help/26?cl=fr.

Quel est le niveau de sécurité de Dropbox ?

Nous faisons tout notre possible pour garantir la sécurité de Dropbox. Tous les transferts de données et de métadonnées de fichier s’effectuent par SSL. Tous les fichiers sont chiffrés à l’aide de la norme AES-256 avant d’être stockés sur notre terminal. Il s’agit des mêmes normes que celles utilisées par les banques et l’armée pour protéger leurs données.

Puis-je accéder à Dropbox depuis mon appareil mobile ?

Oui ! Il vous suffit d’accéder au site web Dropbox avec votre appareil mobile pour obtenir une version optimisée du site. Si vous possédez un iPhone, un iPad ou un Android, des applications Dropbox natives sont disponibles gratuitement. Pour installer Dropbox sur votre appareil mobile, visitez le site //www.dropbox.com/anywhere?cl=fr.

En savoir plus sur Dropbox

Si les informations que vous recherchez ne sont pas disponibles dans ce document, suivez notre visite guidée à l’adresse•//www.dropbox.com/tour ou consultez le centre d’assistance à l’adresse //www.dropbox.com/help.

 

 

CENI : Moussa Michel Tapsoba débarqué

 

La dernière plénière de la session extraordinaire de l’Assemblée nationale est intervenue le 5 juillet 2011. Elle a été consacrée au projet de loi portant autorisation de renouvellement avant terme du mandat des membres de la CENI. Présidée par l’honorable députée Aline Koala, la plénière a voté à l’unanimité la fin avant terme du mandat des membres de l’institution.

Suite à la démission des commissaires de l’opposition de la CENI, un projet de loi avait été introduit à l’hémicycle afin de résoudre la crise : obliger le président de la CENI, Moussa Michel Tapsoba, à démissionner. Faisant suite à cette requête du gouvernement, l’Assemblée nationale a convoqué une session extraordinaire, la première de l’année 2011. La fin de cette session est intervenue le 5 juillet 2011. Comme pour répondre à un voeu cher à toute la classe politique nationale, la loi a été adoptée.

Les justifications parlementaires

Selon les justifications de l’Assemblée nationale à travers sa Commission des affaires générales, institutionnelles et des droits humains (CAGIDH), la création de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) en 2011, de même que la nature de sa composition, participaient d’un consensus de l’ensemble de la classe politique autour de l’organisation des consultations électorales équitables et crédibles pour tous les acteurs du jeu politique. Et aux termes de l’article 6 du Code électoral, le mandat de la CENI est de (05) cinq ans renouvelable une fois. De ce fait , l’équipe actuelle devait rester jusqu’en septembre 2011. Mais au regard de l’organisation décriée à l’issue de l’élection présidentielle, la classe politique, et l’opposition surtout, a exigé la démission du président de l’institution et partant de celle de ses membres.

Le climat n’a cessé de se dégrader depuis lors et la situation commençait à compromettre les acquis engrangés par la démocratie burkinabè et les élections couplées (municipales et législatives) de 2012. C’est à ce titre, et toujours selon les justifications de l’Assemblée nationale, que le gouvernement a décidé de s’ingérer et de proposer un projet de loi afin de ramener la sérénité au sein de la classe politique et de garantir la crédibilité des futures élections mais surtout de respecter la légalité. La Commission des affaires générales, institutionnelles et des droits humains (CAGIDH) ayant en charge l’étude de ladite loi a, afin d’atteindre son objectif, rencontré et le gouvernement, et les partis politiques tant de l’opposition que du pouvoir mais aussi des organisations de la société civile. Quant aux travaux en plénière, ils ne se sont pas déroulés sans inquiétudes.

A la question de savoir si la loi ne pouvait pas attendre la fin des travaux du CCRP afin de prendre en compte d’éventuelles réformes qui concerneraient le processus électoral, la réponse a été claire : personne ne peut présager des conclusions des travaux du CCRP. Par conséquent, le pays doit toujours fonctionner selon les règles existantes. Pour les députés de l’opposition, à travers le président du groupe parlementaire ADJ, Nestor Bassière, le gouvernement devra dire grandement merci à l’opposition pour avoir motivé la loi puis son vote. Elle réclame donc la paternité de la loi. Mais le député Lassané Savadogo du CDP, quant à lui, a laissé entendre qu’il ne s’agissait pas de paternité mais d’une victoire de toute la classe politique.

Le ministre délégué en charge des Collectivités territoriales, Toussaint Abel Coulibaly, qui a représenté le gouvernement, tout en disant merci à l’opposition, reconnaît qu’ "une seule hirondelle ne saurait faire le printemps". Ceci pour dire que la victoire est commune et partagée. A la question de savoir si cette loi fera l’objet d’un contrôle de constitutionnalité, la CAGIDH répond que cette alternative n’est pas une obligation. En une heure de travaux, la loi mettant fin au mandat en cours des membres de la commission électorale indépendante que dirigeait Moussa Michel Tapsoba a été votée à l’unanimité des 99 députés votants. Pour la suite, le ministre délégué chargé des Collectivités territoriales a laissé entendre que les différentes composantes de la CENI sont invitées à désigner et envoyer leurs délégués pour la future CENI.

Aimé NABALOUM (Le Pays) Collaborateur)

CCRP : Unanimité pour durcir les conditions de reconnaissance des partis politiques

 Le Conseil consultatif sur les réformes politiques (CCRP) a poursuivi ses travaux, ce mardi 5 juillet 2011 à Ouagadougou. Les échanges ont porté sur deux grands points, la structuration des partis politiques et le financement de ces derniers. Il s’agit, entre autres, de la relecture de la charte des partis politiques, la révision du statut de l’opposition et le plafonnage des dépenses pendant les campagnes électorales.

Le premier grand point inscrit à l’ordre du jour des travaux du CCRP de ce 5 juillet 2011 a amené les conseillers à échanger sur cinq sous-points : la relecture de la charte des partis politiques, la révision ou l’abrogation du texte portant création et attributions du statut de l’opposition, la limitation des mandats électifs pour les formations politiques, le couplage ou non des municipales et des législatives et l’interdiction des réunions politiques dans les services publics. Le premier sous-point a fait l’objet d’un consensus général au niveau des conseillers.

En effet, ces derniers on estimé qu’il y avait trop de partis politiques au Burkina Faso. « Leur nombre se situerait entre 150 et 160 », selon les participants. De l’avis de certains, la pléthore de formations politiques n’apporte pas grand-chose à la démocratie burkinabè, « elle fragilise plutôt l’opposition politique en ce sens qu’on se retrouve avec des embryons de partis qui, pour la plupart, ne mènent aucune activité véritable et n’existent que de nom », a dit Issa Martin Bikienga du Centre d’initiatives pour le développement durable. Des propositions de réformes ont été faites par les participants afin de réduire de façon significative leur nombre. Ainsi, de l’avis général, il faut durcir les conditions de reconnaissance des partis politiques en exigeant qu’ils aient un siège permanent au lieu de domicile privé comme pour certains et qu’ils participent à deux élections consécutives.

Des conseillers tels que Dr Pierre Bidima ou Bouba Yaguibou exigent que les partis politiques soient représentés aux 2/3 des provinces et des régions du Burkina Faso et qu’ils participent, selon la même proportion aux législatives « Un parti qui n’est pas représenté sur tout le territoire national ne peut pas rêver d’être au pouvoir », dixit Mathieu Hien. Il propose que leurs noms soient rayés du fichier des partis politiques s’ils ne remplissaient pas ces conditions. Les participants sont pour la création d’un code d’éthique et de déontologie des partis politiques. En plus de ces propositions de réformes, Maxime Kaboré du Parti indépendant du Burkina (PIB) prône que l’Etat crée les conditions afin que les responsables des partis politiques puissent les animer car dit-il, « un parti se crée pour accéder au pouvoir ».

Face à ces propositions, Augustin Loada du Centre pour la gouvernance démocratique (CGD) a émis quelques réserves estimant que la pléthore de partis ne gêne aucunement la démocratie en ce sens que les statistiques des dernières législatives ont prouvé que les électeurs ne dispersent pas leurs voix. « Ils votent plutôt pour au maximum cinq formations politiques », a-t-il souligné. Selon lui, la question est de savoir quel système le Burkina Faso veut adopter ? Un système bipolaire, multipartite ou un système où aucun parti ne domine comme c’est le cas au Bénin.

La relecture du statut de l’opposition pour bientôt

Pour ce qui est de la relecture du texte portant sur le statut de l’opposition, c’est dans leur majorité que les conseillers l’ont approuvée car ce statut qui a été créé pour structurer l’opposition politique, s’est révélé un problème pour celle-ci. En effet, nombre de partis ne se reconnaissent pas dans ce statut, notamment sur l’article 4 qui dit que les partis doivent se déclarer auprès du chef de file de l’opposition. La majorité des participants se sont prononcés sur la non limitation des mandats électifs au niveau des partis politiques car selon eux, il est difficile d’obliger un parti à renouveler ses membres lors d’une élection. Aussi, ce serait s’ingérer dans la vie du parti que d’empêcher le député qu’il a choisi de se représenter.

Du couplage législatif-municipal, bon nombre de conseillers ont approuvé cette initiative car disent-ils, cela réduit les dépenses de l’Etat donc par conséquent permet de faire des économies étant donné que le budget de l’Etat n’est pas extensif. Nonobstant cette unanimité, certains on souhaité qu’à l’avenir, ce soit plutôt les législatives qui soient couplées à la présidentielle. Sur le dernier sous-point de ce premier grand axe, les conseillers ont estimé qu’ils n’étaient pas normal que des réunions politiques se tiennent dans les services publics. Ils ont donc proposé l’interdiction des cellules ou des réunions partisanes au sein des administrations.

« Chaque parti politique doit se donner les moyens de tenir ses assises dans des lieux indiqués à cet effet », a soutenu Moctar tall. La relecture des modalités de financement des partis politiques, le plafonnage des dépenses pendant les campagnes, le renforcement de l’interdiction de l’utilisation des moyens de l’Etat lors des campagnes et l’application des sanctions en cas de violation, ont fait l’objet des échanges sur le deuxième grand point portant financement des partis politiques. Les deux derniers sous-points ont fait l’unanimité au sein des conseillers car ils ont estimé que les véhicules de l’Etat, entre autres, ne doivent pas servir à faire campagne au profit de quelques partis que ce soient. « Les partis politiques qui se feront prendre doivent être sanctionnés à la mesure de leur forfaiture », a exigé Mathieu Hien. Les discussions se sont surtout focalisées sur les deux premiers points.

