Conscience Nègre

Conscience Nègre

REVUE_PRESSE_22Juillet2011

Forums de discussions sur Internet : « Il faut plus de rigueur dans la modération »

 

 

Les soutenances de mémoire de fin d’études se déroulent à l’Institut des sciences et techniques de l’information et de la communication (ISTIC) du 11 au 15 juillet 2011 au sein de l’établissement. Tilado Appolinaire Abga, élève-conseiller en sciences et technique de l’information et de la communication, niveau III, lui, s’est penché sur les forums de discussions sur Internet, en particulier sur leur application sur le journal papier. Son thème de mémoire avait pour titre : « le contenu de l’espace réservé aux intervenants dans les quotidiens burkinabè sous le prisme du conseil supérieur de la communication. Exemples de l’Observateur Paalga et le Pays. Des dérives notoires sont constatées et il recommande plus de rigueur dans la modération.

Tilado Apolinaire Abga s’est appuyé sur les réactions des internautes reprises dans la version papier des deux journaux à travers les rubriques assez bien connues des lecteurs de ces deux quotidiens : « la tribune des internautes » pour le Pays et « le forum des internautes » pour l’Observateur Paalga. Un journaliste doit respecter l’éthique et la déontologie du métier. Alors que le forumiste intervient comme bon lui semble. Avec les évènements récents aussi bien au plan national qu’international, le constat fait par l’impétrant est que le besoin de s’exprimer est de plus en plus grand de la part des citoyens. Donc, « il faut en finir avec la censure, du moins dans sa forme actuelle ». Les forums de discussion offrent cette tribune de liberté. « Les internautes ont la garantie qu’ils peuvent s’exprimer librement sans être inquiétés », souligne Tilado Apolinaire Agba.

Cette liberté d’expression semble donner libre court à des dérives. Il y a plus de récriminations que d’informations données par ces forumistes. Les injures et autres diffamations dont on ne peut se permettre dans les colonnes d’un journal classique sont le jeu favori des internautes. C’est du moins ce que démontrent les travaux de recherche de Tilado Apolinaire Abga. « Un journaliste ne peut pas insulter le président du Faso, mais les forumistes le font, ils le tutoient.. ». D’où des recommandations de l’élève-conseiller : « Il faut censurer les messages tendancieux ».

Le document comporte certes, beaucoup de carences du point de vue de la scientificité du travail, mais il a été positivement apprécié pour son originalité. Le jury présidé par Dr Cyriaque Paré a décerné la note de 15/20 au candidat qui s’est engagé à prendre en compte les suggestions afin de laisser un document scientifiquement irréprochable pour la postérité.

Moussa Diallo (Faso-tic.net)

 

 

14 juillet sauce gombo


Comme tout ce qui concerne la France, le 14 juillet n’est jamais un événement tout à fait étranger pour les anciennes colonies gauloises. Sur les Champs-Elysées, comme dans les résidences diplomatiques tropicales…

 

 © Damien Glez, tous droits réservés.


Les commémorations du 14 juillet sont africaines. Normal. Officiellement, il n’est connu aucun survivant de la prise de la Bastille de 1789. Alors, en attendant de digérer une intervention française en Afghanistan presque-pas-tout-à-fait-achevée, la résilience porte sur les conflits mondiaux du XXe siècle.

La France a essayé de payer sa dette

À grand-messe militarisée, «grandes guerres». Or, 200.000 tirailleurs sénégalais, membres de la «Force noire», se sont battus dans les forces françaises entre 1914 et 1918. Dès 1939, ce réservoir d'hommes constituait environ un quart du total des effectifs.

«Grâce» à la publicité d’une célèbre marque de poudre de cacao, le tirailleur africain survivra dans l'imaginaire métropolitain. Présent sur les tables des petits-déjeuners, il sera pourtant peu invité à la table des pensionnaires. La dette contractée par l'Empire français sera cristallisée jusqu’à la sortie du film Indigènes.

Comme on distribue d’ultimes décorations en guise d’excuses, la tribune officielle des cérémonies du 14 juillet a souvent fait la part belle aux dirigeants africains. Ultime, ultime honneur: 12 anciennes «possessions» françaises d’Afrique (avec 38 troufions par pays) participaient au défilé militaire de la fête nationale française en 2010. Prétexte: la célébration du cinquantenaire des indépendances dans le pré-carré français. 12 chefs d’Etat et de gouvernement jugés plus ou moins fréquentables foulèrent le bitume de la plus belle avenue du monde.

Plus discrets, deux anciens combattants de la bataille de Bir Hakeim versèrent une larme depuis les tribunes. Car nombre d’Africains gardent une certaine tendresse pour l’ancien colon et le lustre de ses manifestations baroques.

Vu du continent africain, si l’on ne possède pas une antenne parabolique qui justifiera qu’on s’absente du bureau pour suivre, en direct, le défilé militaire parisien, on tentera d’être invité aux flonflons locaux. Encore plus kitsch et anachronique que la célébration française de France sera la réception offerte, à la «descente», par l’ambassadeur de l’Hexagone.

Les soirées de l'ambassadeur

Si Nicolas Sarkozy a réduit le budget consacré à la garden-party parisienne, le champagne se doit de couler à flot dans les ex-colonies. Si les anciens combattants africains ont eu du mal à percevoir des pensions à la hauteur de leur sacrifice, ils sont au moins abreuvés, une fois par an…

Chaque 14 juillet, en Afrique occidentale, entre chien et loup, the place to be est française. L’ambassadeur reçoit dans une ambiance surannée. Le bristol «strictement personnel demandé à l’entrée» porte de vraies-fausses dorures. On n’a plus les moyens d’apposer des armoiries en relief, mais les imprimantes laser font des miracles avec les nuances de jaune.

Pour faire plaisir à son hôte diplomate, l’invité africain portera le nœud papillon qui dormait dans la naphtaline ou le costume traditionnel le plus exotique possible. Comme à l’embarquement d’une croisière mondaine, Son Excellence, mis «sur son 14», accueillera les plus ponctuels à l’entrée, à l’issue du contrôle de sécurité qui refoule les sacs à main et les défauts de «tenue correcte exigée». L’ancien colon recevra dans une résidence dont la superficie semble dépasser certains quartiers de la ville.

Le ministre local des Affaires étrangères, dont on aura parfois actualisé la décoration la veille, fera un long discours après avoir annoncé, à l’avance, qu’il ne ferait pas de long discours. L’ambassadeur, avertissant se garder de distance protocolaire, en abusera. Après quelques applaudissements sincèrement émus, la musique feutrée pourra s’échapper d’on ne sait où. Ce ne sera pas un air de Jacques Revaux que l’on croira reconnaître, mais ses paroles:

«Entre le gin et le tennis / Les réceptions et le pastis / On se serait cru au paradis / Au temps béni des colonies»

Comme si elle savait que certains invités ne seraient pas habitués à sortir de la climatisation, la saison aura la délicatesse d’être «des pluies». Pour les plus rapides, le buffet sera bien garni: petits fours, brochettes et parfois portions de camembert, comme lors des passages de Jacques Chirac dans sa chère Afrique.

Ça sera la fête des expatriés, qui se ressourceront juste avant d’aller… se ressourcer… à la source. Le lendemain, proclamée officiellement la mi-juillet, ça sera la débandade dans les démembrements des représentations européennes.

En attendant la quille, le 14 ressemblera au dernier jour d’une année de lycée. À ceci près que les lycéens n’y seront pas conviés. Dès le 12 juillet, le communiqué de presse le précisait: «Pour des raisons de sécurité, seuls les Français majeurs seront admis». Ce n’est quand même pas la guinguette des bords de Marne. Si l’on veut que le standing reste diplomatique, la bonne humeur se doit d’être savamment dosée.

En direct des Champs-Elysées

Pour l’heure, après «leur» année, les Africains sont discrets sur les Champs-Elysées. Si l’outre-mer est toujours au programme en 2011, c’est le haka d’un groupe de soldats polynésiens qui est la star de l’édition.

Alors, comme nous serons peu à assister aux célébrations du centenaire des indépendances, fermons les yeux et rêvons d’un nouveau défilé afro-africain au cœur de la capitale française. Vrais-faux commentaires en direct…

«Voici que s’ouvre le défilé militaire du 14 juillet. Au bout de l’avenue, semblant surgir de l’Arc de Triomphe, voici venues les forces du Conseil national de transition libyen. Les mains nues, elles progressent sur les Champs-Élysées. À mi-parcours, des avions français survolent la capitale et parachutent des armes aux rebelles libyens. Dans un ballet admirable, ceux-ci s’en saisissent, reculent, avancent à nouveau, reculent encore et finissent par se disperser dans la foule en attendant de pouvoir rallier la place de la Concorde. La prise de la Bastille n’est apparemment pas pour demain.

Sous nos yeux ébahis, les Libyens sont immédiatement relayés par un bataillon des Forces républicaines de Côte d’Ivoire, fouillé à l’entrée de l’avenue. Mais que voyons-nous? Un homme semble courir derrière les brillants soldats ivoiriens… Un retardataire? Nous le reconnaissons enfin. Il s’agit de Mamadou Koulibaly qui tente de réintégrer le sens de l’histoire...

Comme de bien entendu, les soldats de Côte d’Ivoire ne sont suivis que d’un bruit de bottes par un détachement de l’Opération Licorne, représentée par la Base de soutien à vocation interarmées de Port-Bouët

 Ces troupes sont elles-mêmes suivies par des représentants du dispositif Épervier, 21e régiment d'infanterie de marine et compagnies du 2e REP. Tous deux juste rapatriés du continent africain, défilent avec tout leur barda. Curieusement, ce sont les Eperviers qui ont des cornes…

Mais… mais… que se passe-t-il?! Un mouvement se fait sentir dans la foule, attirant des regards craintifs. Serait-ce Maxime Brunerie, libéré de prison en août 2009, qui tenterait, à nouveau, d’assassiner le président de la République française durant le défilé des Champs-Élysées? Aucune détonation ne se fait entendre. S’agirait-il de ce nouveau type d’attentat dont fut victime Nicolas Sarkozy, il y a quelques semaines, dans le Lot-et-Garonne?

Une main métisse s’extrait des badauds. Va-t-elle agripper une veste? L’émotion est à son comble. Mais la main fait juste un signe du doigt au bataillon de la légion étrangère venu démontrer, sur les Champs-Elysées, sa capacité de nuisance en Afrique. De la foule, le doigt fait signe d’approcher.

Au moment où une voix lance "Venez, s’il vous plaît, sautez sur Dakar", les agents de sécurité français plaquent au sol le jeune homme perturbateur. Il est écarté du défilé manu militari. À mesure qu’il s’éloigne, on l’entend répéter "Appelez tonton Bourgi… Appelez tonton Bourgi…"».

Plus de peur que de mal. On a bien raison de refouler les enfants aux 14-juillet africains.

Damien Glez

 

 

 

 

Rôle des langues transfrontalières dans l'intégration africaine: Les Pulaarophones en conclave à Dkr

     

 

Le développement de l’Afrique passera nécessairement par l’utilisation de nos langues. C’est en tout cas l’avis des experts de l’Académie des langues (Acalan), une institution spécialisée de l’Union africaine créée en 2006, pour assurer la promotion des langues dites transfrontalières véhiculaires dont le Fulfulde. Des spécialistes venus des pays de la Cedeao et de la diaspora réfléchissent depuis hier, sur cette question, à Dakar.

Aucune nation au monde ne s’est développée avec la langue d’autrui. L’Afrique ne pourra pas faire exception à cette règle. Le développement du continent passera nécessairement par l’utilisation de nos langues, notamment celles dites transfrontalières qui constituent, à n’en pas douter, la voie royale pour l’intégration des peuples africains. C’est à cet exercice délicat que se livrent, depuis hier et ce pendant deux jours, les participants à l’atelier international de planification de Fulfulde (le Pulaar) qui se tient, en ce moment, à Dakar. Ces participants qui sont venus des pays de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’ouest (Cedeao) et de la diaspora, vont réfléchir, durant ces deux jours, sur le rôle que peut jouer le Fulfulde dans l’intégration des peuples de la sous-région. Ils procéderont, durant les travaux, à l’identification, à la planification et à l’analyse des activités prioritaires devant être mises en œuvre, dans les trois années à venir, par les Commissions des langues transfrontalières véhiculaires (Cltv). Ils devront en outre, réfléchir sur le rôle des communautés économiques régionales (Cer), des centres régionaux des langues (Crl) et des Organisations de la société civile, entre autres, dans le fonctionnement de ces Cltv.

Le Fulfulde a été choisi, à l’instar du Haoussa et du Mandinka, comme langue transfrontalière véhiculaire pour l’Afrique de l’Ouest. A vrai dire, l’espace pulaarophone dépasse largement la Cedeao. Il regroupe aujourd’hui une vingtaine de pays du continent. Il englobe, entre autres, le Sénégal, la Gambie, la Mauritanie, le Mali, le Niger, le Burkina, la Guinée-Bissau, la Guinée, le Tchad, le Nigéria, le Cameroun, la République centrafricaine et le Soudan sans parler de la diaspora. Le Pulaar est parlé par près de 50 millions de personnes à travers le continent.

