Conscience Nègre

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La vie chère c’est aussi la faillite du système économique libéral

Le phénomène de la vie chère actuel avec son lot de misère frappe très durement, plus qu’ailleurs dans le monde, la quasi-totalité des pays africains. Il se caractérise par la flambée généralisée des prix sur le marché. A l’origine, la montée croissante du prix du baril de pétrole sur le marché mondial qui s’est répercuté sur tous les autres produits dérivés et même ceux qui n’ont pas de rapport direct avec le pétrole. Ce sont les produits alimentaires surtout qui ont vu leur prix s’envoler. Face à cette situation et devant l’attentisme des gouvernants pour prendre des mesures fermes à même de soulager les maux des populations, la quasi-totalité des pays sur le continent a connu de violents mouvements de protestation qui ont obligé les dirigeants africains à prendre, à la hâte, quelques mesures pour tenter de freiner le ras le bol montant des populations. Détaxation générale de certains produits alimentaires, suppression de la TVA (Taxe sur la Valeur Ajoutée) sur certains produits de première nécessité et de grande consommation, lutte contre la fraude, etc. Est-ce une crise conjoncturelle ou structurelle ? S'est-elle installée dans la durée ? Est-ce un phénomène qui a surpris les différents décideurs et acteurs de la vie économique et politiques, etc.? Ce sont là, assurément, des questions fort intéressantes dont les réponses peuvent nous permettre de nous situer sur la véritable nature de la crise actuelle sur le plan national comme international.

Le libéralisme économique aujourd’hui

Au regard de l’ampleur et de l’importance des réactions et des manifestations au niveau mondial contre la vie chère, on est obligé de reconnaître que c’est là un phénomène qui atteste que de sérieuses mutations sont en train de changer le cour des choses sinon même de l’histoire au niveau de la planète, au-delà des systèmes économiques et idéologiques. L’état actuel du monde est donc préoccupant. Et c’est paradoxalement au moment même où l’on nous vente les vertus de la mondialisation libérale, d’une globalisation de la pensée marchande et de l’unification des centres d’intérêt, que se produit une succession d’explosions qui remet en cause le postulat central du succès de l’idéologie libérale et sa pratique capitaliste, face aux thèses marxistes déclarées obsolètes. Le début du 20ème siècle avait été dominé par une concurrence à outrance entre les régimes capitalistes et les autres systèmes économiques et idéologiques. Il s’agissait de savoir si la société industrielle fondée sur la liberté de circulation de l’argent, la liberté de circulation des personnes, la liberté d’entreprise à travers les frontières, et l’élévation du profit au stade de loi universelle, pouvait effectivement constituer le salut du citoyen pour son développement harmonieux, et son bonheur ultime. Selon les marxistes la réponse ne pouvait jamais être affirmative car le propriétaire du capital ne pouvait être qu’un cupide exploiteur dont la finalité est la ruine du travailleur dans tous les sens. Par contre, pour les tenants de l’économie libérale, les progrès de la société industrielle devaient entraîner assez de biens, de lois justes et d’opportunités pour organiser et garantir le bonheur de tous. Cette thèse faisait de la production des biens, de leur abondance, et des mécanismes de régulation dans la distribution des revenus, un acquis. La croissance économique devait permettre d’atteindre le plein emploi dans presque tout l’Occident. En réalité, l’on a pu dès le milieu du vingtième siècle, atteindre le plein emploi dans presque toute l’Europe et l’Amérique du Nord. On peut donc raisonnablement soutenir que dans les années 1970-80 l’Occident est à son apogée dans la mesure où l’accès de toutes les familles, de tous les citoyens, de tous les habitants, au minimum de bien-être, aux fruits du développement industriel et aux avantages des sciences et des techniques était pratiquement garanti. A ce moment, le reste du monde pataugeait encore dans de multiples difficultés et appréhensions. La création de l’OMC (Organisation mondiale du commerce) à la suite du GATT, au moment où l’idéologie libérale avait étalé tout son modèle et dicté ses lois dans toutes les sphères d’activité de la planète, est venue accélérer le processus de restructuration des mécanismes de la coopération internationale à l’avantage exclusif des pays nantis au lieu de réguler de façon équitable l’ensemble des échanges mondiaux. C’est désormais l’ère de la mondialisation tout azimut qui prévaut. Aujourd’hui, en effet, le capitalisme, dont l’unique but est la recherche de profit, connaît une mutation de grande ampleur. Sous l’égide de la finance devenue mondiale, il porte l’exploitation du travail salarié à un point jamais atteint dans la mesure où toutes les activités humaines sont soumises à l’impératif de rentabilité, où la concurrence finit de ruiner toutes les petites productions individuelles surtout dans les pays pauvres, et où la privatisation des services publics et des ressources naturelles est programmée par les élites économiques et politiques. Ce n’est donc pas la régulation de plus en plus libérale du capitalisme qui est la cause des dégradations sociales et écologiques. C’est le système lui-même dont la survie exige pour ses privilégiés que soit portée atteinte aux équilibres sociaux et écologiques fondamentaux. Mais, voici qu’aujourd’hui nous sommes à la renverse, réunifiés dans la contestation, la protestation, et des revendications qui de tous les coins du monde sonnent de la même façon, vibrent des mêmes élans de vexation, et crient contre les mêmes injustices. Pourquoi ?