En effet, le financement des partis politiques n’a pas fait de consensus au sein des participants. Mais nombre de participants se sont prononcés sur son maintien, mais en renforçant ses modalités qui restent à définir. L’élargissement de l’assiette financière des partis dits petits, la surveillance par une structure étatique des fonds alloués aux partis ont été proposés par les participants. En outre, ces derniers ont proposé à ce qu’on plafonne les dépenses des partis politiques à un certain seuil pendant les campagnes électorales dans un souci d’équilibre et d’équité. Enfin, les fonds privés étant difficilement maîtrisables, la mise en place de commissions par l’Etat afin de définir les critères de financements des partis politiques a été proposée.


Souleymane KANAZOE (Sidwaya)

 


Le développement socio-économique du Burkina Faso passe par une façon de « faire autrement ». Ablassé Ouédraogo l’affirme (1/2)

 

On ne s’étonnera pas que dans un pays où le binôme parti-syndicat, dans la grande tradition française, a fondé les actions politiques (quand le binôme « grippait », ce sont les militaires qui prenaient la relève ; parfois même avant que ça ne grippe… !), les « échappés » du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) - le parti au pouvoir - prônent la formation d’un nouveau parti plutôt qu’une OPA sur un groupuscule existant.

Si « l’union fait la force », dit-on, à quoi cela sert-il de conquérir le pouvoir s’il faut le partager ? Ainsi, dans le peloton de ceux qui ont été au pouvoir de longues années, quelques uns veulent s’en échapper dans la perspective d’une victoire en solitaire ; et du même coup le changement de maillot se fait désormais à vue sans que l’on sache si ce strip-tease est fondé sur une démarche sincère ou rien d’autre qu’un « détournement d’attention ». C’est que, dans le peloton, désormais, chacun se veut leader et personne équipier. Façon de voir ; pas certain que ce soit la meilleure pour le Burkina et les Burkinabè.

Dernier échappé du peloton : Ablassé Ouédraogo. Figure politique majeure du Burkina Faso, c’est devenu une « personnalité » de la diplomatie africaine. Plus encore de la diplomatie africaine hors d’Afrique puisqu’il a été en poste à l’OMC. Au lendemain des troubles qui ont marqué la crise de croissance du Burkina Faso, il s’était déclaré « inquiet » osant même le mot de « guerre civile ». « Si tous les Burkinabè comprenaient la nécessité de se mettre ensemble pour trouver une solution définitive à la situation actuelle, tout le monde serait gagnant, déclarait-il, récemment à Ozias Kiemtoré (Sidwaya du mardi 7 juin 2011). Un pays ne se construit ni dans la division ni dans la violence ; il faut que tout le monde accepte de se mettre ensemble, d’avoir un seul et même objectif ». Déclaration responsable de la part d’un homme politique.

Et puis voilà : quelques semaines plus tard, lors d’une conférence de presse (30 juin 2011), Ouédraogo annonce que « rien n’arrête une idée arrivée à son heure ». Cette idée c’est la constitution d’un nouveau parti politique, à « partir de la base », afin de promouvoir « le Faso autrement ». « Autrement », ce n’est pas autre chose que ce que tout le monde dit : une justice qui n’est pas juste, des marchés publics « privés », une jeunesse à bout de nerf… Et, bien sûr, un article 37 de la Constitution dont la révision serait une remise en cause de l’alternance à la tête des Etats. Faut-il fonder un parti pour cela ? Je n’en suis pas convaincu ; mais il est vrai que je ne suis pas candidat à la prochaine présidentielle burkinabè ; et que, par ailleurs, n’étant pas membre - ni même ancien membre - du CDP je n’ai pas vocation à en être un « faux nez ».

Il y a peu de temps, on nous expliquait que l’absence de décision sur ce foutu article 37 visait à ne pas émietter le CDP ; c’est raté. C’est sans doute pourquoi les échappées se multiplient à quelques années de la prochaine échéance présidentielle. Dommage. Car il reste à Blaise Compaoré un quasi mandat à accomplir (la dernière présidentielle ne date que du 21 novembre 2010) et j’aurais aimé que tout le monde donne l’impression de tirer dans le même sens, même si chacun - c’est la règle du jeu démocratique - tire avec ses propres forces, ses propres moyens et avec ses propres motivations. L’objectif commun étant quand même de tirer le Burkina Faso hors de l’ornière.

Né le 30 juin 1953 à Dabaré/Gasai, dans la province d’Oubritenga, en pays mossi, Ablassé Ouédraogo a fait ses études primaires à l’école publique de Boussé (1959-1965), sur la route de Ouagadougou à Yako, au Nord-Ouest de la capitale. Il obtiendra son baccalauréat, série B, en 1973, au lycée Philippe Zinda Kaboré de Ouagadougou. Il poursuivra ses études à l’université nationale du Gabon et y obtiendra, en 1975, son diplôme d’études économiques générales. Il rejoindra alors l’université de Nice : licence en 1976 ; maîtrise en 1977 ; DEA en économie du développement en 1979 avec un mémoire intitulé : « Réflexions sur la crise industrielle en France » ; thèse de doctorat de troisième cycle en 1981 : « Les firmes multinationales et l’industrialisation des pays en voie de développement » (mention Très Honorable). I

l débutera sa carrière au PNUD comme administrateur de programme associé (1982-1984), puis chargé de programme au bureau de Conakry (1984-1986), avant d’être nommé représentant adjoint du PNUD auprès du secrétariat général de l’OUA et chef adjoint du bureau de liaison du PNUD avec la Commission économique pour l’Afrique (CEA) des Nations unies à Addis-Abéba (1986-1988). Il sera par la suite représentant résident adjoint du PNUD à Brazzaville (1988-1989) puis à Kinshasa (1991-1993), chef du bureau régional pour l’Afrique de l’Est du Bureau des Nations unies pour la région sahélo-sahélienne (BNUSS) couvrant en même temps l’IGAD, la SADEC, la CEA et le PNUE (septembre 1993-avril 1994). Au Congo, en 1989, il a assisté la délégation de l’ONU aux négociations quadripartites sur la Namibie. C’est alors qu’il se retrouve sous les feux des projecteurs en étant nommé ministre des Relations extérieures du Burkina Faso.

Nous sommes le mardi 22 mars 1994. Marc-Christian Roch Kaboré a succédé à Youssouf Ouédraogo au poste de premier ministre. Il forme son premier gouvernement. Ouédraogo est un homme tellement neuf dans la vie politique du pays qu’un quotidien burkinabè va illustrer sa nomination avec une photo qui n’est pas la sienne. Il ne participera pas au premier conseil des ministres, le mercredi 23 mars 1994, n’ayant pas encore regagné le Burkina Faso.

Il sera reconduit aux Affaires étrangères (l’appellation Relations extérieures a été abandonnée par décision du Conseil des ministres le mercredi 30 novembre 1994) le 11 juin 1995 et le 3 septembre 1996, survivant ainsi au départ de Roch Kaboré remplacé à la primature par Kadré Désiré Ouédraogo. Entre temps, courant 1995, il aura assisté l’envoyé spécial du secrétaire général des Nations unies, l’ancien ministre algérien des Affaires étrangères, Lakhdar Brahimi, lors des missions de bonne volonté menées pour tenter de résoudre la crise politique au Zaïre.

Le 14 janvier 1999, Ouédraogo quittera le gouvernement. Tempérament « franc et trop direct » dira-t-on (« Le drame de l’Afrique provient de la manière dont elle est gouvernée, de ses dirigeants, de l’absence d’organisation et de la mauvaise gestion. La transparence est une denrée rare. Il se trouve que je n’aime pas m’associer à la médiocrité »). On y ajoutera « l’hostilité ouverte de plusieurs de ses collègues au gouvernement » où il est jugé « talentueux mais bouillant ».

Il militera pour une « diplomatie tous azimuts » (« L’ostracisme vis-à-vis d’Israël n’a pas donné de bons résultats. Il ne sert donc à rien de persister dans l’erreur ») et l’ouverture du Conseil de sécurité à l’Afrique (« Sur les 183 pays qui composent les Nations unies, 53, soit plus du quart, sont membres de l’OUA »). Il sera l’organisateur du sommet France-Afrique de Ouaga en 1996. On lui attribuera la paternité du concept de « diplomatie de développement » : « Le temps des idéologies est révolu. Notre priorité est le développement. Notre diplomatie doit donc être repensée et réorientée vers la réalisation du bien-être des populations. Et si aujourd’hui nous nous tournons de plus en plus vers l’Asie, c’est parce que nous sommes convaincus que ce continent pourrait à terme remplacer efficacement l’Europe. Les pays européens sont fatigués. Ils ont déjà donné. Ce qui ne veut pas dire qu’ils nous ont délaissés ». Il sera en pointe dans l’offensive contre Salim Ahmed Salim, le secrétaire général de l’OUA : « Le monde change de siècle. L’OUA a besoin d’un nouveau génie, de sang neuf. Son drame, aujourd’hui, c’est qu’elle vote des résolutions et qu’ensuite personne ne s’en occupe ».

A suivre

Jean-Pierre BEJOT (La Dépêche Diplomatique)

Le développement socio-économique du Burkina Faso passe par une façon de « faire autrement ». Ablassé Ouédraogo l’affirme (2/2)

 

Ministre des Affaires étrangères pendant cinq ans, du 22 mars 1994 au 14 janvier 1999, Ablassé Ouédraogo va user d’un ton nouveau sur la scène diplomatique burkinabè qui, dans ces années-là, était encore adepte de la retenue. « Le monde a changé et le Burkina Faso ne saurait être en reste », écrivait le ministre dans le premier numéro de ce qu’il voulait être l’organe d’information de la diplomatie burkinabè ; intitulé Zoodo (l’Amitié), il entendait justement promouvoir « l’élargissement de nos réseaux d’amitié et la recherche permanente de la paix et de la stabilité, conditions sine qua non au succès de toute entreprise de développement ».