Le doute n’est plus permis aujourd’hui. L’Afrique doit accélérer le processus d’intégration si elle ne veut pas rester éternellement, à la traîne de l’humanité. Les langues transfrontalières constituent, de ce point de vue, un raccourci pour y parvenir. Car, comme l’avait si bien dit, un jour, l’ancien président malien, Alpha Oumar Konaté, ‘on ne peut prétendre au développement et à l’intégration du continent sans la prise en charge des langues africaines’. C’est aussi le sentiment du Professeur Sozinho Francisco Matsinhe, Secrétaire exécutif de l’Académie africaine des langues (Acalan). ‘Etant donné le rôle que joue la langue dans le développement et l’intégration, il a été recommandé d’organiser conjointement avec les communautés économiques régionales, dans chaque région d’Afrique, un atelier opérationnel afin de lancer les premières commissions de langues transfrontalières véhiculaires (….)’, a-t-il déclaré, lors de la cérémonie d’ouverture de l’atelier. Il s’est dit convaincu que le développement de l’Afrique passera nécessairement par la promotion et la valorisation de nos langues.

Le directeur de l’Alphabétisation et de la promotion des langues nationales, El Hadj Meissa Diop, abonde également dans le même sens. ‘Le salut de l’Afrique, dit-il, se trouve dans l’intégration par les langues. Nous n’avons jamais vu un pays ou un peuple qui s’est développé avec la langue d’autrui’. Selon lui, la promotion des langues nationales est déjà une réalité au Sénégal. Il fait ainsi allusion à l’utilisation, depuis quelques années, du Wolof, du Pulaar et du Serère à l’Assemblée nationale où certains députés préfèrent s’exprimer dans leur langue maternelle à la place du Français. Mais, il reste encore beaucoup à faire pour que nos langues aient véritablement droit de cité dans les lieux de travail, notamment au niveau de l’Administration.

La rencontre de Dakar est organisée par l’Académie sénégalaise des langues et la commission fulfulde en collaboration avec l’Académie africaine des langues (Acalan) qui est une institution spécialisée de l’Union africaine. Elle a été créée en 2006 lors du Sommet des chefs d’Etat et des gouvernements à Khartoum, au Soudan. Elle a pour vocation de promouvoir et valoriser les langues africaines notamment celles dites transfrontalières véhiculaires comme le Pulaar, le Haoussa et le Mandinka. L’objectif étant de faire de celles-ci des langues de travail tout en facilitant leur usage en Afrique. Ce qui pourrait ainsi contribuer au renforcement des échanges culturels et sociaux économiques entre les pays du continent.

Douze langues sur 41 ont été choisies pour faciliter l’intégration africaine

A noter que sur les 41 langues transfrontalières véhiculaires identifiées par l’Acalan, 12 ont été choisies pour la mise en place des Cltv. Il s’agit notamment de l’Arabe standard moderne et le Berbère pour l’Afrique du Nord ; le Haoussa, le Mandinka et le Fulfulde pour l’Afrique de l’ouest ; le Kiswahili, le Somali et le Madagasy pour l’Afrique orientale ; le Chichewa/chinyanja et le Setswana pour l’Afrique australe et enfin le Lingala et le Beti-fang pour l’Afrique centrale.

Mamadou Aliou DIALLO

source : //www.walf.sn/actualites/suite.php?rub=1&id_art=62760

 

 

Les 10 Africains les plus riches


Dans le dernier classement Forbes des milliardaires figurent peu d'Africains. Et parmi les 10 premiers, 3 pays seulement: Nigeria, Afrique du Sud, Egypte.

 

 

Le Nigérian Aliko Dangote, Africain le plus riche et 51e fortune mondiale. REUTERS/Luke Mac Gregor


Comme chaque année, le magazine américain Forbes a publié son classement des milliardaires (en dollars) dans le monde, parmi lesquels on compte 14 Africains.

Des hommes d’affaires qui, en un peu plus de dix ans, sont parvenus à s’introduire dans le cercle très fermé des grandes fortunes mondiales, et ce malgré l’appauvrissement croissant des populations du continent noir.

Au cours de cette décennie, un grand nombre de méga-entreprises ont vu le jour en Afrique. Mais une poignée d’Africains, issus de familles de haut rang, ont su s’imposer sur les marchés de l’immobilier, des mines de diamants, du pétrole ou des télécommunications, assurant leur avenir économique et, de fait, celui de l’Afrique. 

Il faut noter le particularisme africain: l’absence de statistiques ou d’équivalent au classement du magazine Forbes. Il y a les fortunes certifiées, celles que l’on peut établir sur des comptabilités précises et transparentes. Et les autres, celles que l’on nomme les «richesses informelles». Des personnalités comme Abba Abacha au Nigeria et autres chefs d'Etat échappent à tous les radars et fuient toute visibilité.  

Dans le top 20 des milliardaires, on compte huit Américains, deux Français, un Suédois, deux Indiens, un Espagnol, un Brésilien, un Canadien, un Mexicain, un Allemand, un Chinois, un Russe.

Les 1.210 personnalités présentes sur cette liste représentent 4.500 milliards de dollars (3.180 milliards d'euros), le record de cette année 2011.

Classement des 10 Africains les plus riches :

10. Yasseen et Youssef Mansour, Egypte

A 49 ans (Yasseen) et 65 ans (Youssef), les deux frères Mansour rentrent pour la première fois dans la liste de Forbes. Ils arrivent ex aequo à la 692e place avec une fortune estimée pour chacun à 1,8 milliard de dollars (1,27 milliards d'euros).

Connu sous le nom de «Baba Mansour», Youssef Mansour, le plus âgé des trois frères, est à la tête de Métro, la plus grande chaîne de supermarchés égyptiens, l'une des seules à perdurer depuis les émeutes. Il consacre une partie de son temps à lutter contre l'analphabétisme et à promouvoir l'éducation, et reste pour sa famille la pierre angulaire. 

Comme Youssef Mansour, Yasseen Mansour, le plus jeune des frères, est diplômé de l'université de Washington. Il dirige la Palm Hills Developments (PHD), le deuxième plus grand promoteur immobilier d'Egypte, spécialisé notamment dans la construction de villas de luxe et de centres commerciaux.

9. Nike Adenuga, Nigeria

Bien loin derrière son compatriote nigérian Aliko Dangote, Nike Adenuga, à 58 ans, culmine à la 595e place du classement Forbes, avec 2 milliards de dollars (1,4 milliard d'euros) provenant de la banque, du pétrole ou de ses actions dans des entreprises de télécoms. Il fait ses études aux Etats-Unis avant de se lancer dans les transactions immobilières.

A 26 ans, il est déjà millionnaire en distribuant la marque Coca-Cola en Afrique. Il forme Globacom, un groupe de télécoms qui rassemble 13 millions d’abonnés et qui récemment a investi dans la construction de câbles internet sous-marins pour joindre le Nigeria au reste du monde. Il préside également Conoil, une compagnie pétrolière du Niger, et détient des parts dans l’Equatorial Trust Bank.

8. Mohammed Mansour, Egypte

A 63 ans, Mohammed Mansour rentre avec ses trois frères Mansour (Youssef et Yassen Mansour) dans le classement Forbes: il apparaît à la 595e place (ex aequo avec le Nigerian Nike Adenuga). Sa fortune est estimée à 2 milliards de dollars (1,41 milliard d'euros).

Après des études d’ingénieur et de commerce aux Etats-Unis, il profite des liens qu’il a tissés pour introduire des marques américaines sur le marché égyptien telles que Caterpillar, Chevrolet ou encore Marlboro. Les Mansour ont diversifié leurs activités en se lançant par exemple dans la grande distribution et en créant leur propre chaîne de supermarché: Métro. Il a par ailleurs été ministre des Transports en Egypte entre 2005 et 2009.

7. Onsi Sawiris, Egypte

Le chef patriarcal de la famille égyptienne Sawiris n’est plus le plus riche d’entre eux. A 81 ans, sa fortune culmine à 2,9 milliards de dollars (2,05 milliards d'euros), faisant de lui le 393e homme le plus riche de la planète. Il reste le Fondateur du conglomérat Orascom, dont ses trois fils gèrent les différents domaines de construction, de télécommunications, de tourisme, de science et technologie et de l’industrie.

6. Patrice Motsepe, Afrique du Sud

A 50 ans, l’ancien avocat en droit minier Patrice Motsepe est devenu le premier noir milliardaire d’Afrique du Sud. Avec 3,3 milliards de dollars (2,33 milliards d'euros), il devient le 336e homme le plus riche de la planète.

Patrice Motsepe a su profiter des cours avantageux des matières premières dans les années 2000. Parvenu à la tête du conglomérat African Rainbow Minerals, il s’est spécialisé dans le droit minier et il est devenu le premier associé noir au sein du cabinet Bowman Gilfillan à Johannesburg. Patrice Motsepe est reconnu pour avoir progressivement racheté des puits de mines d’or boudées par les grands groupes d’exploitation, pour en augmenter la productivité en utilisant un style de gestion à rentabilité faible.

5. Naguib Sawiris, Egypte

Le fils d’Onsi Sawiris et frère ainé de Samih Sawiris et Nassef Sawiris, est à 56 ans, la 310e fortune du monde selon Forbes. Né en Egypte au Caire, il a fait ses études en Suisse et a rejoint le groupe Orascom fondé par son père en 1979.

Sa fortune, aujourd’hui évaluée à 3,5 milliards de dollars (2,47 milliards d'euros), est le résultat du développement de la branche télécommunications du groupe Orascom et d’Orascom Telecom Holding dont il est l’actuel président et qui contient des opérateurs égyptien, algérien, italien et tunisien.

Mise à jour du 28 juin 2011: Naguib Sawiris a présidé la branche télécommunications du groupe Orascom de 1979 à mai 2011, date à laquelle celui-ci a été cédé au groupe russe Vimplecom, dirigé aujourd'hui par Khaled Bichara. Naguib Sawiris a décidé de se consacrer à la politique et notamment de soutenir un nouveau parti politique, Les Egyptiens libres, dont il est l'un des fondateurs.

4. Johann Rupert, Afrique du Sud

A la 219e place du classement de Forbes, Johann Rupert, 60 ans, est la deuxième plus grande fortune d’Afrique du Sud, évaluée à 4,8 milliards de dollars (3,39 milliards d'euros). Il est d’abord banquier puis incite l’entreprise Rembrandt, appartenant à son père et jusqu’à lors spécialisée dans les vins et le tabac, à s’intéresser au domaine du luxe. Il devient actionnaire principal et prend la tête du groupe suisse Richemont en 1988, qui comprend les marques Cartier, Dunhill, Montblanc et Chloé. Il possède par ailleurs deux des vignobles les plus connus d’Afrique du Sud: Rupert & Rothschild et L’Ormarins. Dernièrement, il s’est intéressé à la multinationale Shell, la compagnie pétrolière.

3. Nassef Sawiris, Egypte

A 50 ans, le fils d’Onsi Sawiris et frère cadet de Naguib Sawiris devient le plus riche de la famille. Né au Caire en Egypte, il a fait ses études à l’université de Chicago aux Etats-Unis où il a reçu son diplôme d’économie. Sa fortune estimée à 5,6 milliards de dollars (3,96 milliards d'euros) provient pour l’essentiel du groupe Orascom Construction Industries (OCI Group), spécialisé dans le fabrication de ciment et les constructions immobilières. En décembre 2007, Orascom a cédé son activité au français Lafarge, leader mondial du secteur. Cette transaction valorisée à 8,8 milliards d’euros a fait de Nassef Sawiris le deuxième actionnaire du groupe français et le 182e homme le plus riche de la planète.

2. Nicky Oppenheimer, Afrique du Sud

Diplômé d’Oxford, à 65 ans, l’homme le plus riche d’Afrique du Sud avec 7 milliards de dollars (4,95 milliards d'euros) a constitué sa fortune essentiellement dans l’exploitation de mines de diamants. Il est aujourd’hui à la 136e place dans le classement mondial de Forbes.

Après ses études, il rejoint la société minière de son père, la Anglo American Corporation implantée à Londres. Il revient à Johannesburg en 1975, et intègre De Beers, une entreprise spécialisée dans l’extraction de diamants. Il en prend la direction en 1978, et ouvre plusieurs joailleries dans le monde, dont une aux Galeries Lafayette à Paris.

1. Aliko Dangote, Nigeria

And the winner is… Nigérian de 53 ans, on estime qu’Aliko Dangote s’est constitué une fortune de 13,8 milliards de dollars (9,75 milliards d'euros). Sa compagnie, Dangote Cement, le plus grand fabricant de ciment du continent, possède des usines en Zambie, en Tanzanie, au Congo et en Ethiopie, et des terminaux de ciment en Sierra Leone, en Côte d’Ivoire et au Liberia.

Classé 51e dans la liste de Forbes, Aliko Dangote est tout simplement l’homme le plus riche d’Afrique. Spécialisé dans la production et l’exportation de ciment, le groupe Dangote a des intérêts dans le sucre, la farine, le textile, l’immobilier, le pétrole et le gaz. Par rapport à 2010, Aliko Dangote aurait augmenté sa fortune de plus de 500%.

Mehdi Farhat

 

Les six femmes les plus influentes d'Afrique


Elles occupent toutes les sphères d'activités. Le succès de la carrière de ces Africaines en font des personnalités incontournables sur le continent.

 

 

Maathai (REUTERS/Kim Kyung Hoon), Okonjo-Iweala (Afolabi Sotunde), Kidjo (Denis Balibouse), Sirleaf (Lucas Jackson)


Bineta Diop, l’arme de la paix du Sénégal

L’essentiel de sa carrière s’est jusqu’ici effectuée dans l’ombre. Avant d’être mise sous les feux des projecteurs en avril 2011, lorsque le magazine Time la classe parmi les 100 personnalités les plus influentes dans le monde, la Sénégalaise Bineta Diop était davantage connue des milieux diplomatiques. Elle était surtout engagée auprès des femmes dont elle se bat pour la protection en périodes de conflits en Afrique. Femme de l’ombre mais très impliquée dans des initiatives en faveur de la paix sur le continent, au travers de son ONG Femmes Africa solidarité (FAS).