La mondialisation c’est le triomphe du mode de production capitaliste

La notion de mondialisation apparaît sur la scène et dans les discours publics, en Afrique subsaharienne, au début des années 1990 mais beaucoup de personnes ignorent ce qu’elle désigne. Elle est plutôt devenue un bouc émissaire commode pour expliquer les maux de notre époque. Il ne fait aucun doute que la mondialisation comme processus est liée au développement capitalisme. Elle implique le transfert (délocalisation) d'une économie nationale à l'autre, de capitaux, de technologie et, dans une moindre mesure, de la main-d'œuvre avec, comme conséquences, la diffusion, à travers les frontières, d'un seul style de production, à savoir : le mode de production capitaliste. Mais, le discours dominant tente de faire accepter, sinon même d’imposer, l'usage du terme mondialisation pour désigner d'une manière générale les phénomènes d'interdépendance à l'échelle mondiale des sociétés contemporaines, en évitant de les mettre en relation avec les logiques d'expansion du capitalisme et encore moins avec les dimensions impérialistes de son déploiement. Cette absence de précision a pour objet de laisser entendre qu'il s'agit là d'une contrainte incontournable, indépendante de la nature des systèmes sociaux ; la mondialisation s'imposerait à tous les pays de la même manière, quelle que soit leur option politique et agirait, donc, comme une loi de la nature consécutive à une sorte de rétrécissement de l'espace planétaire. Il s'agit là, manifestement, d'un discours idéologique destiné à légitimer les stratégies du capital impérialiste dominant dans sa phase actuelle et à faire accepter par les travailleurs et les peuples du monde la perspective de la mondialisation comme étant sans alternative possible.

Il est donc clair que le phénomène de la mondialisation est fortement lié au mode de production capitaliste et à la suprématie, sans équivoque, du système économique du monde dit libéral sur les autres systèmes. Ainsi, selon M.Beaud : « La mondialisation contemporaine est comme le capitalisme, un fait historique total (…), elle concerne toutes les dimensions de la vie et de la reproduction des sociétés et de l’humanité …[1]».  En effet, le processus de mondialisation en cours conduit, de toute évidence, vers une intégration des systèmes productifs, des marchés financiers, des flux commerciaux et d’informations. En réalité, « … la mondialisation n’est que le triomphe de la civilisation occidentale sur les autres cultures, c’est pourquoi, d’accord ou pas d’accord, chacun de nous est déjà mondialisé, même si tout le monde n’est pas mondialiste[2] ». En Afrique pour ou contre la mondialisation n’est plus la question. Le vrai problème est de saisir et analyser comment ce continent vit et subit ce phénomène dans toute sa complexité et comment il doit réagir et se comporter, à l’image de certains pays d’Asie, d’Amérique du Sud et de l’Inde, devant l’accélération de ce nouveau temps qui est en train de redimensionner et de « déterritorialiser » tout l’espace planétaire. Les différentes et violentes luttes engagées par les peuples à travers le monde contre la vie chère et qui n’épargnent aucun pays, même les plus avancés viennent rappeler à la face du monde l’inconsistance de ce que les maîtres actuels du monde veulent faire passer pour parole d’évangile ou de coran. C’est pourquoi, confrontés à cette situation qui menace de perturber profondément l’ordre mondial qu’ils ont instauré, les tenants du système néolibéral actuel et leurs officines internationales ont entrepris des actions pare-feu pour contenir les réactions en chaîne violentes contre la vie chère et pour un changement qualitatif de leurs conditions matérielles et sociales de vie que les peuples à bout de souffle ont initié à travers la planète.