Le bilan de Ouédraogo aux Affaires étrangères sera largement positif : sommet France-Afrique, sommet de l’OUA, Abdou Diouf plutôt que Boutros Boutros-Ghali à la tête de la Francophonie, ouverture du Burkina Faso sur l’Asie et les pays du Golfe, etc. Plus technocratique que politique, international que national, Ouédraogo n’était pas destiné à rester sur la touche. Après avoir quitté le gouvernement, il sera nommé conseiller spécial du chef de l’Etat. Blaise Compaoré entendait bien ne pas se priver des compétences internationales de son ex-ministre ; il va le propulser au poste de directeur général adjoint de l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

Ouédraogo sera un des quatre DG adjoints de Mike Moore, le Néo-Zélandais patron de l’OMC. Il a en charge commerce et finance, développement, informatique, relations extérieures, textiles. A 46 ans, il rejoindra Genève à la veille d’une échéance importante : la troisième Conférence ministérielle de l’OMC à Seattle (30 novembre-3 décembre 1999). Il n’oublie pas d’y apporter son franc-parler : « Je vais à Genève au nom de l’Afrique tout entière. Il ne faut pas oublier que l’OMC a été, jusqu’à présent, un club de riches ». Il va jouer, au sein de l’OMC, un rôle délicat : celui du « mondialiste raisonnable » tenu à un devoir de réserve et de défense des intérêts de son employeur et, dans le même temps, observateur privilégié des dégâts provoqués par une mondialisation imposée par les plus forts aux plus faibles.

Son « objectif ultime », dira-t-il, sera de « contribuer à renverser la tendance à la marginalisation des pays africains dans le commerce international ». Il voulait rendre l’Afrique « plus visible » elle qui, selon ses propres termes, « constitue le maillon faible du système multilatéral de commerce en ne comptant que pour moins de 2 % des exportations mondiales ». Là où il se trouvait, il avait conscience de l’arriération du mode de production africain : « C’est toujours l’ère de la révolution agricole avec la daba où la pioche comme outils de base ». Mais, également, de l’irresponsabilité des gouvernants : absence de représentation permanente à Genève auprès de l’OMC, manque de moyens matériels et humains, etc. « Il est clair, dira-t-il à Jeune Afrique Économie (4-17 septembre 2000), qu’il est dans l’intérêt des pays en développement d’être plus présents que par le passé dans les activités de l’Organisation. Ces pays, qui représentent 90 % des membres de l’OMC, tout comme l’Afrique qui représente le tiers, doivent se battre pour être aussi des acteurs de la mondialisation au lieu de se comporter comme des objets ».

Seattle a été le pôle de structuration des antimondialistes (désormais altermondialistes). En 2001, il y a eu Doha, au Qatar (au lendemain du « 11 septembre ») ; en 2002, le départ de Mike Moore de l’OMC. Les quatre DGA sont remplacés ; un Kenyan représente alors l’Afrique. Ouédraogo devient consultant et conseiller auprès de l’Organisation internationale du travail (OIT) dont le siège est, lui aussi, à Genève. Il sera également représentant spécial du secrétaire général de la Francophonie. Avant de rejoindre, début 2004, la Banque africaine de développement (BAD) dont le siège a été transféré d’Abidjan à Tunis.

Conseiller du président, Donald Kaberuka, il gère l’intégration régionale, le commerce international, le suivi du NEPAD. En mai 2007, il sera licencié pour avoir critiqué publiquement la gestion de la BAD ; licenciement jugé abusif par le tribunal administratif de la BAD le 8 août 2008. Contre coup : Ouédraogo envisagera d’être candidat à sa présidence en 2010. En attendant, il sera conseiller spécial du président de la commission de la Cédéao sur les négociations commerciales.

En 2001, il avait été candidat à la candidature de directeur général de l’ONUDI ; il reviendra à la charge en 2005. En vain. Mais ce ne sera pas un mal pour son CV trop marqué, sans doute, par « l’expatriation », l’international et, surtout, les grandes institutions : PNUD, OMC, BAD, Cédéao. Cet homme, qui dit avoir été élevé « dans la culture de la modestie et de l’humilité » et se reconnaît pour défaut d’être trop… « rigoureux et discipliné », va alors créer Zoodo International, une société de conseil en relations et stratégies internationales qui lui permet d’être plus Burkinabè qu’il ne l’était jusqu’alors (il avoue que l’endroit où il se sent le plus à l’aise c’est « à la maison, entouré de mon petit monde et d’amis ») sans cesser d’être en proximité avec les grands dossiers continentaux et mondiaux.

Il militera activement pour la suspension des négociations sur les APE, les fameux accords de partenariat économique que l’Union européenne voulait imposer à l’Afrique, avant d’être nommé envoyé spécial du président de la Commission de l’Union africaine pour Madagascar. A cette occasion, il soulignera que les « situations d’insécurité et d’instabilité chroniques ne facilitent pas le développement de l’Afrique. Et en particulier les modifications intempestives de la Constitution par certains dirigeants pour se maintenir au pouvoir, qui sont de véritables facteurs de crise » (entretien avec Serge Mathias Tomondji - Continental, janvier 2010). Commentaire d’actualité… !

On ne peut pas nier que le Burkina Faso a, au cours des trente dernières années, permis l’émergence d’un grand nombre de personnalités politiquement et socialement crédibles. Ablassé Ouédraogo fait partie de ces hommes et de ces femmes-là. Bien formées, ayant une réelle expérience nationale et internationale, un mode de vie « correct », elles composent une « armée de réserve » dans un pays où les possibilités d’évolution hors de la sphère politique et administrative sont excessivement limitées. Le problème est d’autant plus crucial que cette génération a été, très tôt, aux affaires : Ouédraogo a été le patron de la diplomatie burkinabè à tout juste 41 ans ! Il dit, d’ailleurs, que cette nomination (ainsi que celle, qui en a découlé, de DGA de l’OMC) « marquera à jamais sa vie ».

On peut concevoir la frustration des générations « post-révolution » et « post-rectification » - en fait les générations qui ont bénéficié des bienfaits de l’ouverture politique et économique - qui « rament » pour trouver un job correspondant à leur qualification, mais on ne peut que se réjouir de ce que le Burkina Faso ait un trop-plein « d’élites » dont le discours (que l’on soit pour ou contre) est globalement cohérent.

On imagine ce que pourrait être ce continent si les ressources naturelles et humaines y étaient mieux réparties dans le cadre d’une intégration régionale totale ; et si la « francophonie » était une vision dynamique plutôt qu’une rente de situation pour quelques « fonctionnaires » : après tout, ils sont nombreux les pays de la « francophonie » qui ont plus de ressources naturelles que le Burkina Faso mais moins de ressources humaines. Le parcours de Ablassé Ouédraogo est l’illustration de cette situation. Ce parcours peut-il être une réponse aux questions que se posent les Burkinabè. Eux seuls peuvent dire s’ils veulent « faire autrement ». Restera à dire comment !

Fin

Jean-Pierre BEJOT (La Dépêche Diplomatique)

 

PAI : "La bataille juridique a été conclue"

 

Le bras de fer qui opposait depuis plus d’une décennie le groupe de Philippe Ouédraogo à celui de Soumane Touré semble avoir connu un dénouement. En tout cas, c’est ce que nous dit en substance le communiqué ci-après assorti d’un nouveau récépissé du parti.

Après la tenue les 14 et 15 mai derniers du 3e congrès extraordinaire du PAl, nous avons l’honneur et le plaisir de vous informer que nous venons de recevoir le récépissé signé le 16 juin 2011 par le Ministre de l’Administration Territoriale, de la Décentralisation et de la Sécurité (MATDS), qui prend acte des résultats de ce congrès.

La bataille juridique qui a opposé notre parti au groupe de SoumaneTouré depuis onze (11) ans a été conclue, comme vous le savez, le 11 janvier 2011 par la décision du Conseil d’Etat confirmant la décision prise six ans auparavant, le 30 juin 2005, par le Tribunal administratif de Ouagadougou annulant le récépissé irrégulièrement accordé en 2001, pour la 2e fois, au groupe de Touré Soumane.

Le récépissé du 16 juin 2011 du MATDS confirme ainsi que nous avons toujours été le PAl légitime. D’ailleurs, toutes les décisions de justice depuis 2000 l’ont reconnu, en annulant les décisions gouvernementales qui tendaient à faire reconnaître à notre place le groupe de Touré Soumane.

Nous remercions pour l’occasion tous ceux qui nous ont soutenus durant cette lutte pour la reconnaissance des droits de notre parti :

Nos avocats : ceux de la SCPA Me Tou et Somé, du cabinet Me Kéré Barthélémy, du cabinet Me Sankara Bénéwendé et du cabinet Me Ouédraogo Gilbert ;
 les partis politiques de l’opposition ;
 les organes de presse qui se sont toujours montrés réceptifs à l’ égard de nos positions ;
 les organisations de la société civile qui ont continué à entretenir des rapports avec notre parti ;
 et toutes les personnalités qui nous ont témoigné à diverses reprises leurs encouragements.

En vous transmettant, pour information, copie du récépissé du MATDS qui comporte la liste des membres du Bureau Exécutif Central élu par le 3e congrès extraordinaire du PAl, nous vous prions de croire, Monsieur le Directeur, à l’assurance de notre considération distinguée.

P.J. : Récépissé du MATDS du 16/06/2011

Pour le BEC du PAl Le Secrétaire général Philippe OUEDRAOGO

MINISTERE DE l’ADMINISTRATION TERRITORIALE, DE LA DECENTRALISATION ET DE LA SECURITE

¬ SECRETARIAT GENERAL

¬ DIRECTION GENERALE DES LIBERTES PUBLIQUES ET DES AFFAIRES POLITIQUES

¬ RECEPISSE N°2011-04 MATDS/SG/DGLPAP/DAPCR

Le Ministre de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et de la Sécurité donne aux personnes ci-dessous désignées récépissé pour le parti régi par la loi n°032-2001/AN du 29 novembre 2001 portant charte des partis et formations politiques au Burkina Faso et défini comme suit :

DENOMINATION : « PARTI AFRICAIN DE L’INDEPENDANCE », en abrégé PAI

SIEGE SOCIAL : OUAGADOUGOU, PROVINCE DU KADIOGO.