Sa préoccupation: intégrer les femmes dans les processus de paix et la résolution des conflits. C’est ce qu’elle a fait au Burundi et en République démocratique du Congo, mais aussi dans toutes les zones sensibles (Darfour, Sierra-Leone, Rwanda, Tchad, Soudan). C’est ce qu’elle continue de faire dans des pays en post-conflits, comme le Liberia, où a elle a dirigé des équipes d’observateurs lors des élections. C’est encore ce qu’elle a fait en 2004, quand elle a usé de tout le poids de son influence pour amener les chefs d’Etat de l’Union africaine (UA) à appliquer le principe de parité  (PDF) dans l’élection des cinq commissaires femmes sur les dix que compte l’organisation:

«Ce sont les femmes qui subissent la violence des conflits et ce sont elles qui reconstruisent et qui font le travail de réconciliation. C’est pour cela que les femmes doivent faire entendre leurs voix lors des négociations.»

Tel est le message qu’elle porte dans toutes les instances décisionnelles dont elle ouvre les portes. C’est ce qu’elle a déclaré au Conseil de sécurité des Nations unies où elle a été la première femme à intervenir sur le rôle des femmes dans la résolution des conflits.

Native de Guéoul, dans le nord-ouest du Sénégal, Bineta Diop semble tenir cette fibre féministe et cette passion pour l’action diplomatique de son histoire familiale. Sa mère est une militante féministe de la première heure. Elle même passe son bac à Addis Abeba en Ethiopie à l’âge de 19 ans, le siège des institutions africaines où son mari est diplomate. Et c’est à Genève en Suisse alors qu’elle travaille depuis 1981 comme juriste internationale qu’elle créera, 15 ans plus tard, le FAS.

Wangari Maathai, la Kényane qui parle aux arbres

Wangari Maathai est première en tout. Première dans sa famille à être scolarisée, elle est aussi la première Kényane à décrocher un doctorat. La première encore à diriger une faculté, la faculté de médecine vétérinaire de l’université de Nairobi au Kenya, lorsqu’elle revient de ses études aux Etats-Unis. Elle est surtout la première africaine à obtenir le très prestigieux prix Nobel de la paix, en 2004, pour «sa contribution en faveur du développement durable, de la démocratie et de la paix».

Ces trois concepts résument l’idéal pour lequel s’est toujours battue cette femme de 71 ans, née dans une famille de fermiers de l’ethnie kikuyu, sur les hauteurs des White Highlands, au Kenya. Lorsque commencent à se poser les problèmes de déforestation dans son pays, Wangari Maathai est, cette fois encore, l’une des premières à flairer le danger. Et surtout la première à agir: elle fonde en 1977 le Green Belt Movement, le mouvement de la Ceinture verte, et commence par planter modestement sept arbres. Soutenu par les femmes, le Green Belt Movement a réussi à planter 30 millions d’arbres en trente ans afin de prévenir l’érosion des sols, devenant ainsi le plus grand projet de reboisement en Afrique. Et la militante écologiste a gagné un surnom: «tree woman», la femme des arbres.

«Nous n’avons le droit ni de fatiguer ni de renoncer», aime à dire Wangari Maathai pour qui l’écologie, le féminisme, la politique, la lutte pour la paix et contre la pauvreté veulent dire la même chose.

Elle est aussi connue pour son tempérament de feu, qui lui valut d’ailleurs d’être plusieurs fois emprisonnée sous la présidence de Daniel Arap Moi (de 1978 à 2002). On raconte par exemple que son mari, dont elle divorce en 1979, avait affirmé au juge qu’elle avait un trop fort caractère et qu’il était incapable de la maîtriser. Sa liberté de ton et son engagement pour la survie de la planète font aujourd’hui référence et inspirent les femmes.

Ngozi Okonjo-Iweala, l’executive woman du Nigeria

Tous les observateurs du monde s’accordent pour dire que Ngozi Okonjo-Iweala a bien fait bouger les lignes et bousculé les habitudes au Nigeria. L’actuelle directrice générale de la Banque mondiale est certainement sur le chemin du retour à Abuja. Celle que l'on surnomme dejà la tsarine de l'économie est en passe d'être nommée ministre de l'Economie et des Finances par le président Goodluck Jonathan. Les négociations entre le chef de l'Etat nigérian et Ngozi Okonjo semblent avoir abouti puisque la directrice générale de la Banque mondiale exigeait, pour intégrer la nouvelle équipe gouvernementale, de disposer de pouvoirs exécutifs très étendus.

Cependant, la très possible nomination de Ngozi Okonjo inquiète les proches collaborateurs du président, vu la rigueur de la dame et sa réputation de forte tête. Elle s'est fait connaître lorsque l’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo lui propose en 2003 d’occuper le poste de ministre des Finances.

Ngozi Okonjo-Iweala engage alors une croisade contre la pauvreté et la corruption dans son pays, peuplé de près de 120 millions de personnes, avec une série de réformes pour assainir les finances publiques. Objectif affiché:  

«Faire en sorte que les revenus du pétrole soient bien investis dans le développement des infrastructures, de l’éducation et de la santé.»

Pour ce faire, elle réduit les subventions au secteur pétrolifère, met en place un système antifraude pour traquer les fonctionnaires véreux et exige un rapport de comptes sur les dépenses du gouvernement. Dès lors, on ne parle que d’elle au Nigeria —et ailleurs. La ministre venue de la Banque mondiale ne se fait pas que des amis, mais se fait élire «héros de l’année» en 2004 par le magazine Time, à qui elle confie:  

«Mon but est de servir mon pays avec ce que j’ai appris.»

De fait, sa formation au très prestigieux Massachussetts Institute of Technology (MIT) et sa carrière de près de 20 ans au sein du groupe de la Banque mondiale lui ont permis de mener les négociations qui ont conduit, en 2006, à l’annulation de deux tiers de la dette nigériane (soit 18 milliards de dollars sur 30) auprès du Club de Paris, un groupe qui réunit les principaux créanciers de la planète.

Ellen Johnson-Sirleaf, la dame de fer du Liberia

Le 17 juin 2011, la présidente libérienne, Ellen Johnson Sirleaf, était à l'honneur à Dakar (Sénégal). Elle recevait l'African Gender Award, un prix d'excellence, créé en 1996 par l'ONG Femmes Africa Solidarité. Ellen Johnson Sirleaf était ainsi récompensée pour son action et son engagement en faveur des droits des femmes. Avant même son accession à la magistrature suprême au Liberia en 2006, Ellen Johnson Sirleaf s’était déjà taillé une réputation de femme à poigne. Figure emblématique dans ce pays ravagé par des années de guerre civile, elle fut ministre des Finances sous la présidence de William Tolbert, tué lors d’un coup d’Etat mené en 1980 par Samuel Doe. Sa formation d’économiste et sa perspicacité de femme politique lui permettent de s’engager dans la défense des droits de ses concitoyens.

Elle approuve, un temps, le coup d’Etat de Samuel Doe contre un régime qui avait fini par museler les ethnies locales, avant de critiquer fortement la dictature militaire qui s’installera dans le pays. Ellen Johnson est emprisonnée, puis exilée. Une période au cours de laquelle elle soutient le chef de guerre Charles Taylor.

Déjà candidate en 1997 contre ce dernier, elle remporte l’élection de 2006 face au Ballon d’or africain George Weah, et s’engage à «vaincre la destruction physique et la décadence morale qui ont suivi 15 ans de guerre civile.» Les femmes et les Africains voient dans l'accession de la première africaine à la magistrature suprême un signe de renouveau et d’espoir, même si «Mama Ellen» ne promettait en prêtant serment, «ni l’abondance ni le miracle, tout juste l’effort».

Were Were Liking, la mystique Camerouno-Ivoirienne

Elle a formé des générations et des générations d’artistes, toutes disciplines confondues. Aujourd'hui, Were Were Liking est considérée par nombre d'Africains comme une "légende". Née en 1950 au Cameroun, cette dramaturge et metteur en scène s’installe en 1978 en Côte d’Ivoire, dont elle prend aussitôt la nationalité. Après des travaux de recherche en traditions esthétiques négro-africaines, elle crée le village Ki-Yi M’bock dans le quartier de la Riviera II à Abidjan.

Un espace culturel multidisciplinaire, dont elle fait le laboratoire de sa production artistique. Elle accueille des jeunes déshérités à qui elle donne un avenir dans la musique, la danse, le théâtre ou les arts plastiques. Elle accueille pour des stages et des résidences de nombreux jeunes comédiens africains désireux de se forger une carrière professionnelle.

Dès ses débuts au milieu des années 80, le village Ki-Yi devient vite une référence. Were Were Liking est surnommée la «reine-mère» et côtoie les plus grands d’Afrique. Sa voix compte dans les milieux internationaux de l’art. Sa production littéraire est immense: une dizaine de pièces de théâtre, autant de romans et de nouvelles, des recueils de contes et de poésie, et des spectacles qui ont fait le tour du monde. Ses créations mêlent volontiers textes, musique et danse tout comme ses publications associent poésie, roman et théâtre.

Cette figure majeure de l’esthétique du théâtre rituel et initiatique n’est pas en odeur de sainteté avec la politique pour laquelle elle dit afficher un mépris souverain. On l’a peu entendue durant les événements en Côte d’Ivoire en début d'année 2011. Et avant l’escalade de la violence dans le pays, l'artiste panafricaniste a réitéré le peu de confiance qu’elle avait pour les hommes politiques:

«Même si Jésus descendait sur terre pour créer un parti, je ne le soutiendrais pas parce qu’il va échouer comme les autres », déclarait-elle en décembre 2010 lors du troisième Festival mondial des arts nègres à Dakar, au Sénégal.

Angélique Kidjo, la Béninoise globe-trotter

Elle est l’une des rares chanteuses africaines à crouler sous le poids des prix et des distinctions à travers le monde. Depuis qu’elle a commencé sa carrière internationale au début des années 80 en France, la chanteuse béninoise Angélique Kidjo a été primée une trentaine de fois, dont deux aux célèbres Grammy Awards pour «meilleur album des musiques du monde».

Née pratiquement en même temps que l’indépendance du Bénin (ex-Dahomey) en 1960, la chanteuse s’initie aux arts dans la troupe de théâtre que dirige sa mère, puis se fait connaître, encore adolescente, en interprétant à la radio nationale une chanson à succès de la diva sud-africaine Miriam Makeba. Les troubles incessants que connaît alors le Benin la poussent à tenter une carrière à l’étranger. Et le succès ne se fait pas attendre.

Angélique Kidjo se fait remarquer par la diversité de ses influences musicales et l’originalité de ses clips. Plusieurs de ses chansons sont longtemps restées au sommet des hits mondiaux, comme Agolo, We We, ou encore Batonga. La BBC l’inclut dans sa liste des 50 icônes du continent africain, et pour le magazine Time, elle est n’est ni plus moins que «la Première diva africaine». Le Guardian complète le tableau en la faisant figurer dans son classement des 100 femmes les plus influentes du monde.

Une notoriété certes, et surtout un talent qui permet à l’artiste de promouvoir la richesse de la musique africaine à travers le monde. Mais aussi de défendre la promotion des femmes, à travers la fondation Batonga qu’elle a créée pour soutenir l’éducation des jeunes filles sur le continent. Angélique Kidjo est d’ailleurs ambassadrice de bonne volonté du Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef) depuis 2002. Elle fait  aussi campagne pour le commerce équitable.

Raoul Mbog

 


Les 10 pays les plus dangereux d’Afrique


Une dizaine de pays du continent figurent dans le Global Peace Index, un classement des pays gangrenés par la violence. En guerre ou cherchant à en sortir, il est risqué de s'y rendre et souvent dangereux d'y vivre.

 

 

Un membre de la coalition des forces rebelles au Darfour en mars 2011 by Albert Gonzalez Farran/AFP/HO/UNAMID


Depuis 2007, le Global Peace Index, réalisé par l’institut de recherche Economics and Peace, classe 153 pays du globe du plus sûr au plus dangereux. Les 10 pays les plus dangereux d'Afrique sont soit des Etats embourbés depuis plusieurs années dans une guerre civile ou frontalière, soit des pays ayant conclu récemment des accords de paix, mais encore confrontés à des violences régulières qui les déstabilisent. Le classement évalue dans ce cas, les risques de reprise des combats et de résurgence de l’instabilité politique. Sont également prises en compte les menaces terroristes, dont certaines sont liées à al-Qaida.

Le classement 2011 est marqué par le printemps arabe et son impact sur la stabilité des pays de l’Afrique du Nord et du Moyen-Orient. Ainsi, des pays comme la Tunisie ou la Libye, pourtant présentés dans le précédent classement comme des havres de paix, figurent aujourd'hui dans le tableau noir.

10 - Ethiopie: risques de résurgence des conflits antérieurs

L’Ethiopie a encore des relations tendues avec son voisin érythréen, plus de dix ans après la fin de la guerre qui les a opposés. Malgré la reconnaissance de la frontière établie par la Cour de justice internationale, le pays n’a pas entièrement retiré ses troupes de la région de Badme, au nord, attribuée à l’Erythrée.

Par ailleurs, l‘Ethiopie est confrontée à deux mouvements indépendantistes sur son territoire. Le premier, le Front de libération Oromo, touche une région très stratégique au sud-ouest, la plus peuplée d’Ethiopie et qui recèle d’importantes ressources naturelles. Le second, le Front national de libération de l’Ogaden, est basé à l’est, à la frontière avec la Somalie, et est doté d’une branche armée.