Ainsi, dans une précipitation qui traduit un certain embarras, le Fonds monétaire international a annoncé qu’il allait allouer une enveloppe de plusieurs milliards de dollars aux pays les plus pauvres et les plus vulnérables pour pallier aux conséquences de la hausse vertigineuse des prix des produits alimentaires. De même, plusieurs grand pays capitalistes et champion du néolibéralisme à l’instar du Japon, des Etats-Unis, de la France et de l’Allemagne, ont pris des décisions identiques. Quant à la FAO, elle a même convoqué une grande rencontre à son siège pour se pencher sur la question de la crise alimentaire consécutive à la vie chère afin d’y trouver des solutions idoines. Paradoxalement et dans le même temps, les citoyens de ces grands pays, crient à l’insupportable devant la flambée des cours du baril du brut qui a fait une progression vertigineuse en quelques mois, rompant tous les équilibres et désorganisant toutes les prévisions des marchés. Bref, en cette moitié de l’année 2008, l’inquiétude a gagné tous les coins de la planète, tous les pays, et tous les secteurs de l’activité économique internationale. Aux manifestations violentes des Africains qui déferlent dans les rues pour décrier des régimes qui les ont affamés par des politiques inappropriées et qui ont confisqué leur destin au travers des constitutions truquées, correspondent les blocages non moins violents des ports européens par des pêcheurs et des routes par les camionneurs qui ne supportent plus les prix du gasoil. La colère est donc partout, chez les pauvres comme chez les supposés riches, au grand dam des analystes du néolibéralisme qui voient chaque jour leurs recettes ainsi que celles de leurs institutions comme l’OMC échouer. Ainsi, c’est à Houndé que l’on produit le coton, mais c’est dans des bureaux à Londres, que le prix du kilo est fixé. C’est un échec patent et incontestable pour ce organisme qui se voulait la garante d’un équilibre du développement humain par la liberté totale des mécanismes des marchés et une dérégulation générale annulant les pouvoirs d’Etat. Le monde entre du coup dans une tourmente où tout se vent sans contrôle, et où tout se négocie non plus seulement sur les places des marchés boursiers, mais à travers de simples manipulations électroniques engageant des dizaines de millions de dollars quotidiennement. La mécanique compromise et rompue, les pleurs peuvent commencer. Si en Afrique, l’on ne peut pas manger à sa faim ou se soigner convenablement, en Europe aussi, l’on ne peut plus s’offrir, de plus en plus, les plaisirs auparavant garantis par la société de consommation. Au départ l’on voyait surtout les ravages pour les pays dominés et exploités de la périphérie. Maintenant, les effets se voient partout, y compris dans les pays du centre dont sont originaires les multinationales exploiteuses et les spéculateurs.

La faillite programmée du libéralisme économique

Nous sommes donc parvenus dans la situation exacte qu’ont décrite les théoriciens marxistes dans leurs essais de projection de la société libérale à outrance sortie du capitalisme marchand et financier. En effet, Karl Marx avait déjà anticipé sur cette question. En effet, dans le « Manifeste du Parti Communiste » il faisait déjà un diagnostic cohérent et précis de la mondialisation du capital qui est toujours d’actualité : « Par l’exploitation du marché mondial, la bourgeoisie a rendu cosmopolites la production et la consommation de tous les pays. Au grand désespoir des réactionnaires, elle a enlevé à l’industrie sa base nationale. (...) A la place des anciens besoins, satisfaits par les produits nationaux, naissent des besoins nouveaux, réclamant pour leur satisfaction les produits de contrées et des climats les plus lointains. A la place de l’ancien isolement des provinces et des nations se suffisant à elles-mêmes se développent des relations universelles, une interdépendance universelle des nations. Et ce qui est vrai de la production matérielle ne l’est pas moins des productions de l’esprit[3] ». Il ne s'agit pas seulement d'expansion mais aussi de domination car la bourgeoisie « … force toutes les nations à adopter le mode de production de la bourgeoisie; elle les force à introduire chez elles la prétendue civilisation, c'est à dire à devenir bourgeoises. En un mot, elle se façonne  un monde à son image[4] ». Cela constituait, en 1848, bien plus une anticipation des tendances futures qu'une simple description de la réalité contemporaine. Il s'agit d'une analyse qui est beaucoup plus vraie aujourd'hui, à l'époque de la « mondialisation », qu'il y a 160 années, au moment de la rédaction du Manifeste. En effet, jamais le capital n'avait réussi, comme aujourd'hui, à exercer un pouvoir aussi complet, absolu, intégral, universel et illimité sur le monde entier. Jamais dans le passé il n'avait pu, comme actuellement, imposer ses règles, ses politiques, ses dogmes et ses intérêts à toutes les nations du globe. Le capital financier international et les entreprises multinationales n'ont jamais autant échappé au contrôle des Etats et des populations concernées. Jamais, auparavant, n'a existé un si dense réseau d'institutions internationales comme le Fonds Monétaire International, la Banque Mondiale, l'Organisation Internationale du Commerce vouées à contrôler, gouverner et administrer la vie de l'humanité selon les règles strictes du libre marché capitaliste et du libre profit capitaliste. Enfin, jamais, en aucune époque, n'ont été, comme aujourd'hui, si complètement soumises au capital toutes les sphères de la vie humaine, à savoir : les relations sociales, la culture, l’art, la politique, la sexualité, la santé, l’éducation, le sport, les divertissements, etc. Aujourd’hui, devant la faillite, de plus en plus perceptible du système libéral, certains grands acteurs de ce système craignent un grand risque d'effondrement, si rien n'est fait pour inverser la tendance actuelle de son développement. Parmi ceux-ci, on peut citer George Soros un des plus grands possesseurs de fonds de pension du monde et patron du groupe Quantum basé aux îles caïmans et qu’on ne saurait nullement soupçonner de sympathie marxiste. En effet, l'hebdomadaire français Le Nouvel Observateur, dans son numéro 1682 (édition du 30 janvier au 5 février 1997), a publié, sous le titre « L'ennemi, c'est le capitalisme », un grand article de celui qu'il présente comme « l'archétype du spéculateur international, le financier qui a fait sombrer la livre sterling et qui a accumulé, en jouant à la Bourse, une fortune de 12 milliards de dollars ». C'est par une référence à Hegel que Soros ouvre son texte. « Hegel, écrit-il, a identifié un modèle inquiétant : celui de l'érosion et de la chute des civilisations en raison d'une dégénérescence de leurs principes originels. J'ai fait fortune sur les marchés financiers mondiaux, et pourtant je crains à présent que l'intensification effrénée du capitalisme libéral et l'extension des valeurs marchandes à tous les domaines de la vie ne mette en péril l'avenir de notre société ouverte et démocratique. Le principal ennemi de cette société, ce n'est pas le communisme mais bel et bien le capitalisme ». La « dégénérescence des principes originels » dont parle ici Soros vaut bien ce que Lénine considérait comme la « putréfaction » du capitalisme. Poursuivant son raisonnement pour montrer ce dont ce système risque de mourir, Soros précise : « S’il est une croyance dominante dans notre société c'est bien la foi en la magie du marché. La doctrine du capitalisme libéral affirme que rien ne sert mieux le bien commun que la poursuite effrénée de l'intérêt personnel. Pourtant, si notre vision n'est pas tempérée par la reconnaissance d'un intérêt commun prenant le pas sur les intérêts individuels, notre système actuel - qui bien qu'imparfait peut se définir comme société ouverte - risque de s'effondrer ». Pour Soros toujours, cette « menace du laisser-faire est plus réelle aujourd'hui que celle des idéologies totalitaires ».