OBJET : DECLARATION DE MODIFICATION DANS LES TEXTES CONSTITUTIFS ET DE CHANGEMENT DANS LA COMPOSITION DE L’ORGANE DIRIGEANT DU PARTI.

La composition du Bureau Exécutif Central du Parti Africain de l’Indépendance est la suivante :


Le Pays

 

BLE GOUDE SUR RFI : Une piteuse sortie à contresens de l’histoire

 

En dépit des appels des autorités ivoiriennes, de nombreux responsables de l’ancien régime Gbagbo demeurent planqués à l’intérieur ou hors du pays. Certains osent encore défier les règles de la bienséance et l’autorité, à l’image de Blé Goudé. Sortant ainsi de sa réserve, il qualifie même le nouveau pouvoir ivoirien de "dictatorial". A moins de préparer quelques coups fourrés, cet individu semble être devenu un amnésique. N’a-t-il pas du sang sur les mains ? N’a-t-il jamais incité à la haine ? Quelle est sa part de responsabilité dans la crise ivoirienne ? Il faut que la Justice mette la main sur ce bourreau et le juge pour ses crimes odieux. Car il joue l’innocent, donne l’impression de vouloir se blanchir et aspire sans doute à se rendre justice.

Jusqu’à quand va-t-il continuer à méconnaître les réalités et à ne pas reconnaître le nouveau pouvoir ? Que veulent ceux qui l’hébergent ? La victimisation ne paie pas : Blé Goudé doit apprendre à évoluer positivement pour aider le peuple ivoirien à panser ses blessures et à oublier un certain passé. Mais comment peut-il avoir la conscience tranquille après tout ce qui s’est passé ? Ne se sent-il pas aussi responsable de la mort de nombreux jeunes patriotes qu’il a mobilisés, harangués, endoctrinés et armés pour tuer ? Lui qui est en vie aujourd’hui, ne croit-il pas qu’il a des comptes à rendre aux familles ivoiriennes, particulièrement celles qu’il a endeuillées, ou celles de ses défunts partisans qu’il a longtemps instrumentalisés ?

N’est-il pas mal placé pour s’acharner à vouloir donner des leçons de démocratie et de droits de l’Homme ? Son discours tombe mal dans ce contexte de pardon et de réconciliation. Ne peut-il donc pas prendre exemple sur son mentor Gbagbo qui avait lui-même prôné la paix juste après son arrestation ? Visiblement, Blé Goudé n’entend pas se faire oublier. Il constitue pourtant un réel danger. Pourquoi en vouloir continuellement à ADO qui, face au monde entier, a plusieurs fois tendu la main à ses adversaires, notamment aux dirigeants du FPI qui ont préféré l’ignorer ? Des contacts ont même été noués afin de persuader ces personnalités de l’ancien régime de rentrer. Mais, ce n’est pas facile, car beaucoup doivent avoir des choses à se reprocher. En ramenant à l’occasion les débats sur les différences ethniques, le "général" sans âme confirme bien que lui et l’ex-clan présidentiel n’ont jamais été animés que par des desseins machiavéliques pour la Côte d’Ivoire !

La trompette que ce voyou de la république des sans-pitié a encore embouchée fait honte à ceux qui le protègent. Non seulement, ils salissent la mémoire de tous ceux que le régime Gbagbo a consciemment et ignominieusement conduits ad patres, mais encore, ils entachent la réputation des Africains, singulièrement ceux d’Afrique de l’Ouest. Il est temps que les responsabilités soient situées. Pourrait-on en effet oublier que durant la crise ivoirienne, cet ignoble individu a osé regrouper, encadrer des foules hostiles, puis les a canalisées de manière à empêcher les forces onusiennes et françaises de remplir leur mission ?

Devrait-on oublier que les escadrons de la mort qui semaient la désolation, à travers la capitale ivoirienne et l’arrière-pays, agissaient sur les ordres de sinistres états-majors dont l’opinion aura du mal à détacher Blé Goudé le jour venu ? Cet homme ne doit pas continuellement bénéficier de certains égards au point de l’aider à narguer les victimes d’un régime vomi par les urnes. Trop de mal a été fait dans ce pays et plutôt que de faire preuve de complaisance ou de complicité tout court, il faudra tout mettre en œuvre pour que les bourreaux soient pris, jugés puis châtiés comme il se doit. Blé Goudé, à chaque sortie, cherche à attiser le feu en indexant ce qu’il considère comme des tares du nouveau pouvoir ivoirien.

Il sait qu’on ne peut pas en l’espace de quelques mois, satisfaire toutes les attentes des Ivoiriens et atteindre des résultats que le régime Gbagbo n’a pas été capable d’obtenir en dix ans de règne. En provoquant de la sorte, et en harcelant l’adversaire politique devenu ennemi à vie, Blé Goudé espère engranger des dividendes. Il récoltera plutôt des charges lourdes à porter quand viendra l’heure des comptes. Car, jamais les peuples meurtris de Côte d’Ivoire et de la sous-région ouest-africaine n’oublieront de sitôt le calvaire auquel ils ont été soumis par le régime Gbagbo, n’en déplaise à Blé Goudé et à ses inconditionnels.

En agissant comme il le fait, Blé Goudé confirme qu’il demeure toujours un "va-t-en-guerre" et un génocidaire des plus radicaux de l’ère Gbagbo. Activement recherché par la justice internationale, il finira bien par payer après sa cavale. Les fanfaronnades ne passeront pas. ADO travaille sur le terrain et fait quotidiennement la différence. Les Ivoiriens qui reconnaissent ses efforts ne se laisseront pas divertir par Blé Goudé, le désormais général sans troupe. Celui-ci, sans grande notoriété et ayant aujourd’hui perdu de sa superbe, doit bien s’ennuyer de ses meetings. Mais il le sait : les poursuites engagées par la justice ivoirienne bloquent tout retour à de nombreuses personnalités du régime déchu.

Or, si vivre en exil et dans la clandestinité n’a rien de réjouissant, pour encore côtoyer les Abdjanais dans les "gbakas" et les rues où s’entremêlent pleurs et rires, et où s’entrecroisent odeurs et couleurs, de nombreuses barrières restent à franchir. Surtout pour des fuyards encombrants et peu discrets comme Blé Goudé qui s’acharne à ramer à contre-courant de l’histoire de son pays ! Et quand ce général sans galons ni diplômes universitaires, affirme que le président actuel de Côte d’Ivoire a peur, on a envie de lui poser cette question : qui de Blé Goudé ou de Ouattara a le plus peur ? Le fugitif qui vit dans la clandestinité ou celui qui respire le grand air tout en gérant les affaires de l’Etat ?

"Le Pays"

 


PLAINTE DE TRISTAN BANON CONTRE DSK : Un opportunisme de mauvais aloi

 

Dominique Strauss-Khan alias DSK n’est visiblement pas sorti de l’auberge. Pour preuve, l’affaire de la femme de chambre du Sofitel de New York, Nafissatou Diallo, n’a pas encore connu un dénouement qu’une autre, liée toujours aux fesses, s’est enclenchée du côté de l’Hexagone. En effet, comme pour lui enfoncer le clou, Tristan Banon, journaliste française, déblatère contre un DSK déjà moralement affaibli et politiquement balbutiant en le poursuivant en justice pour tentative de viol. Autant dire que le feuilleton judiciaire en cours à New York et celui à venir en France risquent de mettre à rude épreuve l’avenir politique immédiat de l’homme.

En d’autres termes, l’on voit mal DSK accepter de participer à la course pour l’élection présidentielle française de 2012, avec tous ces coups à lui assenés et avec tant de casseroles. Sans prétendre être calife à la place du calife, l’on peut affirmer qu’avec ce nouveau feuilleton judiciaire qui commence et celui en cours, le prédécesseur de Christine Lagarde à la tête du FMI, va s’employer d’abord à se défaire complètement de ses affaires de moeurs, à guérir de ses blessures avant de revenir éventuellement sur la scène politique française.

En outre, si DSK peut s’enorgueillir d’avoir une bonne partie des Français avec lui, comme le montrent les récents sondages, il reste cependant que l’homme n’aurait pas la conscience tranquille à même de faire converger sur sa tête toutes les chances de se faire élire à la tête de la nation française. Il y a ce que pensent les citoyens de DSK et ce que ce dernier lui-même ressent imo pectore. En tout état de cause, il est des humiliations dont on se remet difficilement. Mais quid de ce rebondissement d’une affaire qui semblait rangée, depuis belle lurette, dans les tiroirs de l’oubli de la journaliste écrivaine ?

Certes, elle et son avocat annoncent qu’ils avaient pris la résolution de revenir à la charge depuis mi-juin dernier. Mais pourquoi attendre seulement ce moment où DSK semblait presque au bout du tunnel dans l’affaire Nafissatou, pour remettre à l’ordre du jour une "histoire" qu’elle avait délibérément jetée à la poubelle depuis 2003 ? Si la journaliste amoureuse des Lettres se défend de vouloir se faire un coup de pub, elle laisse penser, avec cet acharnement, qu’il y a manipulation quelque part. En d’autres termes, ce qui s’apparente trop à un opportunisme de mauvais aloi, semble accréditer la thèse du complot qui viserait à griller politiquement l’ex-patron du FMI, opposant redoutable de Nicolas Sarkozy à l’élection présidentielle de 2012.

Toutefois, l’homme qui fait l’objet de tant d’acharnements judiciaires devrait, quelque part, s’en prendre à lui-même. Certes, nul n’est parfait ici-bas, pas même les détracteurs avérés ou supposés de Strauss-Kahn. Mais une personnalité de la trempe de DSK devrait se garder d’avoir la braguette facile, s’il tient à préserver en permanence son image face notamment à des adversaires et ennemis politiques qu’il ne peut manquer de compter autour de lui et en face de lui. Est-on déjà à la fin des poursuites judiciaires contre Strauss-Khan où n’est-on qu’à l’interlude de ce qui ressemble fort à un film-feuilleton à l’issue duquel il faut s’attendre encore à d’autres surprises ?


Boulkindi COULDIATI (Le Pays)

 

Tout Puissant Mazembe, le Barça africain

Depuis quelques années, les Corbeaux congolais planent sur l'Afrique. Avec deux Ligue des Champions de rang, le club de foot mythique de Lumumbashi génère autant de jalousies que d compliments.