Sur le plan politique, les élections générales de 2010 se sont déroulées dans le calme. Elles ont été remportées par le parti de Meles Zenawi, Premier ministre depuis 19 ans. Cependant, ce résultat a été dénoncé par plusieurs partis d’opposition réunis au sein de l'alliance du Medek.

9 - Burundi: crainte d’une radicalisation de l’opposition

Le Burundi a connu une guerre civile durant quinze ans. Les racines du conflit étaient les mêmes que celles de son voisin rwandais: l’opposition entre les Tutsi (qui détiennent l’essentiel du pouvoir et des richesses) et les Hutus (plus nombreux et plus pauvres). Le cessez-le-feu définitif a été établi avec les forces rebelles Hutu du Front national pour la libération (FLN), l’ultime groupe encore armé en 2008. Ce dernier, renonçant à la lutte armée, est devenu un parti politique.

La tenue d’élections en 2010 était donc un test pour la stabilité politique du pays. Première étape: les élections locales ont conduit à la victoire du parti au pouvoir le Conseil national pour la défense de la démocratie et des forces de défense de la démocratie (CNDD-FDD), avec 64% des voix. Le résultat, reconnu par la communauté internationale, a été contesté par l’opposition, le FLN en tête.

Deuxième étape, les élections législatives et présidentielle. Elles se sont tenues dans le calme, l’opposition ayant boycotté les scrutins en geste de protestation. Par la suite, de nouvelles violences ont éclaté, faisant craindre une radicalisation de l’opposition.

8 - Zimbabwe: reprise des violences politiques

Le Zimbabwe, sous le régime autoritaire de Robert Mugabe depuis 1980, a connu une vague de violences après l’élection présidentielle controversée en 2008. Robert Mugabe et Morgan Tsvangirai, son principal rival, ont tous deux revendiqué la victoire au premier tour. Après le retrait de la course du second, le premier a été élu président et un accord de partage du pouvoir signé en septembre 2008.

La situation politique du pays a donné des signes d’apaisement en 2009 avec la mise en place d’un régime à deux têtes avec comme président, Robert Mugabe et comme Premier ministre Morgan Tsvangirai. Cette organisation bicéphale était provisoire et devait donner lieu à la rédaction d’une Constitution, préalable à la tenue d’une nouvelle élection présidentielle.

Seulement, en 2010, les tentatives du Premier ministre pour élaborer la Constitution ont été sabotées par le camp de Robert Mugabe. Des réunions publiques ont été interdites, procédant à des arrestations arbitraires, des pillages et des mises à sac. Dans ces conditions, l'élection présidentielle a peu de chances de se tenir en 2011.

7 - Tchad: pacification des relations de voisinage

Le Tchad a sensiblement amélioré sa situation grâce à l’amélioration des relations avec les pays limitrophes. En 2009, la signature des accords de Doha avec le Soudan a amorcé une pacification des rapports entre les deux. En 2010, une force de coalition entre le Tchad et le Soudan a été officialisée.

Cette embellie n’est pas sans conséquence sur le conflit à l’est, hérité des tensions au Darfour (de l’autre côté de la frontière). Le gouvernement soudanais a en effet retiré son soutien aux rebelles opérant au Tchad. Par conséquent, malgré quelques soubresauts, il a été mis fin à l’intrusion de bandes armées au Tchad, avec la défaite des rebelles de l’Union des forces de la résistance et la signature de l’accord de normalisation.

La situation politique du pays s’est également stabilisée dans la perspective de l’élection présidentielle, où Idriss Déby a sans surprise (faute d’opposition structurée) été réélu.

6 - Nigeria: entre guerre de religion et guerre économique

L’instabilité qui règne dans le centre et le sud du pays ne s’est pas calmée avec la réélection de Goodluck Jonathan en avril 2011. Le Nigeria, pays le plus peuplé d’Afrique avec ses 155 millions d’habitants, est marqué par un conflit au centre, dans la région de Jos. Des tueries entre musulmans et chrétiens ont provoqué près de 20.000 morts sur les dix dernières années. 2010 a été ponctuée par des meurtres de chrétiens dans la région de Jos. Le motif religieux souvent évoqué n’est pas l’unique raison à ce conflit. Des motivations économiques ont conduit à la migration vers le sud (majoritairement chrétien) des éleveurs chrétiens sans terre.

Une autre bataille économique se joue dans le delta du Niger, au sud. Le gouvernement nigérian est aux prises avec un groupe terroriste. Ce dernier attaque les installations et le personnel des compagnies pétrolières. Appelé Mouvement pour l'émancipation du delta du Niger (MEND), il a multiplié les enlèvements d'expatriés et les attaques sur les oléoducs, réduisant à néant les tentatives d’armistice engagées par l’Etat. Le pays aurait perdu un quart de sa production pétrolière à cause de ces attaques.

5 - Libye: le printemps arabe tourne à la guerre civile

La Libye est entrée en guerre civile à la suite du soulèvement populaire de février 2011. Les manifestations, inspirées des exemples tunisien et égyptien, ont conduit à la chute de l'autorité de Mouammar Kadhafi dans l’est du pays, particulièrement dans la ville de Benghazi où avait commencé l’insurrection. Plusieurs responsables du régime ont rejoint l’opposition. Face à cette situation, le Guide libyen a répondu par la force début mars, lançant ses troupes contre les villes rebelles. L’intervention internationale qui a eu lieu le 20 mars (après l’établissement du classement), sous la bannière de l’Otan n’a pas abouti à la sortie de crise rapide espérée.

4 - République Centrafricaine: une année préélectorale mouvementée

La République Centrafricaine est désormais placée dans les 10 pays les plus dangereux au monde. La période 2010/2011 a été marquée par une nouvelle agitation dans plusieurs zones de tension du pays. Un climat dû à la tenue, en janvier 2011, de l’élection présidentielle, qui a vu la réélection de François Bozizé.

Au nord-est dans la zone frontalière avec le Soudan et le Tchad, l’armée régulière a fait face à des groupes rebelles jusqu’en 2008. Là, un accord de paix a été signé avec quatre des factions armées présentes dans la zone. Seulement, certains groupes non signataires sévissent toujours. En 2010, peu de temps après le retrait de la mission de l’ONU, la Convention des patriotes pour la justice et la paix (CPJP), a attaqué la ville de Birao, finalement reprise par les troupes gouvernementales aidées de l’armée soudanaise. Le gouvernement centrafricain tente pourtant de militariser cette zone où prolifèrent les armes légères.

Autre terrain sensible, le sud-est du pays où sévit les troupes de la Lord’s Resistance Army (LRA) menée par Joseph Kony, personnage sous le coup d’un mandat d'arrêt international depuis 2005. Ce groupe, des plus violents, est apparu il y a 20 ans en Ouganda et a pris une envergure internationale occupant également la RDC et le Sud-Soudan. Ils s’adonnent à des pillages et à des enlèvements de civils.

3 - République démocratique du Congo: l’émergence d’une menace terroriste

La République démocratique du Congo est empoisonnée par l’activité sur les franges de son territoire, de plusieurs groupes armés et terroristes concentrés à l’est du pays. C’est principalement au Kivu, dans la région des Grands Lacs, que la situation s’est envenimée en 2010.

Ce conflit né de l’arrivée massive de réfugiés à la fin du génocide rwandais, oppose notamment les forces de l’armée nationale (FARDC) et le congrès national pour la défense des peuples (CNDP) de Laurent Nkunda, un ancien militaire Tutsi.

Malgré une tentative d’intégration du CNPD à l’armée régulière et un accord de cessez-le-feu en 2008, ce dernier est régulièrement violé. En 2010, de nombreux combats entre les deux parties ont éclaté. D’autant que le gouvernement congolais, mené par Joseph Kabila, s’est attaqué à l’économie tenue par les forces rebelles en interdisant l’activité dans les mines du Nord et Sud-Kivu.

Toujours à l’est, le gouvernement congolais est aux prises avec des rebelles ougandais. Or, en 2010, les soupçons de lien entre ces derniers et un groupe islamiste fondamentaliste somalien proche d’al-Qaida se sont confirmés.

2 - Soudan: des solutions politiques aux conflits fragiles

En 2010, la situation du Soudan  —déjà mauvaise— a empiré. Le pays est en proie depuis plusieurs années à deux conflits intérieurs lourds de conséquences sur les plans humain et politique.

A l’ouest dans la région du Darfour, le conflit a duré quatre ans. Il a fait 300.000 morts (y compris ceux dus à la famine et aux maladies) et 2,7 millions de déplacés. En 2006, un accord de paix est signé entre le gouvernement du président Omar el-Béchir et le Mouvement pour la justice et d’égalité (JEM), le plus puissant des groupes rebelles. Mais, la paix est fragile, l’ensemble des factions ne l’ayant pas signée. En 2010, des heurts opposent à nouveau le gouvernement et plusieurs groupes armés (dont le JEM) au nord et à l’ouest de la région, conduisant l’ONU à prolonger son intervention d’un an.

Au Sud, le conflit du Soudan du Sud est en voie d’achèvement avec le référendum d’auto-détermination qui s’est tenu en janvier 2011 et qui a abouti à la proclamation, le 9 juillet, de la République du Soudan du Sud. Le scrutin a provoqué le déplacement de plus de 2,4 millions de civils. En outre, la situation de la zone d’Abyei, exclue du vote de janvier, reste encore incertaine.

Malgré ces tensions, le reste du pays est relativement stable, notamment Karthoum, la capitale. En témoigne le déroulement dans le calme de l’élection présidentielle de 2010.

1 - La Somalie: vingtième année de guerre civile généralisée

La Somalie est plongée depuis 1991 dans une guerre civile. Un conflit qui oppose le gouvernement de transition, soutenu par l’ONU et conduit par le président Cheikh Sharif Sheikh Ahmed, à plusieurs groupes de rebelles islamistes, pour certains proches d’al-Qaida.

Non reconnu à l’intérieur du territoire somalien, le gouvernement de Cheikh Sharif Sheikh Ahmed n’arrive pas à imposer un Etat opérationnel sur  l’ensemble du pays. Le seul morceau de territoire qu’il contrôle encore est une partie de la capitale Mogadiscio. La ville est le théâtre régulier, notamment en 2010, de combats violents entre les deux camps pour en conserver la maîtrise.

La terreur dans le pays a eu pour conséquence le déplacement de plus de 1,9 million de personnes, soit plus de 20% des Somaliens selon le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). Il est difficile d’entrevoir une stabilisation du pays. Le mandat du gouvernement de transition, censé s’achever en août 2011, a été prolongé d'un an, d'un commun accord avec toutes les parties, afin d'organiser des élections dans de meilleures conditions. La transition actuelle devrait également aboutir à la création d’une République fédérale, chose inenvisageable pour le moment.

Virginie Pascase


Mamadou Koulibaly : ''une opposition forte est nécessaire en Côte d'Ivoire''


UnMondeLibre.org : Professeur Mamadou Koulibaly, vous venez de démissionner du Front populaire ivoirien (FPI) et de créer un nouveau parti, le LIDER, Liberté et Démocratie pour la République. Pourquoi cette évolution ? Est-ce seulement à cause du fonctionnement du FPI ou aussi parce que vos idéaux de liberté ne cadraient sans doute pas bien avec un parti d'obédience socialiste ?

Mamadou Koulibaly : L’environnement politique ayant évolué ces derniers mois en Côte d’Ivoire, le FPI se retrouve maintenant dans l’opposition. Sachant que le pouvoir d’Alassane Ouattara s’oriente vers une hyper présidence qui s’éloigne de l’état de droit, une opposition forte est nécessaire en Côte d’Ivoire. Dans ce contexte, mes camarades du FPI refusent un congrès-bilan et excluent tout changement, toute évolution même indispensable, qui pourrait, selon eux, les affaiblir.

 

Mes camarades du FPI refusent un congrès bilan et excluent toute évolution, même indispensable

 

Mamadou Koulibaly

Ils s’abritent derrière le prétexte que tout changement serait assimilable à une traîtrise envers des camarades emprisonnés ou exilés, il n’en demeure pas moins que cette inertie condamne les Ivoiriens à un pouvoir fort sans le contre-pouvoir qu’un parti d’opposition se doit d’exercer dans une démocratie. En tant que libéral attaché à la démocratie et à l'économie de marché, j’évalue justement la place importante d’une opposition forte pour freiner l’oppression d’un pouvoir présidentialiste absolu. Ainsi, c’est pour jouer ce rôle dans l’intérêt des populations ivoiriennes que j’ai créé LIDER.

     
 
 
 
 

En ce qui concerne l’avancée idéologique, ce nouveau parti politique va s’atteler à inscrire en Afrique des idées de liberté car nombre de dirigeants africains dits libéraux appliquent des politiques totalement étrangères au libéralisme ce qui fait dire aux populations que ce modèle est un échec. Il faut redonner vie à ces idées, les promouvoir, les mettre en valeur et leur donner un contenu pour sortir de la fiction. La liberté n’est pas un vaste concept réservé aux pays riches, c’est une solution contre la pauvreté. A travers l’influence de LIDER, je suis persuadé que ces idées vont avancer et que les populations vont sortir du carcan du défaitisme qui consiste à croire que l’avenir repose sur la soumission à l’aide publique internationale. Cette quête a également motivé mon choix de départ du FPI.

UML : Vous avez lancé l'année dernière un think tank, Audace Institut Afrique, qui promeut les idéaux de liberté. Quels sont les grands axes de réflexion de votre institut ?