CONCLUSION

En définitive, on peut dire que, manifestement, l'histoire n'a pas encore dit son dernier mot, du moins pour quiconque refuse de s'empresser de prendre pour argent comptant ce que les tenants de l'ordre mondial actuel, celui d'un capitalisme qui a momentanément triomphé sur la quasi totalité de l'étendue de la planète, cherchent à faire admettre comme étant la seule et unique vérité possible sur le présent et l'avenir de l’humanité. A l’allure où vont les choses, la mondialisation ne peut être une voie salvatrice pour les peuples pauvres et dominés. La solution se situe plutôt au niveau de la capacité de ces peuples et des pays sous domination de s’en sortir de l’extrême pauvreté et de la misère en comptant sur leurs propres forces. En effet, il s’agit de développer de façon endogène des formes et des moyens de lutte pour domestiquer la nature et l’univers afin de favoriser une amélioration sensible de nos conditions de vie et surtout tracer de manière définitive, la voie vers un développement économique, social, culturel et politique sûr et durable. De ce point de vue, le rôle des élites politiques et intellectuelles et des leaders sociaux est fondamental car de leur sérieux dans l’effort de conceptualisation, de création et d’ingéniosité, pour traduire dans les faits, dans la réalité, les aspirations des masses, dépendra, en grande partie, l’adhésion massive, conséquente et réfléchie de celles-ci. En fait, la pauvreté n’est pas un mal insurmontable. Il s’agit de savoir mobiliser les populations sur les voies et chantiers du développement véritable en tirant profit de tout ce qui peut positivement apporter un plus au bien-être des populations en s’arc-boutant sur l’immense potentiel de libération qui s'accumule et s'alimente des contradictions de plus en plus graves que le capitalisme ne cesse d'engendrer, à l'échelle internationale, entre un Nord de plus en plus opulent et un Sud de plus en plus famélique, mais aussi, au sein même des sociétés, tant au Nord qu'au Sud, entre ceux qui travaillent sans pouvoir vivre décemment et ceux qui vivent du labeur des autres.



[1] Beaud M., et autres. 1999. Mondialisation : les mots et les choses. Paris, Karthala

[2] Bowao, C. Zacharie. 2000. La mondialité ? Une prospective du sens historique. Dakar, Codesria

[3] cf. Karl Marx et Friedrich Engels. le manifeste du parti communiste. Oeuvres choisies, tome premier. Moscou : Ed. du progrès, 1970, p. 115

[4] K. Marx, F. Engels, op.cit. p. 116



29/04/2011
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