L'Europe a le FC Barcelone, l'Afrique a le Tout Puissant Mazembe. Indubitablement, le club congolais, double vainqueur de la Ligue des Champions africaine (2009 et 2010), est la meilleure équipe de club du continent. Avec une recette toute simple: la méthode européenne.

A l'instar de ce qui se fait sur le Vieux Continent, le Tout Puissant Mazembe (TPM) use avec malice du marché des transferts, recrutant les meilleurs joueurs évoluant dans les championnats africains. C'est ainsi que le club de Lubumbashi dispose d'un entraîneur sénégalais mais aussi de cinq joueurs zambiens, de trois Camerounais et d'un Centrafricain. Un groupe cosmopolite qui se trouve renforcé par une pléthore d'internationaux congolais, dont Trésor Mputu, Alain Kaliyutuka ou Robert Muteba Kidiaba. Même le site Internet du club, régulièrement mis à jour, n'a rien à envier aux grosses écuries européennes.

Pas pour rien que le TPM est le premier club africain à atteindre la finale de la Coupe du monde des clubs. L'explication de cette réussite tient en un mot: l'argent. Et un nom: Moïse Katumbi. Homme d'affaires et homme politique congolais, le président des Corbeaux congolais, membre du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD) de Joseph Kabila, le président de la République démocratique du Congo (RDC), est également gouverneur de la province du Katanga, une région riche en minerais (cobalt, diamants, uranium, fer, radium, cuivre).

S'il est l'argentier de la campagne électorale de Kabila en 2006, Katumbi, dont la fortune est estimée à plus de 40 millions d'euros, est surtout apprécié en RDC pour son activité sociale, puisqu'il œuvre régulièrement pour les plus démunis en ouvrant des cantines populaires à Lubumbashi, ou en faisant asphalter les routes et rénover les écoles. Des initiatives qui lui valent une grande popularité. Et un soutien indéfectible des supporters des Corbeaux, qui savent se faire remarquer dans les tribunes par leurs extravagances.

Jalousie et corruption

C'est même devant un stade comble, avec 30.000 spectateurs, que le président du Tout Puissant a dénoncé «le complot des ennemis de Mazembe», lors de la disqualification de son équipe de la Ligue des Champions à cause de la fameuse affaire Besala, du nom de Janvier Besala, latéral camerounais aligné en quarts de finale aller face au Wydad de Casablanca et qui a poussé l'Espérance Sportive de Tunis à porter plainte à la Confédération africaine de football (CAF), assurant que le joueur leur appartenait toujours. A en croire Katumbi, le club tunisien n'a toujours pas avalé la déculottée infligée lors de la finale de la C1 africaine en 2010 (5-0, 1-1).

«On nous accuse de corruption, mais qui a été corrompu? La presse maghrébine a relayé une affaire des arbitres égyptiens du match Mazembe vs Simba qui auraient perçu 10.000 dollars. Or, jusqu’à ce jour, aucune plainte CAF n’a été déposée, ni à la CAF ni ailleurs. Alors? Chers amis, même la FIFA peut et devrait nous défendre à ce sujet. A la dernière Coupe du monde des clubs, le TP Mazembe était le quantième représentant africain à participer? Seul Mazembe a pu faire respecter le continent africain en allant en finale. Alors soyons sérieux, revoyez tous les matchs. Où avons-nous été avantagés?»

Car autant de réussite attise les convoitises autant que la jalousie. Régulièrement, de sombres affaires viennent ternir le maillot blanc et noir. Avec une certaine constance, le TP Mazembe est accusé de corruption: en 2010, par l'Espérance de Tunis; en 2011, par le Simba Sports Club (Tanzanie). Quand ce ne sont pas les joueurs qui se font remarquer, à l'image de leur buteur et capitaine, Trésor Mputu, suspendu un an en septembre 2010 pour avoir mis un coup de pied à un arbitre lors d'une rencontre amicale au Rwanda.

Des Corbeaux loyaux

Malgré tout, le TP Mazembe conserve un certain pouvoir d'attraction. Et de conservation. En effet, ses meilleurs joueurs, pourtant sollicités par de grosses écuries européennes, les Mputu et autres Kaliyutuka, sont toujours là. Mieux, Rainford Kalaba  et Emmanuel Mbola, tous deux internationaux zambiens, ont quitté l'Europe pour revenir en Afrique.

La raison? Le club d'Englebert est l'un des plus professionnels du continent. Assurés de jouer la Ligue des Champions, les Corbeaux sont de plus payés avec régularité. Et plutôt grassement, puisqu'on estime le salaire de Mputu à près de 8.000 euros ­—ce qui en fait l'un des joueurs les mieux payés du continent. Le seul vrai grand nom à avoir quitté le Stade de la Kenya se nomme Dieumerci Mbokani —sans grande réussite ses derniers temps.

Nicholas Mc Anally

 

Sexe, mensonges et cartes magnétiques

Le nouvel emballement médiatique autour de l’affaire DSK empêche d’y voir clair: entre les révélations du procureur, les arguments de la défense de DSK et la contre-attaque de l’avocat de Nafissatou Diallo, qui croire?

De rebondissements en révélations, l’affaire DSK continue de faire couler beaucoup d’encre. Les révélations se suivent et ne se ressemblent pas, laissant planer bien des doutes sur une affaire dont le monde entier attend, impatiemment, le dénouement. Selon le New York Post, tabloïd américain, les charges pesant contre DSK pourraient être levées par le procureur Cyrus Vance Junior avant la prochaine audience, prévue pour le 18 juillet. «On ne peut rien croire de ce qui sort de sa bouche», affirme une source proche du bureau du procureur citée par le New York Post, en parlant de Nafissatou Diallo. Cette femme de ménage de 32 ans d’origine guinéenne affirme avoir subi une agression sexuelle le 14 mai dans la suite du Sofitel que DSK avait louée à New York.

En quelques jours, Nafissatou Diallo est passée du statut de victime à celui de menteuse invétérée, voire de prostituée, vilipendée par des médias qui ne citent aucune source. Les doutes émis le 1er juillet par le procureur sur sa crédibilité, en raison de ses mensonges (un viol collectif en Guinée dont elle a parlé aux enquêteurs mais qui n'a jamais eu lieu), de ses contradictions (sur son récit des faits), de ses conversations sur écoute (avec un détenu gambien qui serait non seulement un trafiquant de cannabis, mais aussi, selon certains médias, son mari au sens religieux du terme) et sa situation bancaire (des dépôts de 100.000 dollars en deux ans en provenance de plusieurs Etats américains) en font d’ores et déjà une criminelle. Voire une prostituée… Un raccourci emprunté par le New York Post, encore lui, selon lequel la femme de chambre se prostituait bel et bien au Sofitel et appartenait même à un réseau guinéen — une hypothèse qui ne repose que sur une source «proche de la défense», selon laquelle «elle recevait des pourboires extraordinaires, si vous voyez ce que je veux dire, et pas pour apporter des serviettes de toilette».

Le procureur joue sa carrière

Ce 5 juillet, nouveau rebondissement: Nafissatou Diallo semble reprendre l’avantage. Selon le quotidien français Le Figaro, qui s’appuie sur des «sources new-yorkaises», la lecture des cartes magnétiques utilisées par la femme de chambre le 14 mai corrobore bien sa version des faits. Elle a d’abord nettoyé la suite 2820, avant d’entrer, à 12h06, dans la suite 2806, encore occupée par DSK. Vingt minutes plus tard, elle retourne dans la suite 2820, pendant moins d’une minute, puis retourne dans la suite 2806, accompagnée d’une supérieure hiérarchique à qui elle livre sa première version des faits.

Pourquoi s’est-elle donc empêtrée en racontant au procureur avoir fait le ménage dans la suite 2820 après, et non avant son passage chez DSK? Une hypothèse, parmi tant d’autres, livrée par un avocat new-yorkais au Figaro: «On sous-estime peut-être les problèmes de compréhension d’une jeune femme qui maîtrise mal l’anglais et dont les relations avec les enquêteurs sont devenues très tendues». Et pour cause: le procureur Cyrus Vance Junior joue lui-même sa crédibilité et le reste de sa carrière sur ce dossier. Une affaire dans laquelle il s’est lui-même emballé dès le départ, à l’image des médias. Aujourd’hui, Cyrus Vance Junior est accusé par l’avocat de Nafissatou Diallo de ne pas vouloir aller au procès par peur de le perdre. Plusieurs journaux américains pointent des erreurs dans l’enquête et la précipitation du procureur à accuser sans nuances, avant d’avoir récolté toutes les preuves.

Le principal doute sur Nafissatou Diallo s’est instillé en raison d’une conversation qu’aurait eu la jeune femme au lendemain de son agression avec un de ses contacts — un trafiquant de cannabis se trouvant en prison en Arizona, un homme d’origine gambienne que Le Journal du Dimanche présente comme son mari, sur la base d’un mariage religieux célébré devant un imam, selon des sources encore mystérieuses. «Ne t’en fais pas, cet homme est riche, je sais ce que je fais», aurait dit la jeune femme à ce contact. Une phrase tirée de son contexte, qui a fait l’objet d’une fuite dans la presse américaine et n’a pas été expressément confirmée par le procureur. Pourquoi la fameuse conversation, en langue peule, n’a-t-elle été traduite qu’un mois et demi après les faits? Mystère…

Des preuves médico-légales

Si les liens de Nafissatou Diallo avec un dealer de drogue paraissent bien suspects, on voit mal comment ils pourraient, à eux seuls, effacer la scène qui s’est déroulée le 14 mai dans la suite 2806, ni les preuves glanées par la justice dès le début de l’affaire. L’avocat Kenneth Thompson, dans un long plaidoyer fait le 2 juillet devant la presse, au moment de la levée de l’assignation à résidence de DSK, a donné pour la première fois des détails sur la version de sa cliente: «Quand elle est entrée dans la suite du Sofitel, elle croyait qu’il n’y avait personne. DSK, à ce moment-là, est sorti en courant, nu. Il s’est précipité sur elle. Il a d’abord pris ses seins à pleines mains, puis il a attrapé son vagin avec une force telle qu’il lui a fait mal. Des hématomes sur son vagins ont été pris en photo par la médecine légale.» L’ancien patron du FMI l’aurait ensuite jetée sur le sol. «Il lui a luxé un ligament de l’épaule. Depuis le premier jour, elle dit qu’elle a mal au bras.» DSK lui aurait également «déchiré ses collants», et «quand elle se débattait pour s’échapper, quand elle était à genoux, elle a craché, dégoûtée, le sperme de DSK. Des preuves médico-légales accréditent ce récit

Mais pour ceux qui tenaient à avoir le fin mot de l’histoire, il est peut-être déjà trop tard. Si les charges sont levées par le procureur et que DSK bénéficie d’un non-lieu, comme l’annonce le New York Post, la lumière ne sera jamais faite sur l’affaire. Mais un autre procès, que veut désormais intenter en France la jeune romancière Tristane Banon, qui affirme avoir subi en 2003 une tentative de viol de DSK, prendra le relais. Au moins pour épancher les soifs de suspense.