MK : Nous travaillons à promouvoir le libéralisme c’est à dire les libertés et les droits des individus, l’économie de marché, l’entreprise privée, la propriété privée sur le fondement d’un état de droit sachant que les libertés ne peuvent s’exprimer et s’accroître qu’à travers un cadre institutionnel adapté. Les pays les plus avancés sont ceux qui font la promotion de ces valeurs et de ces principes, ce ne sont pas ceux qui ont les plus grands hommes politiques. Il est important de redonner une place à l’homme en diminuant la taille des États qui, singulièrement en Afrique, sont omniprésents et trop dirigistes. Il faut que les populations comprennent qu’elles ne peuvent pas tout attendre de l’État mais qu’elles doivent faire confiance à leurs talents. Pour cela il faut un cadre institutionnel qui leur permette d’entreprendre facilement. Ce sera d’ailleurs le sujet central de réflexion d’Audace Institut Afrique en 2012. Cette année, nous avons essentiellement travaillé sur l’audit de la liberté économique en Côte d’Ivoire.

 

Sans entrer dans les pièges du mimétisme, l’Afrique ne devrait pas refuser de copier les bons principes tout en les adaptant aux spécificités locales

 

Mamadou Koulibaly


L’autre sujet de recherche de 2011 a porté sur l’intérêt du régime parlementaire dans le pays et en Afrique. Les résultats seront publiés au cours du second semestre.
UML : Même si la vie intellectuelle et la vie politique sont séparées, on peut imaginer que les réflexions menées dans le cadre de l'Institut alimenteront les politiques défendues par votre nouveau parti. Comment mettre en œuvre ces idées ? Est-ce si simple politiquement ?

MK : Effectivement, Audace Institut Afrique, think tank libéral, produit des idées sur la base d’échanges et de travaux de recherche. Ces idées entrent totalement dans la vision de LIDER et seront la base même de son programme politique. Cela dit, AIA n’est pas la chasse gardée de LIDER. L’institut n’a pas comme certains groupes de pensée le culte du secret. Nous œuvrons même à totalement démocratiser les idées. Elles sont à la disposition de tous et sont disponibles et gratuites sur le site internet : www.audace-afrique.net

La mise en œuvre de ces idées relève essentiellement de la volonté politique. Les intellectuels habituellement n’aiment pas le libéralisme car c’est un modèle qui place l’homme au centre du développement en tant que maître de sa propre vie alors qu’ils sont plutôt rassurés par un État interventionniste qui prétend pouvoir améliorer l’ordre en planifiant ou organisant l’économie. C’est une grave erreur. L’intervention de l’Etat, que ce soit par la réglementation des prix, la confiscation des profits ou le détournement de l’épargne par l’investissement public, fausse les signaux de telle sorte que l’esprit d’entreprise ne va plus là où il serait le plus utile - sans compter que ce modèle favorise la corruption et le recours à une aide publique internationale aliénante.

Le modèle libéral part du principe que c’est l’homme qui est le mieux habilité à créer sa richesse. L’État ne doit faire que ce qu’il est seul à pouvoir faire : la défense collective, la police et la justice, garantissant ainsi la sécurité et la propriété. Aucun développement durable n’a jamais eu lieu sans la responsabilisation des personnes par la propriété. Ce sont les pays qui ont protégé la libre entreprise qui ont pu se tirer hors de la pauvreté. Sans entrer dans les pièges du mimétisme, l’Afrique ne devrait pas refuser de copier les bons principes tout en les adaptant aux spécificités locales. Une fois ces principes adoptés, les forces du marché feront le reste. La principale difficulté réside dans la volonté des dirigeants d’embrasser cette vision d’une société de liberté et de progrès.

Interview réalisée par l’équipe d’UnMondeLibre.org

Publié en collaboration avec UnMondelibre.org

Ghana : la victoire du président Atta Mills à la une de la presse

Les médias ghanéens sont revenus sur la défaite de l'épouse de Jerry Rawlings face au président Atta Mills

     
 
 
 
 

 

       
           
   

Nana Konakuépouse du président Rawlings

     
       
       


La victoire écrasante du président du Ghana, John Evans Atta Mills, aux primaires du National Democratic Congress (NDC), le week-end dernier, mettant fin à une bataille agressive avec l'ancienne prmière dame, Lady Nana Konadu Agyeman Rawlings, a dominé la presse cette semaine. Le président Mills a recueilli 96,9 pour cent des voix des délégués, laissant 3,1% pour cent seulement à sa rivale Nana Konadu, qui était soutenue par son mari et fondateur du parti, l'ex-président Jerry John Rawlings. Le charismatique Rawlings et sa femme, qui fut première dame pendant 19 ans, ont ignoré les appels venus des rangs du parti pour que cette dernière ne se présente pas contre le président en exercice, alors que le désaccord entre les deux camps faisait rage. Le résultat a été une défaite humiliante pour la famille de l'ex-première dame. Le journal gouvernemental Ghanaian Times a résumé la situation en ces termes "Victoire écrasante pour Mills". Le journal note que avec 96,9 pc des voix, le président Mills a obtenu le week-end dernier le mandat du NDC pour sa candidature à un second mandat, promettant d'aider à résoudre les problèmes qui menacent l'évolution du parti.

     
 
 
 
 

Un autre titre du Times affirme "La bataille nous a ragaillardis". L'article cite Dr. Kwabena Adeji, président du NDC, déclarant que "le parti est plus ragaillardi et prêt pour la bataille" des élections de 2012 à l'issue du congrès organisé à Sunyani, dans la région de Bring Ahafo. Il a dit aux délégués après la victoire du président Mills que ces primaires, bien que représentant un précédent dans la vie politique nationale, avaient aidé à redonner des forces au parti. Le journal Graphic, pour sa part, annonce en couverture que c'est "une Victoire pour tous" et rappelle que samedi dernier, le président Mills a reçu le feu vert total du NDC pour les élections présidentielle et parlementaires de 2012. Il a déclaré immédiatement après avoir été désigné vainqueur des primaires que sa victoire n'était pas pour une personne ou un groupe particuliers, mais pour l'ensemble du parti.

Il a estimé que les perdants sont les adversaires du parti qui avaient souhaité et espéré que le congrès serait un exercice caractérisé par la violence et la désunion. Pour le journal indépendant Public Agenda, le "NDC brise l'aura de JJ" (Jerry John Rawlings). Il juge que les délégués du parti ont voté dans leur écrasante majorité pour le président Mills, faisant voler en éclats les rêves présidentiels de Nana Konadu, épouse du fondateur du parti.

Maghreb) et, de ce fait, longuement persécutée par le pouvoir impérial. Ce qui explique l'accueil facile aux conquérants fait par la majorité d'entre eux au moins en Afrique du Nord. Cette terre espagnole devient le pays d'al-Andalûs pour 800 ans.

Article détaillé :

Conquête musulmane de l'Hispanie.

Alcázar de Séville, coupole du salon des Ambassadeurs.En revanche les courants du christianisme ont considéré d'abord très négativement l'émergence de l'islam. Cette nouvelle religion faisait obstacle à leur revendication d'universalisme (« catholique » signifiant universel), et les références aux messages de la Bible leur apparaissaient, ainsi qu'aux Juifs, plutôt comme une hérésie schismatique (pour les courants qui utilisent ce concept) que comme une reconnaissance. La référence au message chrétien utilisée dans le Coran ne pouvait être transmise à Mahomet par des chrétiens monophysites, diocètes ou nestoriens, c'est-à-dire de courants réputés hérétiques depuis les conciles de Nicée et Constantinople, puisque le fondement même du Coran repose sur une rigoureuse distinction entre Dieu (en tant que divinité unique) et Ses messagers (en tant qu'êtres humains choisis par Dieu) tels Adam, Abraham, Jésus, Noé, ou encore Mahomet.

"verset 45. quand les Anges dirent : «Ô Marie, voilà que Dieu t'annonce une parole de Sa part : son nom sera le Messie, Jésus, fils de Marie, illustre ici-bas comme dans l'au-delà, et l'un des rapprochés de Dieu» .

v.46. Il parlera aux gens, dans le berceau et en son âge mûr et il sera du nombre des gens de bien».

v.47. - Elle dit : «Seigneur ! Comment aurais-je un enfant, alors qu'aucun homme ne m'a touchée ? » - «C'est ainsi ! » dit-Il. Dieu crée ce qu'Il veut. Quand Il décide d'une chose, Il lui dit seulement : «Sois»; et elle est aussitôt.(Sourate Al-Imrane) "Pour Dieu, Jésus est comme Adam qu'Il créa de poussière, puis Il lui dit «Sois» : et il fut." (Sourate Al-Imrane, v.59)

Au mieux, l'islam leur apparaissait comme une forme de concurrence légère, partageant sa reconnaissance du Dieu unique, mais réfutant en revanche l'idée de Trinité et ayant par ailleurs besoin d'une évangélisation.

Jusqu'à l'arrivée des Turcs Seldjoukides, pourtant, la cohabitation à Jérusalem se passe sans difficulté majeure, malgré les invasions répétées de l'Europe par des troupes maures se réclamant de l'islam. La situation change totalement avec l'occupation turque, qui entend interdire aux chrétiens le passage vers les lieux saints.

Une tension se crée alors. Pour l'Occident chrétien, le mahométan devient l'infidèle par excellence, et Mahomet (déformé parfois en baphomet) celle d'un démon perfide, qui prêche au nom de dieu pour détourner les fidèles de la vraie foi. Parfois on l'assimile à l'Antéchrist, parfois plus simplement on rappelle une parole attribuée par les Évangiles à Jésus et mettant en garde contre de faux prophètes qui viendront après lui.

Le Krak des Chevaliers en SyrieLa conquête islamique, comme plus tard les croisades, sont en fait aussi motivées

pour les chefs de guerre, par l'envie d'étendre leur territoire pour les populations préparées à cette fin, par une nécessité perçue de répandre la vraie foi L'acmé de la civilisation musulmane (en termes de développement scientifique et technique) se situe aux VIIIe et IXe siècles.

Les bénéfices culturels et techniques retirés par les territoires occidentaux issus de l'expansion musulmane sont objet d'un débat d'historiens concernant les transmissions.

Articles détaillés : Civilisation islamique en al-Andalus et Sciences et techniques islamiques. Les progrès sont tels qu'on peut parler de « première renaissance », bien antérieure au phénomène qui a lieu en Italie durant le XVe siècle. Les conquérants n'en sont pas les auteurs, mais ils les ont reçus des pays de vieille civilisation qu'ils ont conquis par la force : (Syrie, Liban, Égypte, Mésopotamie, province romaine d'Afrique). L'imprimerie viendra ensuite inverser le sens du décalage chronologique.

Bataille de Poitiers, en octobre 732

Plus que la victoire de 732 par Charles Martel, qui repousse l'invasion à Poitiers, c'est l'échec du siège de Constantinople qui stoppe la progression des armées arabes. Les établissements maures perdureront longtemps sur les rives Ouest Européennes de la Méditerranée : la Sicile fut conquise à partir de 827, Malte en 870, les Baléares en 902.

On connaîtra le mouvement inverse de guerre juste aussi, quelques siècles plus tard, dans la Reconquista de la péninsule ibérique qui débute véritablement à la bataille de Las Navas de Tolosa, la première victoire de cette campagne, et s'achève au XVe siècle par la conquête des derniers reinos de Taïfa en 1492 (conquête de Grenade). Cette date correspond aussi selon Jacques Attali et Arnold Joseph Toynbee à l'extermination des derniers noyaux de résistance chrétienne en Égypte. Quelques croisades préalables destinées à reconquérir le tombeau du Christ avaient rouvert aux pays chrétiens la route des épices en s'emparant des échelles du Levant tel le port d'Ascalon, en Palestine, l'origine du mot « échalote ».

  • La conquête ottomane :

Situation géostratégique de l'Empire ottoman.

Carte des conquêtes de l'Empire ottoman jusqu'en 1683

Au IXe siècle, on note la progression de peuples turco-mongols de la région des montagnes Altaï et du lac Baïkal vers l'Ouest; ces peuples s'islamisent progressivement. Par la suite, appelées en renfort par le calife abbasside pour calmer les agitations, des populations turques appelées Seldjoukides s'installent à Bagdad au XIe siècle.

L'islam s'étend en Asie Mineure et en Inde. Un prince afghan converti à l'islam instaure un sultanat en Inde.

Il y a différentes influentes familles dans les tribus turques en Asie Mineure, et la famille Osman, implantée près d'Istanbul, va entreprendre la conquête de l'Asie Mineure et des Balkans. Constantinople tombe en 1453.

L'expansion de l'islam en Europe a été le fait des Ottomans qui ont remporté d'importants succès militaires dans les Balkans, en particulier sur les Albanais et sur les slaves de Bosnie.

L'Asie du Sud-Est insulaire: Islam en Indonésie. Époque contemporaine : Liste des pays avec population musulmane.

L'islam compte aujourd'hui 1,5 milliard de croyants, soit plus de 20 % de la population du monde1.

Carte des pays musulmans au début du XXIe siècle.L'islam continue son expansion en Afrique, dans une progression constante vers le sud du continent (qui reste encore depuis la colonisation européenne à dominante chrétienne). Depuis leur indépendance, certains pays de la bande sahélienne d'Afrique noire ont noué des relations religieuses avec les pays arabes musulmans (Niger, Mali, Tchad) plutôt qu'avec les anciens colonisateurs. Les

Africains du Sahel et les Arabes musulmans avaient des contacts approfondis des siècles avant l'arrivée des Européens car les caravanes de chameaux menées par les Arabes, transportaient le sel, l'or et l'ivoire à travers le Sahara. La facilité de diffusion de l'islam en Afrique s'explique aussi par le fait que ce sont les pays du Golfe, finançant la construction de Mosquées et de madrassas, et non plus des évangélisateurs comme dans le cas du christianisme2.