Sabine Cessou

Ces chefs de guerre qui ont porté Ouattara au pouvoir

Célèbre comme l'homme du «commando invisible» ou plus discrets, ces chefs militaires ont bataillé contre l'armée ivoirienne fidèle à Laurent Gbagbo. Objectif: assurer la victoire d'Alassane Ouattara.

Certains d’entre eux ressemblent à des personnages de film. Pour la plupart des sous-officiers anonymes de l’armée ivoirienne, ils se sont fait une sulfureuse réputation durant la décennie qui a vu la Côte d’Ivoire basculer dans la guerre civile. Qu’ils s’appellent IB, Wattao, Chérif Ousmane, Loss ou Vétchio, ces chefs de guerre du Nord ont joué un rôle décisif dans l’accession d'Alassane Ouattara au pouvoir. Zoom sur ces fortes têtes qui sont devenues des créanciers du nouveau chef de l’Etat ivoirien.

IB Ibrahim Coulibaly, le célèbre invisible

Ibrahim Coulibaly est considéré par beaucoup d’observateurs comme le véritable père fondateur de la rébellion ivoirienne. Simple sergent-chef des Forces armées nationales de Côte d'Ivoire (Fanci) au moment du coup d’Etat de Noël 1999, IB est, avec le caporal Oumar Diarrassouba et le sergent Souleymane Diomandé alias «La grenade» (tous les eux assassinés depuis), le meneur des jeunes «Dioulas» qui vont porter le général Robert Guéï au pouvoir avec la caution des généraux nordistes Abdoulaye Coulibaly et Lansana Palenfo. Ancien garde du corps des enfants de Ouattara, IB va jouer le rôle du «grand frère» qui a redonné leur dignité aux soldats originaires du Nord confinés dans les grades subalternes dans l’armée ivoirienne.

Le soupçonnant de velléités putschistes, le général Guéï le nomme attaché militaire au Canada. Quelques semaines après cette décision, quelques-uns de ses hommes sont arrêtés par le général Guéï, qui les accuse d’avoir fomenté un coup d’Etat («le complot du cheval blanc»); ils sont torturés. Parmi eux, Wattao, Chérif Ousmane, Tuo Fozié, Diarrassouba et «La grenade», qui décédera des suites de ses blessures. Quand éclatera l’insurrection militaire du 19 septembre 2002, ce sont les mêmes hommes, devenus des déserteurs de l’armée ivoirienne, qui mènent les opérations, commandés en sous-main  par IB, qui a piloté toute l’opération depuis le Burkina Faso. Erreur fatale: profitant de l’absence d’IB, un certain Guillaume Soro, qui était censé n’être que le «visage politique» du Mouvement patriotique de Côte d'Ivoire (MPCI, le mouvement mis sur pied par les rebelles), devient très vite, en s’appuyant sur les principaux lieutenants de Coulibaly, le vrai patron de la rébellion des Forces nouvelles. Pis, les principaux soutiens d’IB au sein de la rébellion, comme le caporal Kassoum Bamba, Adam’s ou le chef Mobio, sont traqués et liquidés. Ainsi, lorsque Soro échappe miraculeusement à un attentat contre son avion en 2007, beaucoup soupçonnent IB d’être l’auteur du coup.

Ayant un temps disparu de la circulation au gré de ses péripéties judiciaires, IB, qui s’est autoproclamé «général», a refait surface dernièrement à la tête du fameux et courageux «commando invisible» qui a puissamment contribué à saper le moral des Forces de sécurité (FDS, loyales à Laurent Gbagbo) dans le quartier d'Abidjan Abobo. Le président Ouattara pourrait s’appuyer sur «Djibilan», un autre de ses surnoms qui signifie «l’invisible» en langue Koyaka (son ethnie), pour échapper à l’emprise étouffante de Soro.

Chérif Ousmane, le féroce du Nord

Commandant de la compagnie Guépard de Bouaké, Chérif Ousmane est sans doute le plus efficace des chefs de guerre (com’zones) du Nord du pays. Féroce au combat, cet ancien sergent des Fanci né en 1973 est un ancien membre des Firpac, un corps d’élite formé par le général Guéï. Admiré pour sa bravoure au combat, Chérif Ousmane, qui est de confession catholique comme son nom ne l’indique pas, est un homme très craint par ses ennemis.

Alassane Ouattara était présent lors de son mariage contracté avec la fille de l’ancien Président burkinabè Sangoulé Lamizana et son épouse Dominique en était le témoin. En faisant sauter le verrou de Tiébissou, Chérif Ousmane a permis aux Forces républicaines de Côte d'Ivoire (FRCI) pro-Ouattara de conquérir la capitale Yamoussoukro.

Wattao, meneur à Abidjan

Chef d’Etat major adjoint des Forces nouvelles, Wattao, ancien caporal des Fanci, est l’un des plus célèbres chefs militaires de l’ex-rébellion nordiste. A la faveur de la crise, il s’est beaucoup enrichi depuis son fief de Bouaké avec les trafics en tous genres. Selon un rapport d’enquête de l’ONU, Wattao en tirerait près de 640 millions de francs CFA (1,45 million d'euros) de recettes annuelles.

L’ancien caporal est également impliqué dans la production musicale et le commerce de voitures. Avec son cousin Morou Ouattara et le commandant Hervé Pélikan Touré alias «Vétchio» à la tête du «bataillon mystique», il est l’un des principaux meneurs de l’assaut final des FRCI à Abidjan. Lors de la capture de Laurent Gbagbo, le 11 avril, c’est ce colosse que l’on voit sur les images en train de passer une chemise à l’ex-président. Il a  plusieurs fois annoncé son désir de retourner à la vie civile à la fin du conflit.

Zacharia Koné, terreur mystique

L’ancien chef de guerre de Séguéla est l’un des plus redoutés au Nord. La terreur des FDS a la réputation de posséder des pouvoirs mystiques. Exilé au Burkina par Guillaume Soro pour velléité d’insubordination en 2008, «Zack» a refait surface avec l’assaut sur Abidjan. Il a fait partie du commando qui a capturé Laurent Gbagbo. Il est considéré comme un proche du sergent-chef IB.

Losseni Fofana, l'intrépide de l'Ouest

Surnommé «l’intrépide Loss», ce soldat dégingandé, chef militaire de la ville de Man, est devenu l’un des hommes forts de l’ex-rébellion. Après de durs combats, c’est Losseni Fofana qui a conquis l’Ouest ivoirien infesté de miliciens pro-Gbagbo et de mercenaires libériens. Ses troupes sont toutefois soupçonnées d’avoir commis beaucoup d’exactions au cours de leur progression à Duékoué.

Barka Ba

 

Libération de Paris : les Alliés ont écarté les soldats noirs sur requête de De Gaulle

Le Général de Gaulle souhaitait que la Libération de Paris en 1944 soit le fait de soldats français. Les alliés accèdent à sa demande en lui concoctant une Deuxième Division Blindée 100% blanche, alors qu’à l’époque deux tiers des troupes françaises sont composées de soldats originaires des colonies, notamment d’Afrique de l’Ouest. L’information a été révélée lundi par la BBC.

 

Les commandements américain et britannique se seraient assurés que la libération de Paris le 25 août 1944 soit perçue comme la victoire des « Blancs uniquement », a révélé lundi 6 avril BBC Radio 4.

Ils ont ainsi répondu favorablement à une requête du Général de Gaulle, qui souhaitait que la Libération soit l’œuvre de soldats français, en posant la condition suivante : « la division de Gaulle ne doit contenir aucun soldat noir », indique la BBC [1] .

 

« Il est plus souhaitable que la division mentionnée (la Deuxième Division Blindée) ci-dessus se compose de personnel blanc », écrivait en janvier 1944 dans une note « confidentielle » le chef d’Etat major d’Eisenhower, Walter Bedell Smith. « Ceci désignerait la Deuxième Division Blindée, qui ne compte qu’un quart de soldats indigènes, comme la seule formation française opérationnellement disponible pouvant être rendue cent pour cent blanche. »

A la requête française, le général britannique Frederick Morgan répondait en s’adressant au Commandement allié : «  Il est regrettable que la seule formation Française 100% blanche soit une division blindée au Maroc (Deuxième Division Blindée). Toute autre division française est blanche à environ 40%. J’ai dit au colonel de Chevene que ses chances d’obtenir ce qu’il souhaite seront grandement améliorées s’il arrivait à fournir une division d’infanterie blanche. » Les Britanniques ne s’opposent pas pour autant à la requête. A l’époque, seuls les Américains pratiquaient une ségrégation officielle.

 

Les "Indigènes" privés du triomphe de la Libération

Les Alliés finiront par obtenir gain de cause en faisant appel à des soldats originaires d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient (Syriens), ou encore à des militaires espagnols. Les Tirailleurs sénégalais, vocable désignant les troupes françaises issues des colonies d’Afrique de l’Ouest, qui ont constitué « 65% de Forces françaises libres » et dont 17 000 soldats sont tombés lors de la capitulation française en juin 1940, n’auront pas droit à un « accueil triomphal à Paris », souligne l’article de la BBC. De même, après la Libération, de nombreux soldats indigènes auraient été « dépouillés » de leurs uniformes. Comble de l’ingratitude des autorités françaises, leurs pensions sont gelées par la loi du 26 décembre 1959. C’est la "cristallisation".

Après avoir été revalorisées en 2002, en fonction du coût de la vie des pays de résidence de ces anciens combattants, les pensions - retraites de combattant et les pensions d’invalidité - ne feront l’objet d’une "décristallisation", annoncée en 2006, qu’en 2007.

Le film Indigènes du réalisateur franco-algérien Rachid Bouchareb, qui est sorti en septembre 2006, a fortement contribué à l’aboutissement d’un processus que les Tirailleurs sénégalais réclamaient depuis plus de 40 ans.

 

Mais la reconnaissance de la France reste toujours partielle. Les anciens combattants des anciennes colonies aspirent en réalité à un traitement égal avec leurs frères d’armes français. Finalement, c’est la justice française qui tente de réparer les torts de l’Etat. En octobre 2008, six anciens combattants marocains ont obtenu la revalorisation de leurs pensions militaires.

La loi de finance de 2007 n’avait décristallisé que « les pensions d’invalidité et la retraite du combattant » et ne concernait pas « la pension militaire qui constitue la prestation la plus importante », indiquait alors leur avocat Me Houssan Othman-Farah. L’adage dit « combattre le mal par le mal ».

Les Forces alliées, grâce aux autorités françaises, l’ont appliqué à la lettre en combattant les réminiscences du nazisme par le racisme


Source : //www.africamaat.com/Liberation-de-Paris-les-Allies-ont?artsuite=0

 

Références bibliographiques:


[1] //news.bbc.co.uk/2/hi/europe/7984436.stm

 

 

 

Les pieds nickelés prennent un coup de jeune

Par Nicolas Ancion

 

Il n'y a rien de plus casse-gueule en bande dessinée que de tenter de reprendre une série dont les héros ont marqué l'imaginaire des lecteurs, depuis leur plus tendre enfance. On sait combien d'errements Spirou et Fantasio ont connus ces dernières années, avant de trouver un nouveau souffle sous la plume de Fabien Vehlmann et le dessin de Yoann. Les Pieds Nickelés, créés par Forton en 1908 et animés pendant des décennies par René Pellos, qui donna à chaque membre du trio son apparence typique, est du même tonneau. La relève est difficile. Trap et Oiry ont tenté l'aventure avec pas mal de talent, durant deux épisodes intitulés « la nouvelle bande des pieds nickelés », mais l'alchimie n'a sans doute pas bien fonctionné. Changement de pilote, changement de ton, changement d'éditeur.Voici donc que Philippe Riche se lance à son tour dans l'aventure, lui qui avait signé aux Humanoïdes associés un diptyque remarquable, aux couleurs chaudes et à l'ambiance explosive : « L'association des cas particuliers ». C'est désormais Vents d'Ouest qui héberge la série, après avoir réédité 96 anciens récits en quelques années. Dès la couverture, on voit que le parti pris est radical. Virage à 180 degré, particulièrement sur le rendu graphique : autour de leur Rolls Royce de location, les malfrats en costumes trois pièces se la jouent bling bling. Fond en à plat, corps géométrisés à l'outrance : Philippe Riche ne fait pas dans la demi-mesure, il annonce la couleur d'emblée. Tout va changer ou presque.

Certes, on retrouve les trois personnages, Croquignol, Filochard et Ribouldingue, glandeurs et arnaqueurs de profession, à leur ixième sortie de prison. Cette fois, ils sont bien décidés à se tenir à carreau et à trouver du boulot réglo. Mais à force de chasser le naturel, il revient au galop comme une charge à cheval de la gendarmerie. Les trois compères auront bientôt une idée de génie qui leur permettra d'arnaquer les nantis. Ils vont monter de toute pièce un paradis fiscal en plein cœur de la France pour convaincre quelques VIP d'y investir leur fortune. N'importe qui trouverait l'idée foireuse mais les Pieds Nickelés ne sont pas n'importe qui. Rien ne les arrête, surtout pas la police !

Le scénario est amusant, plutôt fidèle à la série, même si nos trois zéros prennent avec ce nouvel album pleinement pied dans le XXIe siècle. C'est clairement sur le plan graphique que la série prend un coup de jeune. Philippe Riche a une patte bien à lui, qui s'étend de la morphologie des personnages au traitement des décors, en passant par les expressions, les couleurs toniques, les grands à-plats de noir et ce trait singulier, tantôt marqué tantôt presque absent, qui laisse une belle place à l'imagination du lecteur et à l'énergie du dessin.

Le résultat n'est pas déroutant, il est emballant. Les pieds nickelés restent une série bon enfant, grand public, mais grâce à ce traitement visuel ambitieux, les albums s'annoncent beaux et largement novateurs dans leur façon de mettre l'histoire en mouvement. Espérons que Riche trouvera encore le temps de pondre des scénarios de son crû et de respirer en dehors de cette lourde charge, qui risque de lui prendre pas mal d'énergie, s'il est appelé à poursuivre la série pendant des années. Il le mérite largement.


 

L'ebook a 40 ans > 2011 > Le Jour J

Par Marie Lebert

 

 

40 ans aujourd’hui pour le livre numérique, né le 4 juillet 1971 en tant que premier titre (eText #1) du Projet Gutenberg, un projet visionnaire lancé par Michael Hart, alors étudiant à l’Université de l’Illinois (États-Unis).

Après des débuts timides, le livre numérique est maintenant fermement implanté à côté du livre imprimé, avant de le supplanter peut-être. On peut désormais lire un livre sur son ordinateur, son PDA, son téléphone mobile, son smartphone ou sa tablette de lecture.

Ce court épisode, le dernier d’une longue série débutée le 16 mai, a pour but de célébrer les 40 ans du Projet Gutenberg et de rendre hommage à ses milliers de volontaires de par le monde, au moyen d’un PDF collectif situé dans Project Gutenberg News, le blog officiel du Projet Gutenberg.

 

Et un grand merci à Marie Lebert pour l'ensemble de ce dossier, sur lequel nous reviendrons durant l'été, avec une version reprenant l'ensemble des publications faites. (Je vous propose chaque semaine un extrait de cet excellent dossier).

 

L'ebook a 40 ans > 1971 > Le Projet Gutenberg, un projet visionnaire

Le premier livre numérique est l’eText #1 du Projet Gutenberg, un projet visionnaire fondé en juillet 1971 par Michael Hart pour créer des versions électroniques d'oeuvres littéraires et les diffuser gratuitement dans le monde entier.

Au 16e siècle, Gutenberg avait permis à chacun d'avoir des livres imprimés pour un prix relativement modique. Au 21e siècle, le Projet Gutenberg permettrait à chacun d'avoir une bibliothèque numérique gratuite.

Les débuts du projet

Quels furent les tous débuts du projet? Alors étudiant à l’Université de l'Illinois (États-Unis), Michael Hart se voit attribuer quelques millions de dollars de «temps machine» dans le laboratoire informatique (Materials Research Lab) de son université.

Le 4 juillet 1971, jour de la fête nationale, il saisit «The United States Declaration

 of Independence» (La Déclaration de l’indépendance des États-Unis, signée le 4 juillet 1776) sur le clavier de son ordinateur. En caractères majuscules, puisque les caractères minuscules n’existent pas encore. Le texte électronique représente 5 ko (kilo-octets). Mais l’envoi d’un fichier de 5 ko à la centaine de personnes que représente le réseau de l’époque aurait fait imploser celui-ci, la bande passante étant infime. Michael diffuse donc un message indiquant où le texte est stocké - sans lien hypertexte toutefois, puisque le web ne voit le jour que vingt ans après - suite à quoi le fichier est téléchargé par six personnes. Dans la foulée, Michael décide de consacrer ce crédit temps de quelques millions de dollars à la recherche d’oeuvres littéraires disponibles en bibliothèque, à la numérisation de celles-ci et au stockage des textes électroniques. Peu après, Michael définit la mission du Projet Gutenberg, à savoir mettre à la disposition de tous, par voie électronique, le plus grand nombre possible d’oeuvres littéraires. Ce projet trouve un rayonnement international avec l’apparition du web en 1990, ce qui facilite la circulation des textes électroniques et les échanges avec les volontaires. Michael explique plus tard, en août 1998 : « Nous considérons le texte électronique comme un nouveau médium, sans véritable relation avec le papier. Le seul point commun est que nous diffusons les mêmes oeuvres, mais je ne vois pas comment le papier peut concurrencer le texte électronique une fois que les gens y sont habitués, particulièrement dans les établissements d'enseignement. » (Entretien du NEF)

 Au lieu d’être un ensemble de pages reliées, le livre devient un texte électronique que l’on peut dérouler en continu, au format ASCII (American Standard Code for Information Interchange), à savoir le format le plus simple et le plus répandu, avec des lettres capitales pour les termes en italique, en gras et soulignés de la version imprimée, pour que le texte du livre puisse être lu sans problème quels que soient la machine, la plateforme et le logiciel utilisés.

Distributed Proofreader

Le Projet Gutenberg trouve un nouveau souffle avec la création de Distributed Proofreaders  en 2000, pour partager la relecture des livres entre des milliers de volontaires. Conçu en octobre 2000 par Charles Franks pour aider à la numérisation des livres du domaine public, Distributed Proofreaders (DP) devient rapidement la principale source du Projet Gutenberg. Le concept est de permettre la correction partagée de livres du domaine public scannés à partir d'une version imprimée puis convertis au format texte par un logiciel OCR (fiable à 99% dans le meilleur des cas, ce qui représente donc quelques erreurs par page), en fragmentant ces livres en pages pouvant être relues par des correcteurs différents. Les volontaires n'ont aucun quota à respecter. À titre indicatif, il est suggéré de relire une page par jour.

Distributed Proofreaders est officiellement affilié au Projet Gutenberg en 2002, puis devient une entité séparée en mai 2006 tout en conservant des liens étroits avec le projet. Distributed Proofreaders comptabilise 10.000 livres numérisés et relus par ses volontaires en décembre 2006. Distributed Proofreaders Europe (DP Europe) voit le jour début 2004, et Distributed Proofreaders Canada (DP Canada) en décembre 2007.

La philosophie du projet

La structure administrative et financière du Projet Gutenberg se limite au strict minimum, avec une devise qui tient en trois mots : « Less is more. » Le but est d’assurer la pérennité du projet indépendamment des crédits, des coupures de crédits et des priorités culturelles, financières et politiques du moment. Pas de pression possible donc par le pouvoir et par l’argent. Et respect à l’égard des volontaires, qui sont assurés de voir leur travail utilisé pendant de nombreuses années, si ce n’est pour plusieurs générations. Le suivi régulier du projet est assuré grâce à une lettre d’information hebdomadaire et mensuelle, des forums de discussion, des wikis et des blogs.