Il est à noter qu'il y a très peu d'échanges religieux entre les pays du Nord et du Sud du Sahel. En revanche, la rivalité entre les pays sahéliens d'Afrique Noire, et la bande côtière, datent de bien avant la colonisation, et ont un fond ethnique.

Cette expansion est aussi source de tensions et de conflits. En Côte d'Ivoire ou au Nigeria, par exemple, l'opposition entre les populations musulmanes dans le nord du pays et les populations chrétiennes du sud alimente une instabilité permanente qui peut aller jusqu'au conflit armé à l'échelle nationale (Côte d'Ivoire) ou en tout cas à des attaques et représailles dans les régions « mixtes » (Nigeria).

Aux questions religieuses se greffent cependant des intérêts économiques et politiques (partage des richesses et du pouvoir politique) dans la genèse des affrontements.

La diffusion de l'islam hors du monde arabo-musulman traditionnel s'explique aussi en partie par la croissance des flux migratoires à partir des pays de religion et de culture musulmane. C'est le cas dans les pays occidentaux où l'immigration de populations musulmanes s'est développée depuis les années 1950. Cette immigration semble toutefois avoir un impact aussi bien démographique, ethnique, religieux et politique dans les pays occidentaux.

L'islam continue aussi sa diffusion vers l'est en Asie. En Indonésie notamment, l'islam, arrivé avec des marchands arabes, indiens et chinois qui faisaient escales dans les ports de Java et Sumatra depuis au moins le XIIe siècle, a eu une progression plutôt lente. De nos jours, 88 % de la population indonésienne est administrativement enregistrée comme musulmane.

Repères chronologiquesmodifier570–632 : Vie de Mahomet

  • 622 : L'Hégire. Le début du calendrier musulman correspond à la fuite de Mahomet chassé de la Mecque qui se réfugie à Yathrib, future Médine (= la ville).
  • 630 : Prise de La Mecque (pacte d'Houdaibiya) après 8 ans de conflit avec les tribus Qorayshites de la Mecque.
  • 632-661 : Les quatre premiers califes et le début de l'expansion au Proche Orient et en Égypte
  • 638 : Prise de Jérusalem
  • 642 : les musulmans pénètrent en Égypte.
  • 656 : Assassinat de `Uthman. Bataille du chameau. Début de la fitna.
  • 661 : Assassinat de `Ali ; début du chiisme.
  • 661–750 Dynastie des Omeyyades (Damas siège du califat)
  • 698 : chute de Carthage
  • 711 : Débarquement en Espagne, amorce de la Conquista mauresque.
  • 718 : Début de la Reconquista dans les Asturies. Échec du siège de Constantinople par les Arabes.
  • 771 : achèvement des conquêtes de l'Indus et de l'Espagne.
  • 732 : défaite arabo-berbère contre Charles Martel à Poitiers.
  • 750–1258 : dynastie des Abbassides (Bagdad siège du califat)
  • 878 : Occultation du douzième imam, descendant de `Ali.
  • 1000 : début des conquêtes en Inde par des souverains turc-musulmans.
  • 1037 : mort du penseur Ibn Sina (Avicenne).
  • 1099 : prise de Jérusalem par les croisés
  • 1187 : Saladin reprend Jérusalem aux croisés
  • 1198 : mort du philosophe Ibn Rouchd (Averroès).
  • 1250–1517 : dynastie des Mamelouks en Égypte
  • 1258 : destruction de Bagdad par les Mongols, fin des Abbassides. Dynastie des Ilkhans mongols.
  • 1297 : mort du sultan Malik as-Salih de Pasai, premier royaume musulman indonésien (Sumatra).
  • 1419 : Le roi de Malacca se convertit à l'islam.
  • 1453–1571 : apogée de l'Empire ottoman, entre la prise de Constantinople (Istanbul) et la défaite navale de Lépante.
  • 1492 : chute du Royaume de Grenade, fin de la reconquête chrétienne en Espagne.
  • 1683 : échec relatif des Turcs ottomans (ils ne repartiront en effet qu'en échange d'un tribut) devant Vienne. L'empire commence un lent déclin.
  • 1798 : arrivée de Bonaparte en Égypte. Celui-ci adopte une stratégie en demi-teinte, se déclarant l'ami du sultan ainsi que du peuple égyptien, mais l'ennemi des mamelouks qui se comportent comme en pays conquis, et faisant proclamer cette déclaration dans tout le pays.
  • 1830 : début de la conquête française de l'Algérie.
  • 1881 : début du mouvement mahdiste au Soudan. Protectorat français en Tunisie.
  • 1882 : protectorat britannique sur l'Égypte.
  • 1912 : protectorat français au Maroc.
  • 1920 : mandat français sur la Syrie, le Liban ; mandat britannique sur la Palestine mandataire et l'Irak.
  • 1921–1926 : Guerre du Rif au Maroc.
  • 1922 : indépendance de l'Égypte.
  • 1924 : abolition du califat en Turquie par Mustafa Kemal.
  • 1928 : fondation en Égypte du mouvement des Frères musulmans.
  • 1932 : les territoires conquis par Abd al-Azi ibn Saoud deviennent le royaume d'Arabie saoudite.
  • 1956 : Indépendance de la Tunisie.
  • 1962 : Indépendance de l'Algérie.
  • 1979 : Révolution iranienne.

Notes et référencesmodifier

↑ Major Religions of the World Ranked by Number of Adherents archive

↑ univ-lyon2.fr archive

Articles connexesmodifierHistoire de l'expansion de l'islam

Origine

Histoire de l'Arabie préislamique

en Occident :

  • Conquête musulmane du Maghreb : Maghreb
  • Conquête musulmane de l'Hispanie : al-Andalus

en Orient :

  • Conquête musulmane de la Perse : Perse
  • Conquête musulmane de l'Inde : Inde
  • Tunisie à l'époque médiévale - Histoire de l'Égypte, période islamique - Guerres entre Arabes et Empire byzantin

Sources et bibliographie

Ferdowsî, Shâh Nâmeh détail des éditions, 1000 Pascal Buresi, Géo-histoire de l'islam, Paris, Belin, Sup-Histoire, 2005, 355 p.

« Chrétiens et musulmans, le premier face-à-face VIIe-VIIIe siècle », dans Le Monde de la Bible, n° 154, novembre 2003.

Louis Chagnon, La conquête musulmane de l'Egypte (639-646), Economica, 2008 (ISBN 978-2717855937)

Alfred Schlicht , Die Araber und Europa , Stuttgart 2008

Liens externesmodifier(fr) Les particularités de l'islam au Maghreb par Paul Balta, Ancien directeur du Centre d'études de l'Orient contemporain à l'université de Paris III-Sorbonne Nouvelle.

(fr) Les particularités de l'islam marocain par Bernard Lugan, Maître de conférence à l'université de Lyon III.

(fr) Textes sur l'islam, la conquête arabe et la société musulmane

(fr) La conquête musulmane de l'Occident par Philippe Conrad, Historien. Directeur de séminaire au Collège Interarmées de Défense.

enroulerv · d · mCourants et mouvements en islam

Sunnisme Écoles Chaféisme · Hanafisme · Hanbalisme · Malékisme

Mouvements Salafisme · Atharisme · Acharisme · Maturidisme · Ahbach · Frères musulmans · Tablighi Jamaat

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Chiisme Écoles Usulisme . Akhbarisme . Jafarisme

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Portail du monde arabo-musulman

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Guinée: le président Condé sort indemne d'une attaque

 

 

Le président guinéen Alpha Condé, le 23 mars 2011 à l'Elysée, à Paris


Alpha Condé a été visé par une attaque armée menée par des militaires contre sa résidence privée de Conakry, ce mardi. Le président guinéen Alpha Condé, entré en fonction il y a sept mois, est sorti mardi indemne d'une attaque armée menée par des militaires contre sa résidence privée de Conakry, au cours de laquelle un membre de la garde présidentielle a été tué et deux autres blessés. 

Les premiers tirs dans le quartier de Kipé où est situé le domicile du chef de l'Etat, dans lequel il se trouvait avec des membres de sa famille, ont commencé à 03H00 (locales et GMT) et ont duré pendant plus de deux heures, selon des témoins. Une roquette a été tirée contre la maison dont une partie a été soufflée par l'explosion et la façade criblée de balles. 

François Fall, ministre-secrétaire général de la présidence, a déclaré que le président Condé et les membres de sa famille étaient "sains et saufs", mais qu'un membre de la garde présidentielle qui défendait la maison avait été tué. Deux autres ont été blessés. 

Aussitôt après l'attaque, des barrages militaires ont été établis dans toute la ville et les accès au quartier administratif de Kaloum, au centre de Conakry, ont été fermés à la circulation. 

Appel au calme

Peu après cette attaque dont les motivations restaient inconnues mardi à la mi-journée, le président Condé est intervenu à la radio-télévision publique RTG pour appeler ses compatriotes "au calme" et "à la vigilance". 

"Ma maison a été attaquée cette nuit, mais je dois féliciter la garde présidentielle qui s'est battue héroïquement de 3H10 jusqu'à 5H du matin avant d'avoir du renfort", a déclaré le président Condé dans son allocution à la RTG. 

"Je vous appelle au calme, mais (aussi) à la vigilance et à l'unité nationale. Je ne veux pas de réaction populaire, ni de réaction contre qui que ce soit, laissez l'armée et les forces de l'ordre faire leur travail", a-t-il ajouté. 

Condamnation française

La France, ex-puissance coloniale, a "fermement" condamné cette attaque. "La Guinée doit poursuivre dans la voie pacifique et démocratique qu'elle a choisie lors des dernières élections présidentielles" et "les forces armées, comme les autres composantes de la nation, ont un rôle important à jouer, au service de la démocratie", selon le ministère français des Affaires étrangères. 

Rappel historique

Après la dictature sanguinaire de Sékou Touré, "père de l'indépendance" guinéenne en 1958, qui s'est achevée à sa mort en 1984, le général Lansana Conté a pris le pouvoir. Juste après sa disparition, c'est le capitaine Moussa Dadis Camara, qui prend le pouvoir avant d'être renversé un an plus tard. C'est ensuite un régime de transition dirigé par un autre militaire, le général Sékouba Konaté, qui a dirigé le pays jusqu'à l'organisation de la présidentielle remportée par Alpha Condé. 

Peu avant, une source proche du gouvernement français avait dit que ce n'était pas "un coup d'Etat", mais "plutôt une alerte ou un coup de semonce", peut-être lié au report des législatives. 

Alpha Condé, premier président démocratiquement élu de Guinée, a été investi le 21 décembre 2010, après avoir été élu en novembre face à Cellou Dalein Diallo, qui avait accepté sa défaite, mais qui a depuis dénoncé les "dérives autoritaires" du régime. 

Des législatives auraient dû se tenir dans les six mois suivant l'investiture, mais le scrutin a été repoussé, Condé souhaitant faire un nouveau recensement, ce que ses opposants dénoncent. 

 

Exclusif

Affaire Banon-DSK: les secrets d'Anne Mansouret

Par Jean-Marie Pontaut et Delphine Saubaber

 

 

 

AFP PHOTO KENZO TRIBOUILLARD


Devant les enquêteurs, Anne Mansouret a fait des révélations étonnantes sur ses relations avec Dominique Strauss-Kahn et livré de nombreux détails sur les suites de l'agression dont sa fille, Tristane Banon, accuse l'ancien patron du FMI.

Pourquoi Tristane Banon a-t-elle attendu huit ans avant de déposer plainte? La réponse est peut-être à chercher du côté de sa mère, Anne Mansouret, qui vient d'être entendue par la police. Voici ses révélations.

C'est un personnage clef, incontournable, viscéral, dans l'histoire de Tristane Banon. Anne Mansouret, regard vert, beauté charmeuse et verbe haut, longtemps working woman dans la communication de luxe, devenue femme politique, mère dominante dont l'ombre semble peser lourdement sur Tristane, la femme-enfant... On a toujours dit et susurré, surtout depuis le coup de tonnerre du Sofitel, que c'est elle qui, à l'époque, en 2003, avait découragé sa fille de déposer plainte contre DSK. 

Le 13 juillet, Anne Mansouret s'en est expliquée devant les enquêteurs, pour la première fois, dans le cadre de l'enquête préliminaire ouverte après la plainte de sa fille pour tentative de viol. Son audition dans les locaux de la Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP) a duré six heures. Six heures durant lesquelles la vice-présidente (PS) du conseil général de l'Eure a confirmé le récit de sa fille, revenant sur le cheminement qui l'a poussée à la dissuader d'aller devant la justice, donnant les noms des personnes qu'elle a consultées. Anne Mansouret a même surpris les policiers en révélant des faits qui ne concernent pas Tristane, mais elle-même. 

Lors de son audition, la mère a confié aux enquêteurs ce qu'elle n'avait jamais dévoilé, et notamment pas à sa fille: elle a eu une relation sexuelle avec l'ex-patron du FMI. Une relation consentie mais clairement brutale, selon ses dires, qui se serait déroulée dans un bureau de l'OCDE, à Paris -où DSK avait été nommé, en 2000, conseiller spécial du secrétaire général de l'organisation. Un acte qu'elle n'a jamais voulu renouveler. Anne Mansouret était alors l'amie de Brigitte Guillemette, ex-femme de DSK et mère de Camille Strauss-Kahn, qui se trouvait être aussi la marraine de Tristane. 

Comportement déplacé

Pourquoi avoir gardé le silence si longtemps, durant huit ans, sur cet épisode? Anne Mansouret dit avoir longuement réfléchi ces deux derniers mois. Si elle a voulu apporter ce témoignage, à l'appui de la plainte de sa fille, c'est pour battre en brèche le portrait de Dominique Strauss-Kahn dépeint par ses amis. "Séducteur invétéré", "homme à femmes", oui; capable de violence, non, impensable. A 65 ans, après une vie amoureuse bien remplie et trois maris, Anne Mansouret décrit au contraire DSK comme un prédateur qui cherche non pas à plaire mais à prendre, se comportant avec l'"obscénité d'un soudard". D'après elle, chez DSK, le besoin sexuel déclenche un processus de domination. 

Anne Mansouret est, par ailleurs, longuement revenue sur la chronologie des faits qui ont suivi l'agression présumée de sa fille, en février 2003. Selon elle, Tristane, affolée, l'aurait appelée en quittant précipitamment l'appartement du 13, rue Mayet, dans le VIe arrondissement parisien, où DSK lui aurait donné un deuxième rendez-vous. Un appartement quasi vide dont il aurait refermé la porte à clef derrière elle. Anne Mansouret confirme avoir rejoint sa fille, avant que celle-ci lui raconte ce qui s'était passé. 

La mère aurait appelé, peu après, son amie Brigitte Guillemette. Selon elle, l'ex-femme de DSK lui aurait alors confié qu'elle savait qu'il avait eu plusieurs fois un comportement déplacé vis-à-vis d'étudiantes, mais que jamais elle n'aurait pensé qu'il irait jusque-là. Brigitte Guillemette aurait alors appelé DSK, qui lui aurait répondu, en substance: "Je ne sais pas ce qui m'a pris. J'ai couché avec la mère, j'ai pété un câble quand j'ai vu la fille." 

Le risque d'être déboutée

 

Selon Anne Mansouret, Brigitte Guillemette l'aurait rappelée pour la questionner sur cette "relation" avec DSK. Elle voulait aussi savoir si Tristane comptait déposer plainte ou non, et aurait enjoint la mère d'aller s'expliquer directement avec "Dominique". Avant de décider d'une procédure, Anne Mansouret prend alors de multiples conseils: elle contacte un magistrat d'Evreux qu'elle connaît dans le cadre de son mandat. Celui-ci prend alors conseil auprès d'un très haut magistrat à Paris. Et, quelques jours après, le magistrat d'Evreux rappelle Anne Mansouret pour lui dire qu'il faut porter plainte.  

Celle-ci lui demande alors quelles sont les possibilités de la voir déboutée. Réponse : "Il y a une forte probabilité qu'elle le soit." Parce que, ajoute-t-il, dans ce genre de dossier, les preuves matérielles sont difficiles à établir. Anne Mansouret, qui a livré le nom de ce magistrat aux policiers, reconnaît avoir été troublée par cet avis. 

Parallèlement, elle consulte une élue PS, connue pour ses convictions féministes, qui lui conseille d'aller en justice. Mais ce n'est pas tout. A la fin de 2003, elle envoie un mail (qu'elle a conservé) à une figure montante de la gauche, lui expliquant que Tristane envisage, alors, de déposer plainte. Cette responsable, aujourd'hui parlementaire, l'encourage et lui répond, le 18 décembre, à propos de DSK: "Avec moi, je crois que les choses ne sont pas allées aussi loin qu'avec elle, mais le peu que j'en ai vu (j'ai eu la chance de ne jamais me retrouver en tête-à-tête avec lui) me montre à quel point le personnage est dangereux pour les femmes." Avant de conclure: "Votre fille et vous pouvez compter sur mon soutien si vous en avez besoin, sous quelque forme que ce soit." 

Au même moment, Anne Mansouret voit sa fille Tristane en plein désarroi, car celle-ci a reçu, de son côté, cet avis d'une avocate qu'elle est allée voir: "Je suis au regret de vous déconseiller de déposer plainte", car "près de huit mois plus tard, les chances d'aboutir sont quasi nulles", étant donné l'absence de certificat médical et la facilité avec laquelle DSK interpréterait la plainte comme la vengeance d'une journaliste en mal de publicité. 

Echange avec François Hollande

Au final, si Anne Mansouret a bel et bien conseillé à sa fille de ne pas déposer plainte, elle a toutefois voulu s'en expliquer en face-à-face avec DSK. Elle relate aux enquêteurs qu'ils se sont retrouvés à l'époque dans le hall du conseil régional d'Ile-de-France, à Paris, pour aller discuter autour d'un verre dans un bistrot proche. Selon Anne Mansouret, DSK était désolé, s'excusait de son comportement, ne pensant pas faire du mal à Tristane. Mais, toujours selon la mère de la jeune femme, il ne semblait pas spécialement craindre un dépôt de plainte. 

Anne Mansouret dit aussi avoir eu un échange avec François Hollande, qu'elle aurait rencontré à l'époque lors d'une inauguration, dans le cadre de son mandat d'élue. Le premier secrétaire du PS, apparemment au courant, serait venu vers elle pour lui demander comment allait sa fille et ce qu'elle comptait faire, déposer plainte ou non. Il lui aurait aussi proposé de l'appeler - ce qu'il a fait, selon Tristane Banon. 

Des explications tardives qui vont à coup sûr faire réagir le clan DSK. Ses avocats, Mes Henri Leclerc et Frédérique Baulieu, contactés par L'Express, n'ont pas d'autre commentaire à faire que de rappeler qu'ils ont déposé, au nom de Dominique Strauss-Kahn, une plainte pour dénonciation calomnieuse contre Tristane Banon. DSK, pour sa part, dans un livre paru récemment, avait déclaré que la scène décrite par la jeune journaliste était "imaginaire". Interrogée par L'Express, Brigitte Guillemette, entendue par la police le 15 juillet, avant sa fille Camille, dément fermement: "Tout cela est faux, et c'est ce que nous avons expliqué aux enquêteurs." 

Enchevêtré de liens familiaux, amicaux et politiques, le duel Banon-DSK est devenu une joute judiciaire. Les policiers vont devoir démêler la pelote lors des auditions de ces prochaines semaines. 

Débâcle des Etalons au mondial cadet : « Des sanctions pourraient tomber si … » (Colonel Yacouba Ouédraogo, ministre des Sports)

 

Trois mois après sa nomination à la tête du département des Sports, le colonel Yacouba Ouédraogo veut faire bouger les choses à sa manière. Les sujets que nous avons abordés avec lui ne manquent pas d’intérêt et il pense qu’un championnat des cadets est devenu une nécessité pour repartir sur de nouvelles bases. Le mondial des moins de 17 ans, il l’a vécu au Mexique et des sanctions, selon lui, pourraient tomber s’il y a eu des légèretés dans le traitement des documents administratifs.

Vous vous appelez Yacouba Ouédraogo ; colonel de l’armée de votre état, vous Yac pour les intimes. D’où vous vient ce surnom ?

• Je voudrais d’abord dire que c’est un plaisir pour moi de voir l’Observateur Paalga m’ouvrir ses colonnes. Cela dit, passons à votre question. Je me rappelle que ce surnom YAC m’a été donné par des amis quand j’étais en 6e à l’école militaire préparatoire technique de Bingerville à Abidjan. Lors des matches de football, je me faisais remarquer par les passes et les dribbles. A chaque fois que j’avais le ballon, j’entendais : « Yac, je suis là ». Je comprenais tout de suite qu’un partenaire attendait que je lui fasse une passe. A l’issue du match, on me disait que YAC, tu as bien joué. J’étais moi-même surpris et c’était peut-être pour couper le nom Yacouba qu’on l’a raccourci en YAC. En plus du football, j’ai aussi pratiqué les sports de main, notamment le basket-ball.

C’est à Bingerville que vous aviez commencé à jouer au foot ?

• Avant mon départ pour Bingerville, je jouais déjà au foot dans la région du Centre-Sud. Quand je me suis retrouvé à Abidjan, j’étais à l’internat, où j’ai profité pour toucher à d’autres disciplines sportives telles que le basket-ball, le volley-ball, le handball, mais à l’école militaire préparatoire technique de Bingerville (EMPT), le basket était la plus en vue et je m’étais adonné entièrement à ce sport. L’autre passion, c’est naturellement le football, et des amis d’enfance étaient surpris de ne m’avoir pas vu évoluer dans un club de D1 au Burkina et en équipe nationale. A notre époque, on était doué pour le football.

Yac jouait à quel poste avec ses camarades de l’EPMT ?

• J’étais avant-centre et cela, depuis l’école primaire à Nobéré sur la route de Pô. L’ancien DAAF du ministère des Sports et des Loisirs Issaka Congo, avec qui j’avais joué quand nous étions dans la région de Manga, peut vous le confirmer.

On vous a aussi vu jouer au handball dans le cadre du championnat national dans les années 90. Qu’est-ce qui vous a guidé dans cette reconversion ?

• Quand je suis rentré au pays après ma formation, j’ai constaté que le basket n’était pas très en vue. Le handball était au premier plan et je n’ai pas eu de difficulté à m’y adapter. J’ai même été sélectionné en équipe nationale de basket-ball et en celle du handball. Mais j’ai opté pour la deuxième discipline parce que qu’elle conduisait au Koweït pour un tournoi. Les basketteurs, eux, devaient se rendre à Niamey. J’ai choisi le Koweït pour la simple raison que je voulais découvrir ce pays, surtout qu’on devait passer par la France.

C’est donc le voyage dans un pays lointain qui vous attirait le plus ?

• Evidemment ! A ma place, vous n’auriez pas hésité (rires). Qui ne rêve pas de voir Paris ? Je crois que c’était une belle occasion, et cela m’a vraiment le plus attiré vers le hand.

Quand vous êtes revenu d’Abidjan, vous n’étiez pas tenté de jouer avec l’équipe militaire de football ?

• J’avais plus de 23 ans quand je suis revenu au Burkina et mon point d’ancrage était les sports de main. Le foot, je le voyais comme un sport de masse. Par contre, dans les sports de main, l’ambiance me plaisait le plus et le hand était une de mes disciplines préférées.

Président de l’OLAO depuis 2000 et président de la section football de l’USFA en 2009, vous êtes aujourd’hui ministre des Sports et des Loisirs. Comment vous sentez-vous dans votre nouvelle fonction ?

• L’émotion passée après ma nomination, je me suis dit que je dois accomplir une autre tâche quotidienne. Mais je ne me sens pas perdu où le devoir m’a appelle. Je suis dans mon cadre, surtout que je viens de l’Office de liaison de l’Afrique de l’Ouest (OLAO) et du Conseil international du sport militaire, qui regroupe 14 pays. Cette structure compte une vingtaine de disciplines sportives. C’est pour vous dire que je sais où je me trouve. Mais ce ministère est un autre pallier parce qu’il faut appliquer la politique sportive du gouvernement et surtout du président du Faso pour laquelle il a été élu. En un mot, je suis dans mon milieu comme les poissons dans l’eau (rires).

Le travail est-il différent de celui que vous faisiez auparavant à l’OLAO ?

• Alors là, c’est vraiment un autre travail avec un concept différent. Tenez, il y a beaucoup plus de signatures qu’à l’OLAO. Le ministère, par exemple, travaille beaucoup avec les différentes fédérations sportives nationales et entretient des relations avec les autres ministères des Sports des pays étrangers. En outre, il y a des problèmes personnels et privés à résoudre pour trouver le jute milieu. Je crois que c’est l’OLAO en grand et le travail est colossal. On m’a donné une lettre de mission et il m’appartient avec mes collaborateurs de faire en sorte qu’à la fin de l’année, nous puissions donner satisfaction au Premier ministre et au président du Faso.

Quelle était l’une de vos priorités dès votre prise de fonction ?

• Tout le monde sait dans quelles conditions ce nouveau gouvernement a été mis en place. Le pays, comme vous le savez, a traversé une crise qui inquiétait de plus en plus les populations. Le président du Faso, qui a jugé utile de recadrer les choses, m’a fait appel avec d’autres hommes et femmes par l’entremise du Premier ministre pour apporter un sang neuf à l’action gouvernementale.

La tâche la plus importante était de faire baisser la tension et je crois que le thermomètre est en train de revenir à la normale grâce à la volonté de tous. Vous savez, c’est dans la paix qu’on construit un pays, et le désordre retarde le développement. C’est ma conviction, et quand la population se retrouve, elle ne peut que se mettre au travail. Le sport est un facteur de rapprochement, et au département des Sports, nous ne ménagerons aucun effort pour que la paix devienne véritablement une réalité au Burkina, que nous aimons tous.

Vous arrivez au moment où les Etalons sont en bonne position pour la phase finale de la CAN 2012. La qualification, selon vous, est-elle possible ?

• La qualification est à notre portée au vu des résultats enregistrés jusque-là. Si nous ne terminons pas en tête de notre groupe, nous avons des chances de figurer parmi les meilleurs deuxièmes. Il nous reste un dernier match à jouer à Banjul contre la Gambie pour valider notre ticket pour la CAN 2012. Les joueurs, d’ailleurs, savent qu’ils sont à 90 minutes du bonheur et je suis sûr qu’ils se battront en octobre prochain pour terminer les éliminatoires en beauté.

Si l’espoir est permis, il y a cette enquête de la CAF sur Hervé Zengué après le match contre la Namibie à Windhoek, qui inquiète un peu les inconditionnels du onze national. Cela ne trouble-t-il pas aussi votre sommeil ?