En 2010, le Projet Gutenberg compte 33.000 livres numériques, des dizaines de milliers de téléchargements par jour, des sites web aux États-Unis, en Australie, en Europe et au Canada, avec d’autres sites à venir dans d’autres pays, et 38 sites miroirs répartis sur toute la planète.

Quarante ans après les débuts du Projet Gutenberg, Michael Hart se définit toujours comme un fou de travail dédiant toute sa vie à son projet, qu’il voit comme étant à l’origine d’une révolution néo-industrielle. Il se définit aussi comme altruiste, pragmatique et visionnaire. Après avoir été traité de toqué pendant de nombreuses années, il force maintenant le respect. Michael précise souvent dans ses écrits que, si Gutenberg a permis à chacun d'avoir ses propres livres - jusque-là réservés à une élite - pour un coût relativement modique, le Projet Gutenberg permet à chacun d'avoir une bibliothèque complète gratuite - jusque-là réservée à la collectivité -, sur un support qu'on peut glisser dans sa poche (ou porter en pendentif autour du cou). Les collections du Projet Gutenberg ont la taille d'une bibliothèque publique de quartier, mais cette fois disponible sur le web et téléchargeable par tous.

Au fil des ans, la mission du Projet Gutenberg reste la même, à savoir changer le monde par le biais de l’ebook gratuit indéfiniment reproductible, et favoriser ainsi la lecture et la culture pour tous à moindres frais. Cette mission se résume en quelques mots : « encourager la création et la distribution d’ebooks », par autant de personnes que possible, et par tous les moyens de diffusion possibles, tout en prenant les virages nécessaires pour intégrer de nouvelles idées, de nouvelles méthodes et de nouveaux supports.

 

 

L'ebook a 40 ans > 1974 > Les débuts de l'internet

L’internet est opérationnel bien avant le web, qui apparaîtra quinze ans plus tard.

L'internet, embryonnaire en 1971, naît en 1974. Vinton Cerf est souvent appelé le père de l'internet parce qu'il est le co-auteur en 1974 (avec Bob Kahn) du protocole TCP/IP (Transmission Control Protocol / Internet Protocol) nécessaire au bon fonctionnement du réseau.

Bienvenue dans le réseau

L’internet est d’abord mis en place aux États-Unis pour relier les agences gouvernementales, les universités et les centres de recherche, avant de débuter sa progression mondiale en 1983. Il trouve ensuite un nouveau souffle avec l'invention du web par Tim Berners-Lee en 1990 puis le lancement du premier navigateur Mosaic en 1993.

Sur le site de l'Internet Society (ISOC), qu'il fonde en 1992 pour promouvoir le développement du réseau, Vinton Cerf explique : « Le réseau fait deux choses (...): comme les livres, il permet d'accumuler de la connaissance. Mais, surtout, il la présente sous une forme qui la met en relation avec d'autres informations. Alors que, dans un livre, l'information est maintenue isolée. »

Le web étant facile d’utilisation grâce aux liens hypertextes reliant les pages entre elles (on y reviendra dans notre épisode consacré au web, prévu pour après-demain), l’internet peut enfin être utilisé par tout le monde dans les années 1990, et pas seulement par les pros de l’informatique. On compte 100 millions d’usagers internet en décembre 1997, avec un million de nouveaux usagers par mois, et 300 millions d’usagers en décembre 2000.

En Europe, on galère

En ce qui concerne la connexion à l’internet, les choses sont moins faciles en Europe qu’en Amérique du Nord. La connexion est d'abord tarifée à la durée, avec un tarif de jour très élevé et un tarif de nuit plus intéressant, d’où l’obligation de travailler la nuit pour éviter les factures trop élevées (j’ai vécu cela, comme tant d’autres, puisque je débutais tout juste mon projet sur le livre numérique). Des mouvements de grève sont lancés fin 1998 et début 1999 en France, en Italie et en Allemagne dans le but de faire pression sur les sociétés prestataires pour qu'elles baissent leurs prix et qu'elles proposent des forfaits internet, avec gain de cause les mois suivants.

Quelques années plus tard, le haut débit se généralise. Jean-Paul, webmestre du site hypermédia cotres.net, résume la situation en janvier 2007 : « J’ai l’impression que nous vivons une période “flottante”, entre les temps héroïques, où il s’agissait d’avancer en attendant que la technologie nous rattrape, et le futur, où le très haut débit va libérer les forces qui commencent à bouger, pour l’instant dans les seuls jeux. »

L’internet du futur

L’internet du futur pourrait être un réseau pervasif permettant de se connecter en tous lieux et à tout moment sur tout type d’appareil à travers un réseau unique et omniprésent. Le concept de réseau pervasif est développé par Rafi Haladjian, fondateur de la société Ozone.

Comme expliqué sur le site web en 2007, « la nouvelle vague touchera notre monde physique, notre environnement réel, notre vie quotidienne dans tous les instants. Nous n’accéderons plus au réseau, nous l’habiterons. Les composantes futures de ce réseau (parties filiaires, parties non filiaires, opérateurs) seront transparentes à l’utilisateur final. Il sera toujours ouvert, assurant une permanence de la connexion en tout lieu. Il sera également agnostique en terme d’application(s), puisque fondé sur les protocoles mêmes de l’internet. »

En 2011, on attend cela avec impatience

Quant au contenu de l’internet, Timothy Leary, philosophe visionnaire, le décrit ainsi dans «Chaos et cyberculture?», un livre publié en 1994 : « Toute l’information du monde est à l’intérieur. Et grâce au cyberespace, tout le monde peut y avoir accès. Tous les signaux humains contenus jusque-là dans les livres ont été numérisés. Ils sont enregistrés et disponibles dans ces banques de données, sans compter tous les tableaux, tous les films, toutes les émissions de télé, tout, absolument tout. »
En 2011, nous n’en sommes pas encore là, mais les choses sont en bonne voie.

 

 

LES EXTENSIONS DE L’ASCII


Avec le développement de l’internet hors de la sphère anglophone, communiquer uniquement en anglais devient insuffisant, d’où la nécessité de prendre en compte les caractères accentués de plusieurs langues européennes et les caractères d’autres langues.

L’ASCII sur 7 bits

Le premier système d'encodage informatique est l’ASCII (American Standard Code for Information Interchange). Publié en 1968 aux États-Unis par l’American National Standards Institute (ANSI), l'ASCII est un code standard de 128 caractères traduits en langage binaire sur sept bits (A est traduit par «1000001», B est traduit par «1000010», etc.). Les 128 caractères comprennent 33 caractères de contrôle (qui ne représentent donc pas de symbole écrit) et 95 caractères imprimables: les 26 lettres sans accent en majuscules (A-Z) et minuscules (a-z), les chiffres, les signes de ponctuation et quelques caractères spéciaux, le tout correspondant aux touches du clavier anglophone.
L’ASCII sur 8 bits

L'ASCII permet uniquement la lecture de l’anglais (et du latin, mais à mon sens, peu de gens utilisent le latin pour communiquer via l’internet). L’ASCII ne permet donc pas de prendre en compte les lettres accentuées présentes dans bon nombre de langues européennes (français, espagnol, allemand, etc.), les langues disposant d’autres alphabets (arabe, grec, russe, etc.) et à plus forte raison les langues non alphabétiques (chinois, coréen, japonais, etc.).

Ceci ne pose pas de problème majeur les premières années, tant que l’échange de fichiers électroniques se limite surtout à l’Amérique du Nord. Mais le multilinguisme devient bientôt une nécessité vitale. Des variantes de l’ASCII (norme ISO-8859 ou ISO-Latin) sur huit bits sont publiées en 1985 pour prendre en compte les caractères accentués de quelques langues européennes. La variante pour le français, l’espagnol et l’allemand (entre autres) est la norme ISO-8859-1 (ISO-Latin-1).
Un véritable casse-tête

Avec le développement du web, l’échange des données s’internationalise encore davantage. Même avec des variantes de l’ASCII, on ne peut décidément plus se limiter à l’utilisation d’un système d’encodage datant des débuts de l’informatique. De plus, le passage de l’ASCII original à ses différentes extensions devient vite un véritable casse-tête, y compris au sein de l’Union européenne, les problèmes étant entre autres la multiplication des variantes, la corruption des données dans les échanges informatiques ou encore l’incompatibilité des systèmes, les pages ne pouvant être affichées que dans une seule langue à la fois.

Olivier Gainon, fondateur de CyLibris et pionnier de l’édition électronique littéraire, écrit à ce sujet en décembre 2000 : « Il faut que le réseau respecte les lettres accentuées, les lettres spécifiques, etc. Je crois très important que les futurs protocoles permettent une transmission parfaite de ces aspects - ce qui n’est pas forcément simple (dans les futures évolutions de l’HTML ou des protocoles IP, etc.). Donc il faut que chacun puisse se sentir à l’aise avec l’internet et que ce ne soit pas simplement réservé à des (plus ou moins) anglophones. Il est anormal aujourd’hui que la transmission d’accents puisse poser problème dans les courriers électroniques. La première démarche me semble donc une démarche technique. Si on arrive à faire cela, le reste en découle : la représentation des langues se fera en fonction du nombre de connectés, et il faudra envisager à terme des moteurs de recherche multilingues. » (Entretien du NEF)

 

L’Unicode

Publié pour la première fois en janvier 1991, l’Unicode est un système d'encodage universel sur 16 bits spécifiant un nombre unique pour chaque caractère. Ce nombre est lisible quels que soient la plateforme, le logiciel et la langue utilisés. L’Unicode peut traiter 65.000 caractères uniques et prendre en compte tous les systèmes d’écriture de la planète. L’Unicode est progressivement adopté à partir de 1998. L’introduction d’un nouveau système d’encodage représente en effet un énorme travail à tous niveaux, pour sa prise en compte dans tous les logiciels et tous les navigateurs web. (On y reviendra dans notre épisode d’après-demain, consacré à l’Unicode.)


A SUIVRE A LA PROCHAINE REVUE...



10/07/2011
0 Poster un commentaire

Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 11 autres membres