• Il n’y a pas lieu de s’inquiéter et nous croyons que tout ira bien pour les Etalons. Concernant cette réserve, il est tout à fait normal pour la Namibie de faire ce qu’elle estime quand elle a des doutes sur tel ou tel joueur. Quant à nous, il est aussi de notre droit de fournir des preuves. La Fédération m’a assuré que tous les documents ont été envoyés à la CAF et nous attendons la décision de l’instance du football africain. C’est ce que je peux dire pour le moment sans ajouter autre chose.

Le gardien de but brésilien, Nilson Corréa, qui est au Portugal depuis des années, avait donné son accord pour jouer avec les Etalons. Mais il a fini par renoncer sous la pression de son club. Qu’en pensez-vous ?

• Quand j’ai demandé à voir le dossier de Nilson, j’ai vu qu’il fallait du temps pour mettre à jour sa licence. Avec la Fédération, les entraîneurs et d’autres techniciens, nous avons échangé et, au vu des documents, j’ai décidé qu’on attende que les choses soient claires à son niveau. Je l’ai fait après mûre réflexion pour éviter les problèmes comme le cas actuellement de Zengué. Le problème de la naturalisation en football est un domaine complexe et il faut s’entourer de toutes précautions.

Pourtant, le joueur affirme, dans une lettre, que son contrat est menacé…

• A Windhoek, j’ai appris qu’on voulait l’aligner, mais la veille de la rencontre je me suis opposé à ce qu’il joue. Nilson a dû aussi apprendre qu’il ne serait pas dans le onze de départ et il lui fallait peut-être des arguments pour dire ce que tout le monde sait. A dire vrai, son club n’y est pour rien et il a lui-même compris en repartant au Portugal qu’on n’avait pas besoin de lui en équipe nationale. Les techniciens m’ont dit que nous avons de bons gardiens à qui on peut faire confiance. Faire venir Nilson peut créer d’autres problèmes et troubler effectivement notre sommeil. Quand un dossier n’est pas clair, je ne m’y engage pas.

On attendait les Etalons cadets au Mexique, et ce fut un cuisant échec. Vous qui avez suivi leur prestation, quels commentaires en faites-vous ?

• Quand on parle d’une équipe cadette, cela sous-entend que ce sont des jeunes, qui sont fragiles. Avant le début du tournoi, ils ont appris que Banaba, leur défendeur central, n’était pas qualifié pour jouer. On leur a dit qu’il y avait des erreurs sur les passeports et les actes de naissance. Vous comprenez bien qu’on prend un coup au moral surtout que le groupe s’était préparé ensemble depuis longtemps. Et puis, il y avait une tension entre les entraîneurs et les joueurs eux-mêmes. Je crois qu’ils étaient un peu perdus et ils n’ont pas pu se concentrer lors de leur premier match. Face au Paraguay, ils ne se sont pas retrouvés jusqu’à la fin du match. Ce que je retiens de notre participation à cette coupe du monde, c’est que la compétition manquait aux joueurs et j’ai dit que nous devons revoir notre copie.

Quand vous voyez les Allemands ou les Français, on sent que leurs joueurs ont plus de 200 matches dans les jambes alors que nous, nous avons sélectionné nos éléments à partir des centres de formation. Je le dis et le répète, cela ne suffit pas et il faut dès maintenant songer à mette en place un championnat des cadets. C’est la seule voie pour donner de la compétition aux joueurs et sélectionner ceux qui méritent d’être retenus dans une équipe nationale cadette. Il le faut absolument pour repartir sur des nouvelles bases et surtout éviter que chacun vienne avec son joueur. Je pense que cet échec devrait nous faire réfléchir et il n’est pas tard pour corriger les erreurs.

Est-ce le seul joueur qui était concerné par les documents administratifs ?

• Romaric Pitroipa n’avait pas lui non plus ses papiers en règle et c’est quand même surprenant qu’on n’ait pas réglé tout cela avant le début de la compétition. J’ai été nommé il y a quelques mois et je suis venu trouver que les choses étaient déjà en marche. L’équipe était handicapée et les résultats sont vraiment décevants. Je pense que la Fédération a donc intérêt à expliquer cette situation au peuple afin de calmer la tension qui règne en ce moment autour de notre football.

On sait que vous avez demandé à la Fédération de vous faire un rapport sur ces problèmes de passeports et les actes de naissance. L’avez-vous reçu ?

• J’attends toujours cette lettre d’explication, mais je dois dire que c’est pour qu’on puisse voir ensemble ce qui n’a pas fonctionné afin que notre football avance, de même que les autres disciplines sportives.

Avez-vous donné un délai à la Fédération pour s’expliquer ?

• Il n’y a pas de délai et, en principe, on n’a pas besoin de prendre trois ou quatre mois pour faire ce qu’on vous a demandé. La Fédération peut prendre tout le temps qu’il faut, mais nous attendrons aussi.

Comptez-vous prendre des sanctions s’il arrivait qu’il y ait eu incompétence quelque part ?

• A priori, il n’appartient pas au ministère de prendre des sanctions. Si je reçois la lettre d’explication, je rends compte à qui de droit et bien entendu si on constate qu’il y a eu des légèretés dans le traitement des documents, des sanctions seraient naturellement prises.

Revenons à ce championnat des cadets auquel vous tenez tant. Il sera financé par qui ?

• La Fédération est dans son rôle et le ministère avisera. La saison prochaine, il faut que ce championnat des cadets soit une réalité et il en est de même pour les juniors. Nous essayerons d’appuyer la structure fédérale, et il faudrait qu’à ce niveau on évite la tricherie. Un championnat des cadets, ce sont les moins de 17 ans et il ne faut pas aller au-delà. C’est très important parce que c’est là qu’on prépare l’élite de demain. Je viens d’arriver et je crois qu’on suivra ce qui va se faire sur le terrain. Le financement dépend de ce que nous voulons et le moment venu, vous en saurez davantage.

D’où viendront les moins de 17 ans ?

• Nous avons des équipes de D1 qui participent au Faso foot et justement, ça devrait être automatique. Un club sérieux et ambitieux doit avoir des minimes, des cadets et des juniors. Au fil des saisons, on fait monter ceux qui progressent et petit à petit, ils accéderont à l’équipe première. De mon point de vue, c’est comme ça qu’on prépare la relève, et les équipes nationales sont constituées de ces joueurs qui s’aguerrissent. Nous allons bien sûr en collaboration avec la Fédération échanger avec les présidents des clubs pour qu’ils préparent des équipes cadettes en vue de leur championnat. Je sais que tout cela demande des moyens et nous réfléchirons ensemble. Sortir un bon noyau qui défendra les couleurs nationales passe par ce championnat et bien entendu avec une bonne organisation.

Les centres de formation peuvent-ils prendre part à ce championnat ?

• En Europe, les centres de formations appartiennent aux clubs, ce qui n’est pas le cas chez nous. Là-bas, on a une autre vision des choses et la différence est nette. Je pense qu’il faut éviter de pratiquer l’amalgame ; et les centres de formation qui sont gérés par des particuliers ne sont pas concernés par ce championnat des cadets. Si un club à un centre, le problème ne se pose même pas.

Vous êtes souvent au stade pour assister à des matches de championnat et il vous arrive de promettre des primes à telle ou telle équipe qui marquerait le premier but. Est-ce une façon d’innover au ministère des Sports ?

• Ah non, ce n’est pas une innovation au ministère. Cela ne fait pas partie de ma feuille de route et ce n’est pas dans mes priorités. C’est une innovation personnelle et je n’ai pas attendu d’être ministre des Sports pour donner des primes à des équipes. C’est une habitude qui est ancrée en moi depuis longtemps et cela remonte à ma cinquième. Quand je revenais pour mes vacances au village, je déposais tantôt un short comme prime pour le premier buteur et tantôt 100 F pour encourager les joueurs. Et mieux, quand je suis arrivé à l’OLAO, j’ai continué dans ce sens. Pour moi, c’est une façon d’encourager les équipes pour que le match soit vivant et que le public ne s’endorme pas. Je sais qu’il y a des gens qui critiquent ce geste, mais cela ne me décourage pas.

D’aucuns pensent que ce genre de geste est bon pour les tournois de maracana ou les matches dans les villages

• Si ces gens-là me suivaient, ils sauraient que je le fais dans les quartiers et même dans les villages. Quand je ne suis pas au stade, je suis quelque part où je suis les matches des enfants pour les galvaniser à faire du spectacle.

Le public sportif est toujours aux côtés de nos équipes nationales quand elles se produisent au stade et même hors du pays. Avez-vous rencontré les deux comités de soutien ?

• Aujourd’hui, nous n’avons qu’un seul comité de soutien. Dès ma prise de fonction, j’ai rencontré le député El Mahamadi Kouanda, avec qui j’ai discuté pour qu’il dissolve son comité et c’est ce qui a été fait. Je peux même vous montrer une copie, laquelle a été adressée au ministère de l’Administration territoriale, qui en a déjà pris acte. Je pense que Kouanda est prêt à travailler avec l’Union nationale des supporters des Etalons (UNSE) pour que nos équipes nationales soient bien soutenues. Il est membre d’honneur avec des membres de son bureau. C’est bon pour la cohésion et c’est tous unis que nous obtiendrons ce que nous désirons.

Entretien réalisé par Justin Daboné (L’Observateur Paalga)

 

Discours du Président du Faso à l’occasion de la cérémonie de remise du rapport du Conseil consultatif pour les réformes politiques

 

Monsieur le Président du Conseil Consultatif sur les Réformes Politiques (CCRP),
Mesdames et Messieurs les Membres du CCRP,
Honorables invités,
Mesdames, Messieurs,

A Ouahigouya en 2009 et à Bobo-Dioulasso en 2010, à l’occasion de la commémoration de l’indépendance de notre pays, j’invitais l’ensemble de mes concitoyens à approfondir les réflexions sur les réformes politiques indispensables à l’enracinement, dans notre société, des valeurs de démocratie et de citoyenneté responsable.

J’exprimais ainsi ma ferme volonté d’engager, à travers une large implication de toutes les composantes de notre société, des mutations essentielles pour la consolidation du processus de renaissance démocratique dans notre pays.

Les soubresauts des derniers mois que le Burkina Faso a connus et dont la population a beaucoup souffert, ont pu être maîtrisés grâce à l’attachement à l’ordre et à la sagesse de notre peuple.

Mu par la quête inlassable d’une société de paix, de liberté, de justice, de solidarité et d’une stabilité des institutions républicaines, le Gouvernement a mis en place le Conseil Consultatif sur les Réformes Politiques, qui a mobilisé les représentants de larges composantes de notre nation.

Mesdames et Messieurs les membres du CCRP,

En vous appelant au sein d’un Conseil Consultatif pour engager la réflexion, nous avons eu l’ambition de poursuivre notre idéal commun, celui de réaliser par un dialogue inclusif et des cadres d’expression plurielle, les conditions de garanties d’une gouvernance institutionnelle et électorale performante.

Dans ce sens, j’apprécie les conclusions des travaux du CCRP qui a su prendre en compte les recommandations du Collège des sages, du MAEP et s’est constitué en une remarquable autorité de synthèse et d’analyse des attentes exprimées sous diverses formes par les différents acteurs de la vie nationale.

Je saisis cette opportunité pour témoigner la reconnaissance de la nation à toutes celles et tous ceux qui, dans le respect de la différence ont nourri ces réflexions de leurs précieuses assertions.

Après trois semaines de travail acharné, le CCRP est parvenu à des propositions consensuelles et nous engage à poursuivre les analyses sur certains sujets non moins intéressants, dans une perspective d’élargissement des bases de la démocratie dans la paix et la tolérance.

Je salue votre contribution à l’enracinement des vertus du dialogue et de la compréhension mutuelle dans notre pays.

Au cours de la mission qui vous a été confiée, chacun s’est investi de façon méritoire à rechercher le consensus utile.

La libre expression empreinte de respect et de compréhension mutuelle qui a prévalu tout au long de vos travaux, a permis, au terme de débats contradictoires et constructifs, de combler incontestablement les aspirations de nos concitoyens, et dissiper les craintes des plus sceptiques.

Je vous réitère toute ma considération et j’adresse au nom du peuple burkinabè, ma gratitude à tous les membres du CCRP et à l’équipe d’appui technique.

Monsieur le Président du Conseil Consultatif sur les Réformes Politiques,
Mesdames, Messieurs,

Vos judicieuses recommandations sont génératrices de progrès et de paix. Elles me suggèrent les meilleures voies pour la consolidation des acquis de l’Etat républicain. Je m’engage résolument à accompagner la mise en œuvre des résultats de vos échanges.

Le rapport du CCRP offre un compromis historique dynamique à la classe politique pour traiter les questions d’avenir dans une ambiance sereine et paisible.

Les échéances régionales et les assises nationales qui interviendront au cour de l’année, disposent de matériaux solides pour conforter et enrichir vos analyses.

J’encourage les membres du CCRP désignés pour les missions régionales, à continuer la tâche avec le même engagement, afin de raffermir le génial esprit de dialogue et d’écoute propre à nos traditions et à notre histoire.

Monsieur le Président du Conseil Consultatif sur les Réformes Politiques,
Mesdames et Messieurs les Membres du CCRP,
Honorables invités,

J’exprime ma disponibilité à œuvrer avec tous, au respect de la Constitution du Burkina Faso et j’invite tous les acteurs de la vie politique à fonder leurs pensées et leurs projets sur les dispositions de notre loi fondamentale.

Je voudrais en cet instant solennel, redire à mes concitoyens et concitoyennes, que guidé par les exigences de la République, je repose mes idéaux sur la Constitution, ciment des nobles options de notre peuple.

Je vous remercie.

 

 



24/07/2011
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